Il y a un peu moins de deux ans, l'Espagne quittait la Coupe du Monde de la FIFA dès les huitièmes de finale. Ce samedi 24 mai 2008, Alfonso Ramos a lavé l'honneur de son pays en réussissant ce que la Furia Roja s'était avérée incapable de faire : remporter une finale mondiale dans la capitale allemande.

La victoire de ce jeune homme de 19 ans, originaire de Sama de Langreo, n'a laissé personne indifférent. En remportant la quatrième édition de la FIFA Interactive World Cup, Ramos est également devenu le premier gamer espagnol à conquérir le titre de Joueur Interactif de la FIFA, empochant par la même occasion la coquette somme de 20 000 dollars.

"C'est le plus beau jour de ma vie, sans aucun doute", confiait l'heureux vainqueur, visiblement très ému, au micro de FIFA.com. A l'issue de la compétition, la fierté pouvait se lire sur le visage du nouveau champion. Et pourquoi ne l'aurait-il pas été ? Tout au long de la Grande Finale, qui s'est tenue au Sony Center de Berlin, place Potsdam très exactement, le jeune espagnol a brillé de mille feux, s'imposant comme le maître incontesté de ce tournoi.

Le triomphe de Ramos
"Alfonso mérite amplement cette victoire. C'était lui le plus fort, pas seulement aujourd'hui, mais depuis trois mois", reconnaissait Chris Bullard à l'issue de la compétition. Sacré Joueur Interactif de la FIFA trois ans plus tôt, cet Anglais de 21 ans comptait pourtant parmi les favoris de cette édition 2008. Mais Bullard a sans doute rapidement compris, dès ses premières sorties, que rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de la route de son rival espagnol. Devant quelque 20 500 spectateurs enthousiastes, Ramos a fait preuve d'une intelligence tactique et d'une maîtrise impressionnantes.

Vainqueur des éliminatoires espagnoles et leader incontesté de la compétition en ligne, Alfonso Ramos frappe un grand coup d'entrée en dominant (3:2) Bullard. A la surprise générale, les deux anciens Joueurs Interactifs de la FIFA présents à Berlin connaissent un véritable calvaire lors de la phase de poules. Bullard et Andries Smit doivent se contenter d'une petite victoire chacun, trop peu pour espérer se qualifier pour la suite de la compétition. Pendant ce temps, Ramos continue d'enchaîner les exploits. A chaque match sa domination se fait plus évidente. Tout au long de ce premier tour, l'Espagnol ne connaîtra qu'un seul accroc, heureusement sans conséquences.

En effet, Ramos conclue son deuxième match sur une défaite 5:6 face au Brésilien Andre Buffo. "Cela n'a fait que renforcer ma motivation", confiera l'Espagnol lors de la remise du trophée de la FIFA Interactive World Cup. Ce revers marque effectivement un tournant dans le parcours du futur vainqueur de l'épreuve. Comme dans une véritable Coupe du Monde de la FIFA, les matches à enjeux se multiplient, mais l'Espagnol continue d'afficher la même aisance sur les terrains virtuels. L'Anglais Max Fayers (4:2), le Portugais Pedro Caiado (3:1) et le Suisse Tunc Polat (9:5), subissent tour-à-tour la loi de Ramos, qui se qualifie pour les demi-finales.

Les coups de théâtre se succèdent
Sous les yeux de l'ancien international ghanéen Anthony Baffoe, venu animer l'événement, et entre deux tubes interprétés par le célèbre rappeur Das Bo, la fête bat alors son plein. Pour la plus grande joie des nombreux spectateurs venus assister à ce grand moment vidéo-ludique, les quatre demi-finalistes se présentent sur la scène du Sony Center de Berlin. Après huit mois de compétition et une grande tournée mondiale qui l'aura menée à travers 20 pays, la FIFA Interactive World Cup s'apprête enfin à livrer son verdict. Sur les 28 000 gamers présents sur la ligne de départ, il ne reste plus que quatre champions, bien décidés à tout faire pour s'imposer. Les plus observateurs n'auront pas manqué de noter que tous les concurrents encore présents à ce stade de la compétition avaient choisi de porter les couleurs du FC Barcelone.

Longtemps en infériorité numérique, Ramos fait une nouvelle fois étalage de toute sa classe pour venir à bout 6:3 de l'Autrichien Dominik Posch (16 ans). Dans l'autre demi-finale, Michael Ribeiro et le Brésilien Buffo offrent aux fans l'une des rencontres les plus spectaculaires du tournoi. Après avoir compté jusqu'à deux buts de retard, l'Américain parvient à renverser la vapeur pour s'imposer finalement 4:3. Pour enrayer les attaques de son adversaire, le jeune homme originaire du New Jersey décide de placer un libéro derrière sa défense. Le coup tactique de Ribeiro s'avère rapidement payant et la victoire change de camp.

Vainqueur de l'Allemand Krivokapic en quart de finale, au terme d'un match haletant qui aura vu l'Autrichien remonter un déficit de 1:4 pour s'imposer finalement 5:4, Posch s'adjuge finalement la troisième place du tournoi. "Je suis fier de ramener ce petit trophée en Autriche", explique-t-il à l'issue du coup de sifflet final. Mais Ramos, lui a d'autres ambitions. Il entend bien ramener le "vrai" trophée de la FIFA Interactive World Cup dans son pays.

L'apthéose
Lorsque la finale débute enfin, la tension est à son comble. On entendrait une mouche voler dans le Sony Center. Il faut cependant attendre 27 minutes pour assister à la première occasion de la partie. Suite à un corner, l'équipe de Ramos ouvre le score d'une superbe reprise de la tête signée Samuel Eto'o. Lorsque Thierry Henry double la mise en seconde période, on se dit que l'Espagnol a match gagné. Mais Ribeiro tente alors un nouveau coup de poker : il fait entrer Bojan Krkic. Le jeune prodige catalan se trouve à la conclusion quelques minutes plus tard. La finale est relancée. Mais un nouveau but d'Henry, à la 77ème minute, vient confirmer la domination d'Alfonso Ramos. Impressionnant tout au long du tournoi, le jeune espagnol remporte une victoire méritée (3:1) à l'issue de la finale.

Le nouveau Joueur Interactif de la FIFA était évidemment ravi de pouvoir enfin offrir à l'Espagne une couronne mondiale. Ramos a sans doute aussi un œil sur le prochain Gala du Joueur Mondial de la FIFA, où il aura l'occasion de côtoyer quelques-unes des plus grandes stars de la planète. Le mot de la fin est revenu à Thierry Weil, directeur marketing de la FIFA : "Cette FIFA Interactive World Cup fut un franc succès. Le site de la Grande Finale a été très bien choisi et le tournoi s'est déroulé dans une ambiance fantastique". L'espace d'une journée, Berlin a renoué avec la fièvre de la Coupe du Monde de la FIFA !