De petits incidents de parcours peuvent changer le cours d'une carrière. Ainsi, si l’attaquant russe Eder Lima affronte l’Iran en demi-finale de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, Colombie 2016, il le doit en partie à une simple exclusion. Il y a des années, le jeune Eder Lima participe dans son Brésil natal à la Copa São Paulo, un tournoi sur gazon. Une carrière professionnelle dans cette discipline lui tend les bras. "J’ai reçu un carton rouge pendant le tournoi et j’ai décidé d’abandonner le football traditionnel", explique le buteur de 32 ans à FIFA.com.

Il range ses chaussures à crampons au placard et mise tout sur le futsal. "Mon père a essayé plusieurs fois de me faire changer d’avis, mais ma décision était prise !", ajoute-t-il. Quelques mois plus tard, le Gazprom-Ugra Yugorsk recrute la pépite brésilienne sur la base d’un DVD. Il prend donc la direction de la lointaine Russie, à plus de 13 000 kilomètres de son pays natal. En 2012, Lima acquiert même la nationalité russe, ce qui n'a pas été de tout repos, l’apprentissage de la langue russe étant une condition indispensable. "Je suis allé à l’école tous les jours pendant trois mois pour travailler mon russe", explique Lima. "Ça n’a pas été facile, mais je suis beaucoup plus à l’aise à présent."

Double motivation
Il bavarde avec ses coéquipiers, leur donne des consignes et répond même aux interviews en russe. Il ne regrette certainement pas son choix, puisqu’il aurait même refusé une proposition de la fédération brésilienne. Difficile de lui donner tort. Dès 2012, en Thaïlande, il atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde de Futsal et remporte le titre de meilleur buteur du tournoi avec neuf réalisations. Quatre ans plus tard, il a déjà inscrit six buts et s’apprête à disputer les demi-finales de l’édition colombienne.

En chemin, les Russes se sont même offert le scalp de l’Espagne, une équipe qui les avait notamment fait plier lors de l'édition 2012 et en finale de l’UEFA EURO de futsal en février dernier. "Cette victoire a été très importante pour nous. Non seulement en termes de résultat, mais aussi sur le plan mental", affirme le pivot, avant d'affronter l'Iran dans le dernier carré. "S’ils sont assez forts pour éliminer le Brésil, ils sont aussi capables de nous poser des problèmes. Mais nous sommes très calmes et nous devons le rester. C’est comme ça que nous jouerons notre meilleur football."

En février dernier, un carton rouge l’a privé de la finale de l’EURO. Encore une exclusion aux lourdes conséquences sur sa carrière. Il n’en est que plus déterminé à franchir ce dernier obstacle et à disputer la finale de l’édition colombienne. "C’est une double motivation pour moi", conclut-il, en espérant cette fois qu'aucune exclusion ne viendra à nouveau modifier le destin qu'il espère écrire en Colombie.