"Je ne raserai pas ma barbe, même si nous sommes sacrés champions du monde !", lâche le Portugais Joao Matos dans un éclat de rire à FIFA.com. Son look attire les regards et il le sait. Les photos de sa première Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, en Thaïlande il y a quatre ans, montrent pourtant un jeune homme très différent, rasé de près et les cheveux courts.

"Tout a commencé à l’EURO de Futsal 2014", raconte le défenseur de 29 ans. "Pour faire simple, c’est la dernière fois que j’ai utilisé un rasoir. Je n’utilise depuis que des tondeuses électriques. Je prends soin de ma barbe comme chacun le fait avec ses cheveux : je la lave, je mets de la cire, je la peigne. Je n’aimerais pas me revoir sans barbe. Et je dois reconnaître que c’est un peu mon signe distinctif aujourd’hui", ajoute-t-il, à tel point qu’il ne serait pas prêt à échanger sa barbe contre une victoire hypothétique en finale de la Coupe du Monde de Futsal. "J’insiste, je ne peux même pas m’imaginer à nouveau sans ma barbe. Même si nous devenons champions du monde je n’ai pas l’intention de la raser." 

Sa "marque de fabrique" ne passe pas inaperçue en Colombie, notamment auprès des supporters locaux, avec lesquels il enchaîne les selfies. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il était le dernier Portugais à quitter le parquet du Coliseo el Pueblo après la victoire 4:0 contre le Costa Rica en huitième de finale. "Qu’importe s’ils veulent des photos à cause de la barbe, de notre beau jeu ou parce que nous avons l’air gentils", confie le joueur du Sporting Portugal. "Ils paient pour voir le Portugal jouer et méritent notre respect. Et c’est en plus très agréable de sentir la chaleur du public, surtout lorsque vous êtes aussi loin de chez vous."

Le style et les jambes
Ne croyez cependant pas qu’il n’est question que de look avec Joao Matos. Dynamique, rapide et plein de sang-froid, le défenseur trouve ses coéquipiers les yeux fermés, même dans les espaces les plus restreints. Résultat : il a déjà délivré trois passes décisives depuis le début de la Coupe du Monde de Futsal. "C’est facile de jouer dans une telle équipe", avance-t-il avec modestie. "Nous avons des joueurs de grande qualité et chacun sait exactement ce qu’il a à faire pour que l’équipe soit plus forte", ajoute celui qui est tombé dans le futsal dès son plus jeune âge. "Comment ne pas tomber amoureux de ce sport lorsque vous êtes un enfant et que vous touchez le ballon des centaines de fois ?"

Certains joueurs portugais sont beaucoup plus exposés que leurs coéquipiers, mais Matos n’en prend pas ombrage. " Ricardinho et Cardinal assument davantage de responsabilités que le reste du groupe, il ne faut pas le nier", reconnaît-il. "C’est une bonne chose : plus nos adversaires les surveillent, plus les autres peuvent en tirer avantage." Cette tactique a bien fonctionné jusque-là, même si "tout n’a pas été simple", souligne le barbu. "Même contre le Panama, nous avons dû travailler dur. Sans sous-estimer qui que ce soit, je dois dire que le Portugal s’est préparé à atteindre son pic de forme à ce stade de la compétition."

Seul nouveau venu à avoir atteint les quarts de finale cette année, l’Azerbaïdjan est le prochain obstacle à se dresser sur sa route. "Cette équipe se repose sur certaines individualités pleines de talent", prévient Matos. "Leurs Brésiliens naturalisés ont beaucoup de qualités, il faudra faire en sorte de ne pas leur laisser trop d’espaces."

Alors que l’entretien touche sa fin, nous nous risquons à lui demander si le Portugal est candidat au titre mondial. "Ce serait une erreur de le dire alors que nous n’avons jamais rien gagné", répond-il. "Il reste trois finales à disputer, on ne peut pas se permettre de voir les choses autrement", conclut-il, espérant soulever le trophée au nez et à la barbe de tous le autres prétendants...