Deux buts sur corner direct en Ligue des champions de l'AFC, deux autres sur penalty en finale du championnat de République de Corée et une adresse hors du commun sur les coups francs et les centres : voilà les principales caractéristiques du Brésilien Eninho, peu connu dans son pays natal mais véritable idole au Jeonbuk Motors, qui vient de réaliser sa meilleure saison dans le championnat de République de Corée.

Ce milieu offensif est extrêmement précis sur ses frappes, au point de devenir le principal argument de Jeonbuk pour prendre en défaut les défenses adverses. En demi-finale du tournoi suprême du continent asiatique contre Al-Ittihad, Eninho a marqué deux fois sur corner, la première directement et la seconde avec l'aide d'un défenseur adverse qui a paniqué lorsque le ballon a rebondi dans ses six mètres. "Sur ce genre de frappes, il faut toujours un peu de chance", reconnaît Eninho au micro de FIFA.com. "J'ai glissé en tirant le corner, ce qui fait que la balle est partie à ras de terre. Le défenseur a été surpris et il a trompé son propre gardien. Mais je ne retiens que le but !" 

Une semaine plus tard lors du match retour, le corner victorieux du Brésilien n'a rien dû au hasard. "C'est vrai que le deuxième est plus joli. J'étais en confiance et j'ai visé le but. J'ai d'ailleurs failli en marquer un autre pas longtemps après."

Si la série de corners victorieux s'est arrêtée là, Eninho a continué de marquer régulièrement. Au cours des neuf dernières journées de championnat, il a trouvé le chemin des filets à dix reprises, mieux que son coéquipier Dong-Gook Lee, pourtant élu meilleur joueur de la saison. Le milieu offensif et l'avant-centre comptent d'ailleurs parmi les joueurs les plus convoités du pays. "Je suis respecté en Corée. Vous pouvez demander à n'importe quel dirigeant. Il vous dira qu'il aimerait avoir Eninho dans son équipe. Ça me rend heureux, car c'est la plus belle forme de reconnaissance", explique le Brésilien.

Hee comme un père
La seule fois où Eninho n'aura pas été décisif pour son club cette année a été lors de la finale de la Ligue des champions de l'AFC, face au surprenant Al-Sadd. Cette ultime revue s'est décidée aux tirs au but et si le Brésilien a dûment transformé sa tentative, c'est bien le club qatari qui a soulevé le trophée continental tant convoité. Malgré cette douloureuse défaite, le bilan de l'année est extrêmement positif pour la formation entraînée par Choi Kang-Hee. "Jeonbuk est l'équipe qui a marqué le plus de buts en Corée. C'est grâce à Hee. Il a décidé de nous faire jouer un football résolument offensif. Il est extrêmement fort pour tirer le meilleur de chaque joueur qu'il a à sa disposition", s'enthousiasme le Brésilien, qui ne tarit pas d'éloges à l'égard du nouveau patron de la sélection sud-coréenne.

"Nous avons une relation excellente. Je peux dire qu'il est comme un père pour moi, ici en Corée. Il est très calme, différent des autres entraîneurs. Il aime parler et cherche toujours à résoudre les problèmes par le dialogue. Élever la voix ou donner des punitions, ce n'est pas son truc. Je crois que c'est l'une des raisons de notre succès collectif cette année."

La vie commence à 30 ans
Après avoir tenté sa chance aux quatre coins du Brésil et avoir fait une première expérience en République de Corée, avant de rentrer au pays, c'est en 2007 que le déclic se produit pour Eninho. Cette année-là, il effectue son deuxième essai en Corée du Sud, à Daegu. "À l'époque, je jouais à Coruripe. Quand l'offre de Daegu est arrivée, j'ai accepté sans réfléchir. Je n'ai pas d'agent, ce qui complique un peu les choses. Au Brésil, je faisais deux bons matches, puis un mauvais. Je manquais de régularité. Quand je suis venu en Corée pour la première fois, les choses ont changé. À tel point qu'on me demande aujourd'hui pourquoi Suwon m'a laissé partir en 2003", explique le Brésilien aujourd'hui âgé de 30 ans.

Endurci par des années d'incertitude dans le football brésilien, Eninho signe à Jeonbuk en 2009. Ses projets personnels coïncident avec ceux de l'équipe. Idem sur le plan de la mentalité. "Je pense pouvoir dire que j'ai joué un rôle dans le développement de l'équipe. Le club me respecte. C'est une grande source de motivation.

Eninho soufflera ses 31 bougies en mai 2012 mais à l'écouter, on dirait un adolescent qui vient de signer son premier contrat professionnel. La retraite n'est donc pas à l'ordre du jour pour le Brésilien, qui semble vivre les meilleures années de sa vie de footballeur. "Quand ça va bien dans votre tête, tout va bien, tout arrive naturellement," conclut le milieu de terrain. "J'ai toujours eu à cœur d'aider mes parents et maintenant, je peux commencer le faire. C'est très important. C'est pourquoi je veux continuer à progresser au cours des quatre ou cinq prochaines années. Je sais que je peux le faire, et que je dois le faire."