Malgré les difficultés traversées par le football syrien ces derniers temps suite à la situation instable du pays, la sélection nationale s'est fait remarquer en fin d'année dernière en décrochant le Championnat d'Asie de l'Ouest. Cette performance lui a permis de progresser de huit places au Classement mondial FIFA/Coca-Cola de janvier dernier.

La victoire de la Syrie a permis à plusieurs joueurs de signer à l'étranger. L'attaquant Ahmed Al Douni évolue dans le club bahreïni de Riffa avec Mahmoud Maowas. Mohammed Redhouane Kalaaji a remporté récemment la Coupe du Roi de Bahreïn sous le maillot de Muharraq. Enfin, l'attaquant Raja Rafia fait le bonheur du club irakien de Zakho.

Mais le joueur qui est la cible de tous les regards ces derniers temps est Firas Al Khatib. Cet attaquant a rejoint les rangs du géant chinois Shanghai Shenhua il y a deux mois. Après un beau parcours au Koweït, où il a décroché l'ensemble des trophées nationaux avec Al Arabi et Al Qadissiyah et a terminé meilleur buteur du championnat à deux reprises, Firas Al Khatib a signé dans le club qatari d'Umm Salal. Il y a évolué une saison, avant de retrouver Al Qadissiyah, puis de signer à Zakho en septembre 2012.

Après ce passage dans le championnat irakien, le joueur de 29 ans s'est engagé avec le Shanghai Shenhua. "C'était la bonne décision compte tenu des nombreuses stars qui évoluent dans le championnat chinois, aussi bien parmi les joueurs que les entraîneurs", raconte-t-il au micro de FIFA.com. "Nous sommes entraînés par Sergio Batista, ancien sélectionneur de l'Argentine. L'année dernière, le club a accueilli Nicolas Anelka et Didier Drogba, ce qui m'a encouragé à signer. J'espère acquérir de l'expérience dans ce championnat relevé."

Le bon niveau du championnat chinois n'a pas empêché le joueur d'1m72 d'inscrire trois buts en cinq rencontres disputées, dont un doublé face à Shandong Luneng, infligeant ainsi sa première défaite au leader. "Je me suis bien intégré à l'équipe et je me sens bien", poursuit-il. "Il faut toujours commencer en beauté avec un nouveau club afin de s'imposer et de gagner de l'expérience. C'est ce que j'ai réussi à faire".

"Le football syrien se développe à toute allure", poursuit le buteur. "Sans les problèmes actuels, nous serions encore meilleurs. De nombreux footballeurs syriens se sont exilés malgré leur jeune âge. C'est une bonne chose pour le football syrien, qui en récolte les fruits. Nous avons prouvé en remportant le Championnat d'Asie de l'Ouest que le football syrien se portait bien malgré les événements. J'espère que la crise se terminera au plus vite afin que le football national soit encore plus fort".

Les entraîneurs aussi font parler d'eux
Les succès syriens ne se limitent pas aux joueurs. Ils englobent aussi un certain nombre de techniciens, qui ont réussi de belles choses avec leurs clubs dans les pays voisins : Mohammed Quwaidh, Fajr Ibrahim et Husam Al Sayed en Irak, le tandem Maher Bahri et Emad Khankan en Jordanie, sans oublier Haytham Jatal au Liban.

Fajr Ibrahim a peut-être réalisé la plus belle performance d'entre tous en terminant deuxième du championnat irakien avec Duhok, tout en atteignant les huitièmes de finale de la Coupe de l'AFC grâce à une victoire le 23 avril dernier face au club yéménite d'Al Sha'ab Ibb. Duhok a ainsi fini devant le club jordanien d'Al Faysali, deux fois vainqueur de la compétition, et le club omanais de Dhofar.

Ibrahim espère bien marcher sur les pas de son compatriote Nizar Mahrous, qui a emmené Arbil jusqu'en finale de cette compétition l'année dernière. "Cela confirme le bon niveau des entraîneurs syriens", estime-t-il. "Ils se mettent en valeur à l'étranger malgré les difficultés qu'ils rencontrent. Les joueurs et entraîneurs de notre pays ont montré leur potentiel. Ils ont juste besoin de soutien".