Le talent n’attend pas le nombre des années mais pour Diego Ramirez, il s’est révélé particulièrement impatient. Il faut bien ça pour débuter une Coupe du Monde à 17 ans. Comme si cela ne suffisait pas, la pépite cubaine s'est montrée déconcertante de confiance lors de ses premiers pas contre l'Egypte, malgré une large défaite (1:7) marquée par un sentiment d'impuissance côté cubain. "J'essaie de montrer à l'adversaire de l'assurance. Cela aide à prendre l'ascendant", confie-t-il.

Pression ou performance décevante ? Cela lui passe au-dessus de la tête. L'adolescent n'est pas un grand adepte de l’introspection, il préfère l'action. "J'étais déjà le plus jeune joueur en qualifications de la CONCACAF, je me suis déjà habitué à l'attention et cela ne m'atteint pas beaucoup. Je vis cela avec beaucoup de détachement. J'essaie juste de faire un bon match", assure-t-il comme si c'était une évidence. Tout paraît presque trop facile. Et dire que Ramirez a commencé le futsal il y a seulement deux ans.

Le coup de foudre avec son nouveau sport a été immédiat depuis son passage en provenance du football à onze. Comme s'il avait toujours été destiné aux parquets. Révélation de la CONCACAF, Ramirez veut continuer à brûler les étapes en Colombie. Contre la Russie, son sélectionneur Clemente Reinoso n'a pas hésité à le lancer dans le grand bain très vite et à le laisser longtemps. "L'entraîneur m'avait demandé de prendre des initiatives dans le jeu, de chercher à animer la partie", précise-t-il.

Impatience et ambitions
Les premières touches de balle ont été précipitées, sans doute la volonté de vouloir bien faire trop vite. "Je suis conscient de mon potentiel et je suis content d'avoir une équipe derrière moi. On m'a conseillé de m'accrocher encore. Cela ne pouvait qu'aller mieux en deuxième mi-temps", détaille le plus jeune joueur de Colombie 2016. Le vent n'aura finalement jamais tourné pour Cuba face aux Africains, même si Ramirez a fini par trouver ses repères au fur et à mesure de la partie. Le joueur du FC Ciudad de la Habana a hâte de pouvoir faire admirer sa technique et sa vitesse, surtout quand il peut conjuguer les deux pour se sortir de situations difficiles.

"Je veux faire mieux et je sais que je peux faire beaucoup mieux", lance-t-il avec assurance avant d'affronter la Thaïlande ce mardi 13 septembre. Du talent à l'état brut, l'insouciance du jeune premier qui permet de se relâcher et le soutien de tout un effectif : tous les ingrédients sont là pour passer de la parole aux actes. Ses objectifs sont d'ailleurs clairs, de quoi s'en rapprocher plus vite. "J'aimerais montrer ce que je peux faire et marquer deux ou trois buts sur l'ensemble du tournoi". Cuba aura bien besoin de ça.