Borja, le trait d'union
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À la reprise de l'entraînement de Marca Futsal, programmé à l'issue de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, un joueur risque de découvrir que sa cote de popularité est en chute libre. Il faut dire que Borja est le seul Espagnol pensionnaire du club italien. Or, la demi-finale de ce vendredi 16 novembre mettra justement aux prises son pays de naissance et sa patrie d'adoption.

Mais Borja n'est pas du genre à se formaliser des regards appuyés des supporters et de ses coéquipiers. En revanche, l'international espagnol redoute fortement de se retrouver en butte aux plaisanteries de tout le vestiaire, comme il le confie à FIFA.com. "Si nous gagnons, j'arriverai très bien à supporter les conséquences", plaisante-t-il. "Par contre, l'inverse me fait très peur. Vous imaginez ce qui m'attend, si l'Italie l'emporte ? Je ne veux même pas y penser ! Je sais que, quoi qu'il arrive, tout se passera dans un excellent état d'esprit mais je préfère quand même avoir le dernier mot !"  

Pas de cadeau pour l'amigo
Marco Ercolessi, son coéquipier au sein du club trévisan, a certainement d'autres idées en tête. La situation s'annonce d'autant plus compliquée que les deux hommes évolueront probablement dans la même zone. Borja assure qu'il ne réservera aucun traitement de faveur à son ami avant ou pendant le match. Dans ces conditions, tout contact est à proscrire avant la rencontre. "Marco est un très bon ami", poursuit l'Espagnol, qui fêtera ses 28 ans le jour du match. "Mais il sera avant tout un adversaire comme un autre. Je n'ai donc pas l'intention de l'appeler ou de lui envoyer des messages avant le match. Pour le moment, il faut mettre notre amitié entre parenthèses."

Deux membres seulement de la sélection espagnole évoluent à l'étranger. Cette particularité fait donc de Borja une exception au sein du groupe. De l'aveu même de l'intéressé, la décision n'a pas été facile à prendre. Pourtant, après un an passé en Italie, il ne nourrit aucun regret. Il estime même que son expérience lui sera utile, à l'heure d'affronter les Azzurri.

"Je me plais beaucoup en Italie. Bien entendu, c'est un grand changement pour moi mais le championnat est assez similaire à ce que j'ai connu en Espagne. Le rythme est peut-être un peu plus élevé ici", analyse Borja. "Je pense aussi que le fait de bien connaître les qualités et les habitudes de mes adversaires sera un gros avantage pour moi. Je sais déjà que la partie sera très disputée. Mais nous sommes sur une bonne série et nous n'avons aucune raison de craindre qui que ce soit."

Vers la revanche
La confiance espagnole a probablement été renforcée par la victoire (3:2) arrachée quelques jours auparavant à une formidable Russie. La Furia Roja se prépare maintenant à défier une autre sélection européenne. Si les Italiens ne possèdent pas les qualités physiques des Russes, leur technique individuelle pourrait bien poser quelques problèmes aux champions d'Europe en titre.

"Le jeu italien est très différent du russe, mais le défi sera tout aussi difficile à relever", confirme Borja. "Nous allons devoir travailler dur et transpirer si nous voulons aller plus loin. C'est le prix d'une place en finale. Pour le moment, nous sommes heureux et soulagés d'être passés. La Russie est une très bonne équipe et nous nous attendions à vivre un match très compliqué sur le plan physique. Heureusement, nous avons démontré que nous avions les ressources mentales nécessaires pour nous qualifier pour les demi-finales."

Les Espagnols n'ont jamais fait mystère de leurs ambitions. Après avoir échoué en finale de l'édition 2008 aux tirs au but devant le Brésil, la Furia Roja rêve de prendre sa revanche. Borja, qui était présent il y a quatre ans en Amérique du Sud, estime pourtant que la mission sera plus difficile que jamais. "J'ai remarqué que cette Coupe du Monde était plus serrée que la précédente. L'écart entre les grandes équipes et les autres se réduit d'année en année. C'est une bonne chose pour le futsal", note-t-il avant de conclure : "Pour nous en revanche, tout est devenu beaucoup plus difficile !"

Si l'Espagne devait s'incliner face à l'Italie, nul doute que la vie de Borja à Trévise deviendrait elle aussi "beaucoup plus difficile".