Le milieu de terrain Ze Roberto possède à la fois une technique individuelle irréprochable, digne de tout joueur brésilien qui se respecte, et un sens du collectif qui lui a permis de jouer les premiers rôles dans les plus grands clubs du monde tels que le Real Madrid et le Bayern Munich.

Après une carrière bien remplie en sélection nationale ainsi que dans les championnats allemand, espagnol et brésilien, Ze Roberto a posé ses valises au Qatar, où il est devenu une des vedettes du championnat. Après une séance d'entraînement intensive avec son club d'Al Gharrafa, le Brésilien a accordé une interview exclusive à FIFA.com, au cours de laquelle il est revenu sur son parcours et son équipe nationale, qui se prépare dans l'effervescence pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

Vous avez décidé de vous lancer dans une nouvelle aventure au Qatar. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rejoindre Doha et le club d'Al Gharrafa ?
Pour être franc, cela fait cinq ans que je reçois des offres du Qatar, mais je ne les ai pas acceptées jusque-là car j'étais très bien dans le championnat allemand. Beaucoup de choses ont changé depuis que le Qatar s'est vu attribuer l'organisation de la Coupe du Monde 2022. Ces dernières années, l'intérêt pour le football a grandi dans ce pays, les infrastructures se sont améliorées, les clubs se sont développés et attirent désormais des grands joueurs, ce qui fait monter le niveau du championnat. Avant de prendre ma décision, j'ai consulté mon ami Juninho, qui a joué à Al Gharrafa et qui s'est montré très élogieux. Je ne pouvais donc pas refuser cette offre, d'autant que j'étais à la recherche d'une nouvelle aventure. Je pense que cette expérience sera enrichissante, même à mon âge. Je ferai tout pour aider mon club et le football qatari dans son ensemble. Pour le moment, je suis très heureux à Doha.

Vous avez joué en Espagne puis en Allemagne, où vous avez connu trois clubs différents. Que retenez-vous de ces expériences et des différences entre ces deux championnats ?
Avec le Real Madrid, j'ai beaucoup appris, même si je ne suis pas resté longtemps. J'ai tout de même remporté le championnat et la Supercoupe d'Espagne. J'ai également beaucoup apprécié la ville de Madrid. Ensuite j'ai rejoint Leverkusen, avec lequel j'ai atteint la finale de la Ligue des champions, perdue contre mon ancien club. Puis j'ai joué avec le Bayern Munich, qui m'a permis de remporter plusieurs titres majeurs, avant d'être transféré à Hambourg. En Espagne, les équipes misent sur les qualités individuelles et sur l'attaque. C'est pourquoi elles mettent les moyens pour acheter de grands joueurs. En Allemagne, la discipline est plus stricte, aussi bien au niveau de la stratégie que de la condition physique. La plupart des clubs ne font pas de grosses transactions, sauf le Bayern Munich, qui domine ainsi le championnat et a atteint la finale de la Ligue des champions. Je pense que les clubs allemands devraient investir davantage sur les transferts pour que le championnat soit davantage disputé et pour rester au sommet sur la durée.

Quel regard portez-vous sur l'évolution de la sélection nationale du Brésil lors de la dernière décennie ?
Après la victoire en finale de la Coupe du Monde 1994, l'équipe s'est renouvelée petit à petit, les jeunes profitant de l'expérience des anciens. Cela créait une alchimie au sein du groupe, qui nous a permis de remporter de nombreux titres, comme la Coupe des Confédérations et la Copa América. Nous avons également atteint la finale de la Coupe du Monde 1998, avant de prendre notre revanche à Corée/Japon 2002. Après Allemagne 2006, nous avons stagné. Notre échec aurait dû nous encourager à effectuer des changements radicaux pour préparer la Coupe du Monde en Afrique du Sud, mais l'équipe a continué à compter sur les individualités et on a vu le résultat. Aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé. Les grands joueurs ont été mis de côté pour construire une nouvelle équipe avant la prochaine Coupe du Monde, qui se déroulera chez nous.

La pression peut-elle influer sur les résultats de la Seleção, d'autant que la défaite lui sera interdite ?
Le peuple brésilien a le football dans le sang et rêve de la couronne mondiale depuis le jour où notre pays s'est vu confier l'organisation de la Coupe du Monde 2014. En 1950, nous avons laissé passer notre chance au Maracanã et tout le monde veut faire oublier cette bévue. L'équipe aura une pression énorme sur les épaules, pour la bonne et simple raison que les Brésiliens ne se contenteront pas d'une deuxième place.

Comment voyez-vous le futur de la sélection brésilienne d'ici 2014 ?
Je pense que le meilleur est à venir. Beaucoup de choses ont changé, il y a un ambitieux plan de reconstruction, qui a été mis en place depuis l'année dernière avec l'incorporation de jeunes joueurs talentueux tels que Pato, Neymar, Ganso et d'autres. Le Brésil est toujours un vivier de bons footballeurs, comme le prouve notre victoire en Coupe du Monde U-20 2011. Il nous reste encore du temps pour renforcer l'équipe, qui va progresser et qui sera à la hauteur des espérances de nos supporters si tout se passe comme prévu. Les joueurs doivent faire preuve de davantage de solidarité. Ils ont aussi besoin de disputer des matches internationaux afin de corriger leurs erreurs et de développer leurs points forts. S'ils continuent sur leur lancée, ils seront compétitifs nous pourrons envisager de garder le trophée au Brésil.