Quand l'Algérie a brandi son unique couronne africaine en 1990, la plupart des internationaux d'aujourd'hui n’étaient pas encore nés. Mais aujourd'hui, ils sont arrivés à maturité, à tel point que la génération actuelle est considérée comme une des meilleures de l’histoire du football algérien. En témoignent sa qualification pour la seconde phase de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™ et les titres de meilleur joueur de Premier League anglaise et de Ballon d’Or africain de Riyad Mahrez.

Pour les encadrer et décrocher un deuxième titre continental lors de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2017, la Fédération algérienne a nommé Georges Leekens à la tête de la sélection. "Nous avons retrouvé notre équilibre, après des débuts difficiles en qualifications pour la Coupe du Monde", explique-t-il au micro de FIFA.com avant le début du tournoi au Gabon. "Nous savons que la Coupe d’Afrique est complètement différente des autres compétitions. L’Algérie répondra présent, mais je ne peux pas garantir les résultats. Nous ferons tout pour produire un niveau de jeu honorable et soulever le trophée".

L’ancien sélectionneur de la Belgique en Coupe du Monde 1998 sait que le vainqueur représentera l’Afrique lors de la prochaine Coupe des Confédérations de la FIFA, qui aura lieu en juin prochain. Il se refuse pour autant à brûler les étapes. "Nous voulons gagner cette compétition et participer à la Coupe des Confédérations mais pour l’instant, je ne pense qu'à bien négocier le premier match face au Zimbabwe puis le deuxième contre la Tunisie. Je considère que ces deux rencontres sont les plus importantes en ce début d’année", estime-t-il. 

Comme en qualifications pour la Coupe du Monde, le tirage au sort n’a pas été tendre avec les Fennecs dans cette Coupe d’Afrique des Nations de la CAF : ils affronteront la première et la troisième équipe africaine au Classement mondial FIFA/Coca-Cola, ainsi que le Zimbabwe, tombeur de la Guinée durant les préliminaires. "Le match face au Zimbabwe sera crucial. Tout le monde parle de la Tunisie et du Sénégal, mais je pense qu’il faut se méfier de cet adversaire", juge Leekens, qui retrouvera également une vieille connaissance. "Je connais bien la sélection tunisienne car je l’ai entraînée il n’y a pas longtemps. Ses joueurs n'ont pratiquement plus de secrets pour moi. C’est une équipe redoutable, qui a bien joué ces derniers mois. Ce sera un match particulier pour les deux pays, compte tenu de la proximité géographique."

En terrain connu
Quant au Sénégal, Leekens le considère tout simplement comme le favori du groupe : "Les Sénégalais pratiquent un beau football. Je veux gagner les deux premiers matches avant de les affronter, pour être déjà qualifié", espère-t-il, soucieux d'avoir vu sa défense perdre en rigueur par rapport aux performances livrées au Brésil. "Tout le monde parle de la défense et de ce qu’elle donnera au Gabon. Je vois les choses différemment. Nous devons défendre collectivement et ne pas faire de cadeaux à nos adversaires. Il faudra essayer de marquer le premier but. L’important n’est pas de courir après le ballon dans le camp de l’adversaire, mais d’éviter de gâcher quatre ou cinq occasions et d’offrir trois cadeaux. Si nous ne corrigeons pas ces travers, nous ne pourrons jamais nous imposer au plus haut niveau."  

Leekens a une belle expérience africaine puisqu’il a déjà entraîné l’Algérie en 2003, avant de diriger la Tunisie pendant la CAN 2015. Il connaît donc bien les arcanes du football africain et la recette du succès sur le Continent Mère. "Je ne suis pas un entraîneur qui cherche à dominer ou qui mise tout sur l'attaque en laissant des espaces en défense. Il faut faire bloc et empêcher l’adversaire d’imposer son jeu, tout en cherchant des solutions offensives", détaille-t-il. "Les sélections africaines commencent en général les matches à fond, sans se poser de questions. Puis, l'intensité baisse au fil des minutes. Il faut profiter de ces périodes pour revenir et faire la différence. Face au Nigeria par exemple, nous avons bien joué en seconde mi-temps, mais nous avions malheureusement encaissé deux buts en première période. Si nous avions joué maintenu notre niveau sur l'ensemble de la partie, nous aurions gagné."

Pour oublier leur départ manqué dans les qualifications pour Russie 2018, les Fennecs se savent quasiment obligés de briller au Gabon. Et selon Leekens, son groupe a toutes les qualités pour voir l'avenir en rose. "Nous avons une équipe jeune, avec du potentiel. Mon groupe allie des joueurs qui évoluent à l’étranger et des pensionnaires du championnat d'Algérie", précise le Belge. "S’ils sont tous à leur niveau habituel et que nous leur donnons la confiance nécessaire, nous pourrons obtenir de bons résultats. J’attends des joueurs qu’ils se donnent à 200 % afin que nous puissions nous montrer sous notre meilleur jour", conclut-il.