"Il y a pas de problème ! Je suis à sa disposition quand il veut pour apporter mon expérience dans le vestiaire. Il le sait", lance Ludovic Giuly comme une boutade à l'endroit de Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France. A 36 ans, Giuly sait qu'il n'a pas vocation à emmener les Bleus à la prochaine Coupe du Monde de la FIFA au Brésil, main dans dans la main avec Dédé, mais plutôt de savourer une ultime saison avec le FC Lorient. "Ils savaient que j'avais été mis à l'écart à Monaco et ils ont exprimé le désir que je vienne. Je voulais finir ma carrière en beauté, alors tout était réuni et ça s'est fait très rapidement".

Ses retrouvailles il y a plus d'un an avec le Rocher ne se sont effectivement pas passées comme il le souhaitait. Après trois belles saisons au Paris Saint-Germain, Giuly voulait aider son ancien club, avec lequel il a atteint la finale de Ligue des champions de l'UEFA en 2004 sous les ordres de Deschamps, à retrouver l'élite. Mais il s'est retrouvé sur la touche du tout nouveau et ambitieux projet monégasque, et les Merlus ont flairé la bonne affaire.

De son côté, l'attaquant aurait aussi pu opter pour une dernière pige sous des cieux plus exotiques et plus lucratifs. "Je suis trop vieux pour ça !", coupe l'intéressé, au micro de FIFA.com. "Je veux transmettre mon expérience à des jeunes joueurs français, à un groupe qui a besoin de moi. C'est ma dernière année et je ne voulais pas m'éloigner mais plutôt me rapprocher de ma famille. Je voulais finir en Ligue 1, là où j'ai commencé ma carrière il y a bientôt 18 ans, pour boucler la boucle et terminer sur une bonne note".

Pour une fois, Lorient n'a pas cédé ses meilleurs éléments à l'intersaison, et s'est même renforcé. L'arrivée de Ludovic Giuly en est la parfaite illustration, tout comme celles des talentueux Alain Traoré et Benjamin Corgnet, relégués avec leurs clubs respectifs, Auxerre et Dijon, en fin de saison dernière. "Nous essayons de prendre un maximum de plaisir sur le terrain, sans prise de tête. Nous sommes contents d'être ensemble et heureux de jouer. Tout ça fait qu'il y a de bons joueurs qui viennent ici, et que les choses vont dans le bon sens", se réjouit l'ancien Monégasque. 

Garder le cap
"Lorient a une bonne réputation et Christian Gourcuff fait du bon boulot depuis des années", poursuit Giuly . "C'est un jeu qui plait, qui sent le football, avec un terrain synthétique auquel il faut s'adapter mais qui permet de jouer au ballon. Les entraînements se passent bien, comme je l'imaginais, avec beaucoup de jeu au sol et une philosophie qui me correspond. C'est aussi une club familial, avec une véritable identité, où il y a des valeurs et où chacun se respecte. Ça fait beaucoup de bien d'être ici."

Il faut dire que Giuly a quelques éléments de comparaison dans l'épaisseur de son impressionnant CV, qui contient parmi les plus prestigieuses références hexagonales et européennes. Après Lyon et Monaco, et avant l'AS Rome, le Lutin Magique est parti tenter sa chance au FC Barcelone. "C'était un peu risqué au départ, parce qu'aucun Français n'avait réussi là bas auparavant, mais je suis parvenu à changer la donne et à m'imposer. Après moi, il y a eu Thierry Henry, Eric Abidal… Je suis content d'avoir été le premier, et d'avoir gagné des titres avec ce club".

Du Barça de Messi au Lorient de Giuly, il y a un monde d'écart. Mais si les Merlus n'ont ni l'histoire, ni l'effectif, ni les moyens du club catalan, ils n'en partagent pas moins une certaine idée du football. Côté français, c'est l'héritage du fameux "jeu à la nantaise" dont se réclame Gourcuff. "Dans l'ambition, c'est vrai que ça s'en approche", analyse l'ex Blaugrana. "Je retrouve des similitudes dans l'envie de jouer au ballon, mais les préparations sont différentes. Lorient a un style beaucoup plus direct."

Ce style sourit pour l'instant aux Bretons qui ont déjà réalisé de belles performances depuis le mois d'août, avec à la clé quelques percées dans le peloton de tête. Si le naufrage de ce samedi 20 octobre à Valenciennes (6:1) ternit un peu le tableau, Lorient a le vent en poupe et peut compter sur le capitaine Giuly pour garder le cap en cas de tempête.