À une époque où les prodiges africains sont lancés dans le grand bain du football international de plus en plus tôt, Odion Ighalo fait figure d'exception.L'attaquant nigérian avait presque 26 ans lors de sa première convocation chez les Super Eagles, au début de l'année 2015.

Ighalo n'avait pas 20 ans lorsqu'il s'est lancé à la conquête de l'Europe. Formé à Julius Berger, il a d'abord rejoint Lyn avant de s'engager à l'Udinese. En manque de temps de jeu en Serie A, Ighalo est parti en prêt à Grenade. Malgré son statut de titulaire et des statistiques honorables en Espagne, sa renommée n'avait pas encore traversé les frontières. Tout a changé avec son transfert à Watford. Désireux de monter une équipe capable de gagner sa place parmi l'élite, les Hornets ont jeté leur dévolu sur le Nigérian. Choix payant puisque le Nigérian homme a largement contribué à la promotion de son équipe en Premier League la saison dernière.   

Depuis, Ighalo réalise une ambition de longue date. "J'ai toujours rêvé de jouer en Premier League. Quand j'étais enfant, je suivais les matches du championnat d'Angleterre à la télévision", raconte-t-il à FIFA.com. "Ça n'a pas été facile. Je suis passé par plusieurs pays avant d'arriver ici. Peut-être que Dieu a décidé que mon heure était venue. En tout cas, je suis en train de percer en Angleterre. Je suis très heureux, je profite de chaque instant car j'apprends tous les jours."  

Ighalo est actuellement le meilleur réalisateur de son équipe, douzième du classement, avec 13 unités, et troisième du classement général. Cette réussite ne semble pas l'étonner outre mesure. "La Premier League me convient peut-être mieux que les autres championnats dans lesquels je suis passé", estime-t-il. "C'est pour cette raison que je marque tant de buts. C'est une compétition physique et très dure, mais je suis moi-même un joueur physique. Je suis rapide et j'ai une bonne technique. Un attaquant qui possède toutes ces qualités a des chances de réussir ici."

La famille et le pays
 L'excellent parcours du club a pourtant été quelque peu éclipsé par la réussite de Leicester, lancé contre toute attente dans la course au titre. Cette situation ne dérange absolument pas le Nigérian. "C'est bien que les gens parlent de Leicester. Nous travaillons dur, mais nous sommes restés discrets", juge-t-il. "Ce manque d'attention a du bon car la pression est beaucoup moins forte", ajoute-t-il sans perdre de vue l'objectif principal. "Nous luttons pour franchir la barre des 40 points, synonyme de maintien. Pour le moment, tout ce qui nous intéresse, c'est de jouer en Premier League l'année prochaine."

Ce succès ne lui a cependant pas fait tourner la tête. Ighalo s'intéresse beaucoup au sort des autres et notamment des plus démunis. "Je viens d'une famille modeste. Ma mère a travaillé dur pour me permettre d'en arriver là. Il y a même eu des tensions entre mes parents à cause de moi", confie-t-il. "Mon père voulait que j'aille à l'école et que je poursuive mes études, mais ma mère m'a autorisé à jouer au football. Aujourd'hui, mon père est fier de moi et mes deux parents sont très heureux de voir tout ce que j'ai accompli."

Le Super Eagle partage ainsi une partie de ses revenus avec les personnes en difficulté au Nigeria. Sa générosité a déjà permis d'aider des veuves dans le besoin ou de financer la construction d'un orphelinat. Pourtant, Ighalo ne tient pas à braquer les projecteurs sur ses actions caritatives. "Je n'aime pas trop en parler. Il vaut mieux agir", lâche-t-il. "Depuis que j'ai commencé ma carrière, j'ai toujours aidé mes compatriotes au pays. Ce n'est pas parce que j'ai trop d'argent ou que je gagne des millions, mais parce que je sais ce que c'est d'être dans le besoin. C'est ma motivation. J'espère que mon exemple encouragera d'autres personnes à venir en aide aux moins fortunés. Chaque jour, je prends plaisir à jouer au football. J'ai envie que tout le monde partage mon bonheur."