L'ancien milieu de terrain portugais Paulo Sousa est l'un des trois joueurs de l'histoire à avoir remporté la Ligue des champions de l'UEFA deux années de suite avec deux clubs différents. Depuis cinq ans, l'ancien joueur du Borussia Dortmund et de la Juventus officie comme entraîneur. À la fin de la saison passée, il a pris les rênes du Maccabi Tel-Aviv, champion d'Israël en titre.

Son équipe est particulièrement en forme cette saison, aussi bien dans le championnat national que sur la scène européenne. Au micro de FIFA.com, Sousa évoque sa façon d'envisager son métier à Tel-Aviv, ses progrès en tant qu'entraîneur et les chances de son compatriote Cristiano Ronaldo de gagner le FIFA Ballon d'Or.

Paulo Sousa, votre équipe est qualifiée pour les seizièmes de finale de l'UEFA Europa League et en tête du championnat d'Israël. Vos premiers six mois sur le banc du Maccabi sont une réussite...
La première moitié de saison a été vraiment fantastique, avec cette première place en championnat et de bons parcours dans deux compétitions difficiles, auxquelles les joueurs ne sont pas habitués. En tant qu'entraîneur, je suis toujours positif. Au moment de préparer la saison, nous avons fixé comme principal objectif de gagner le championnat. Pour un club qui vient d'être champion après dix ans de disette, il est toujours difficile de conserver son titre. Nos adversaires se sont renforcés et cherchent à nous battre à tout prix.

Justement, le fait d'arriver dans un club qui venait juste d'être champion, avec toutes les attentes que cela suppose, vous a-t-il mis une pression supplémentaire dès le début ?
Il faut répondre aux attentes. C'est mon objectif principal et celui des joueurs. Nous devons aussi assurer une forme de continuité en championnat d'Israël. Nous voulons gagner le championnat le plus souvent possible et figurer le mieux possible en Europe. C'est comme ça que nous progresserons.

Votre prochain adversaire en Europa League est Bâle, une équipe qui a impressionné dans la phase de groupes de la Ligue des champions. Que vous inspire-t-elle ?
C'est un très grand club, impressionnant d'équilibre et de régularité, et qui possède des joueurs de grande qualité. Pour nous, c'est un rendez-vous fantastique et je crois sincèrement que nous avons de vraies chances de passer. Nous les avons rencontrés au début de la saison, en phase préliminaire de la Ligue des champions (Tel-Aviv s'était incliné 4:3 sur l'ensemble des deux matches), ce qui nous permet de ne pas partir de zéro. J'en ai parlé à mes joueurs. Nous savons que nous allons devoir être plus créatifs que la dernière fois. Nous allons jouer le premier match à domicile. J'espère que d'ici là, nous allons pouvoir recruter quelques joueurs pendant le mercato, pour nous donner toutes les chances de réussir un résultat historique.

C'est votre cinquième poste d'entraîneur chez les seniors en club. Quel regard portez-vous sur votre progression depuis votre première expérience aux Queens Park Rangers ?
Je progresse en permanence, avant tout parce que c'est ma volonté la plus profonde et que j'essaie d'utiliser toutes les expériences quotidiennes pour cela. Avant de me lancer dans la carrière d'entraîneur, je me suis très bien préparé et je continue de le faire. Le développement d'un entraîneur, comme celui de tout être humain, dépend de son comportement au quotidien.

Joueur, vous avez eu comme entraîneurs Sven-Goran Eriksson, Bobby Robson, Marcelo Lippi ou Ottmar Hitzfeld. L'un d'eux vous a-t-il particulièrement influencé ?
Ils m'ont tous influencé. Le style de football que j'essaie de mettre en pratique est défini à la fois par la qualité de l'effectif, la culture du club, la compétition que nous disputons et les objectifs que nous nous fixons. J'ai beaucoup travaillé avant de me lancer dans ce métier, pour comprendre quelle méthode d'entraînement je voulais utiliser afin d'obtenir les meilleurs résultats. De fait, ce que j'essaie de mettre en place au quotidien m'appartient en propre et possède un caractère très personnel. En termes de leadership, tous les entraîneurs m'ont énormément apporté pendant le temps que j'ai passé avec eux. Ils ont réellement influencé ma vision du football et de la vie, et donc ma personnalité. Un entraîneur se doit de parfaitement se connaître. C'est une des conditions pour être crédible auprès des joueurs. Nous devons être cohérents, honnêtes avec nous-mêmes, respecter nos valeurs et proposer une bonne méthode d'entraînement, qui évolue de jour en jour.

La dernière finale de la Ligue des champions, avec le Borussia Dortmund, vous a-t-elle rappelé votre victoire dans cette compétition avec ce club ?
Oui, car c'est un club auquel je suis toujours très, très attaché. J'ai eu l'occasion de suivre tout cela de très près car le club m'a donné l'opportunité de venir comme observateur dans son centre d'entraînement. La préparation des matches y est réellement très impressionnante. J'entretiens toujours un lien très fort avec le Borussia. Le club méritait de gagner la finale. Il a réalisé une Ligue des champions merveilleuse la saison dernière. Cela fait honneur au football fantastique qu'il pratique. Quand on joue un tel football, on mérite de grands résultats.

Le Portugal s'est qualifié dans la douleur pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Que pensez-vous de la forme actuelle de la sélection entraînée par Paulo Bento ?
Ces derniers temps, le Portugal est toujours parvenu à montrer qu'il pouvait être compétitif jusqu'à la fin d'une compétition, que ce soit en Europe ou en Coupe du Monde. Dès lors, on attend toujours de grands résultats de cette équipe, qui a l'habitude de se qualifier, même dans des groupes difficiles. Les attentes sont élevées, mais j'ai confiance. Le Portugal devrait atteindre les huitièmes de finale.

La performance de Cristiano Ronaldo, en barrage contre la Suède, a été décisive. A-t-il dépassé Eusebio et Luis Figo dans le panthéon du football portugais ?
Quand on regarde ses statistiques et les résultats qu'il a permis d'obtenir, on peut effectivement dire qu'il a hissé le Portugal au meilleur niveau de son histoire. Cristiano est extraordinaire en ce sens que malgré son niveau exceptionnel, il continue encore de progresser. Avec l'image qu'il projette dans le football mondial, je suis convaincu qu'il va tout faire pour obtenir les meilleurs résultats pour le Portugal et devenir le meilleur footballeur portugais de tous les temps.

Pensez-vous que le prochain FIFA Ballon d'Or lui reviendra ?
En tant que Portugais, je m'attends à ce qu'il le gagne. Pas seulement pour ça, mais aussi bien sûr pour l'ensemble de son œuvre ces dernières saisons. Il est à un niveau exceptionnel et progresse encore d'année en année. En plus, il est encore jeune. Comme personne, il est extrêmement courtois. J'ai eu l'occasion de le rencontrer et de travailler avec lui. J'ai remarqué qu'il fonctionnait en se fixant des objectifs, pour pouvoir les atteindre et faire encore mieux après. C'est quelqu'un de très ambitieux. Il mérite la reconnaissance.