Régulièrement, FIFA.com se penche sur l'anniversaire d'un évènement qui a marqué l'histoire du beau jeu. En ce 2 avril 2012, retour sur un match de légende disputé le 3 avril 1954 entre le Brésil et l'Argentine.

Il y a 55 ans exactement, l’Argentine et le Brésil se rencontraient pour un match dont l’enjeu dépassait la simple question d’honneur. Les deux équipes menaient à égalité le championnat d’Amérique du Sud avec huit points. Une victoire et le titre était quasiment assuré pour la Seleção comme pour l’Albiceleste, bien décidée à conserver sa couronne.

Avec un trio au sommet composé d’Antonio Angelillo, d’Humberto Maschio et d’Omar Sivori, les fameux "anges aux visages sales", les Argentins avaient balayé successivement la Colombie 8:2, l’Équateur 3:0, l’Uruguay 4:0 et le Chili 6:2. Pour leur part, les Brésiliens, emmenés par Didi, Pepe et Evaristo, avaient dominé le Chili 4:2, l’Équateur 7:1 puis la Colombie 9:0. Malgré une défaite 3:2 devant l’Uruguay, contre le cours du jeu, les hommes d’Osvaldo Brandao s'étaient rattrapés en s’imposant au Pérou.

Dans les années 50, les trois précédentes confrontations entre les deux géants sud-américains s’étaient conclues sur des scores très serrés : le Brésil avait remporté la première manche 1:0 à Montevideo, avant que les deux équipes n'enchaînent deux résultats nuls, 2:2 à Mexico, puis 0:0 à Buenos Aires. La rencontre s’annonçait donc très indécise. Or, contre toute attente, les Argentins allaient réussir une véritable démonstration.

Tandis que le taulier Nestor Rossi étouffait progressivement le génial Didi, Sivori subjuguait les 60 000 spectateurs de l’Estadio Nacional de Lima par ses tours de passe-passe à l’avant. Sur l’aile, Osvaldo Cruz devait si bien donner le tournis à au latéral droit Djalma Santos que ce dernier, quelques années plus tard, encourageait Palmeiras à engager son tortionnaire du jour. Cruz a d’ailleurs inscrit un but ce jour-là, imité par Angelillo et Maschio, lors de cet éclatant succès 3:0 remporté par les hommes de Guillermo Stabile.

Par la suite, les deux sélections ont connu des fortunes bien diverses. Partis jouer en Italie, Angelillo, Maschio et Sivori ont été aussitôt bannis de la sélection argentine. En leur absence, l’Albiceleste s’est inclinée 6:1 devant la Tchécoslovaquie et n'a pas dépassé la phase de groupes de la Coupe du Monde de la FIFA, Suède, 1958™. À l’opposé, l’humiliation subie par la Seleção à Lima a poussé les Brésiliens à donner leur chance à deux étoiles montantes, Garrincha et Pelé. La suite, tout le monde la connaît...