Après avoir récolté quatre des 18 premiers points mis en jeu dans la compétition préliminaire, le Pérou aurait pu faire une croix sur ses rêves de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018. Toutefois, les résultats obtenus sur le dernier trimestre 2016 l’invitent à reprendre espoir. Certes, les 10 unités cumulées sur ces six matches ne constituent pas encore un sauf-conduit pour la Russie, loin de là. Le Pérou pointe aujourd’hui à la huitième position avec 14 points, cinq de moins que l’Argentine, qui occupe le cinquième rang, synonyme de barrages. Toutefois, les Incas semblent avoir repris le contrôle de leur destin.

Cette résurrection est également palpable au Classement mondial FIFA/Coca Cola. Avec une 26ème place en septembre, il est remonté à la 23ème en octobre, la 19ème en novembre, décembre et janvier, et la 18ème en février, soit le meilleur rang de son histoire. Le bon moment de l’équipe et ce chiffre historique ont été largement relayés par la presse spécialisée du pays ainsi que par les supporters péruviens, qui rêvent de voir leurs compatriotes remonter sur une scène mondiale qu’ils n’ont plus foulée depuis Espagne 1982.

"L’équipe est en train de grandir", confie le milieu de terrain offensif Christian Cueva. "Nous avons perdu beaucoup de temps avant de nous rendre compte de notre potentiel, mais aujourd’hui, nous l’exploitons au maximum", ajoute le meneur de jeu à la presse brésilienne, lui qui évolue au sein de São Paulo. Reste à voir si cet élan suffira à les expédier dans l’avion pour Russie 2018. "Nous connaissons tous le talent et les capacités de cette équipe. Il y a de quoi aller chercher une place en Coupe du Monde", assure le talentueux joueur de 25 ans.

Miser sur les jeunes
Cueva fait partie des quelques jeunes sur lesquels a parié le sélectionneur Ricardo Gareca depuis sa nomination, en mars 2015, et qui ont pu engranger de l’expérience lors des Copas América Chili 2015, où le Pérou est monté sur la troisième marche du podium, et États-Unis 2016, avec une cinquième place.

Lors de la défaite contre le Brésil 2:0 lors du dernier match de qualification en novembre dernier, seuls deux titulaires avaient plus de 30 ans : le défenseur Alberto Rodríguez (32) et l’attaquant Paolo Guerrero (33), capitaine et leader. Autour d’eux, Gareca a aligné ce jour-là le latéral gauche Nilson Loyola (22) et le milieu de terrain Pedro Aquino (21), mais il est fort probable que la dernière ligne droite des qualifications verra également briller le milieu récupérateur Renato Tapia (21) et les plus offensifs Andy Polo (21) et Edison Flores (22), ainsi que le défenseur Miguel Trauco (24).

Cette formule a permis au technicien de tirer la quintessence des joueurs les plus chevronnés, comme le gardien Pedro Gallese (26), les défenseurs Aldo Corzo (27), Christian Ramos (28) et Yosimar Yotún (26), et l’ailier André Carrillo (25). Ce faisant, l’équipe semble avoir acquis une identité qui consiste notamment à toujours vouloir diriger le jeu. "Si j’étais dirigeant à la fédération, je lui prolongerais le contrat au plus vite. Il a su renouveler l’équipe, lui redonner de l’agressivité, remettre tous les joueurs en confiance, créer un groupe et faire mûrir les plus jeunes. Il faut tenir compte de tous ces paramètres et le bilan est largement positif", avait lancé Guerrero, l’emblème de l’équipe, au sujet de Gareca après le revers contre le Brésil.

Lors de la prochaine double journée, le Pérou rendra visita au Venezuela, quasiment déjà éliminé, et recevra l’Uruguay. "Il est essentiel de prendre les six points", a dit et répété Gareca, pour qui la qualification reste possible. "Moi, je ne baisserai pas les bras tant qu’il y aura une chance. Je suis convaincu qu’on est en train de vivre une année importante pour nous".