Il y a 50 ans, Pelé était champion du monde pour la deuxième fois. Il avait déjà ébloui le monde entier en 1958 en Suède, alors qu'il était encore adolescent. En 1962, au début de la campagne brésilienne au Chili, Pelé se blesse. À cette époque, Pelé était déjà Pelé, mais le "Santos de Pelé" - cette institution qui a duré plus d'une décennie - n'était encore que Santos, qui comptait Pelé dans ses rangs. Ou plus exactement, il ne l'était pas hors des frontières brésiliennes. Mais cela a changé le 30 août 1962 à Buenos Aires.

Avec le fameux numéro 10 dans ses rangs, le Santos Futebol Clube venait de conquérir une Taça Brasil (1961), un Torneio Rio-São Paulo (1959) et trois Campeonatos Paulistas (1958, 1960 et 1961). Gilmar, Lima, Mauro, Zito, Calvet, Dalmo, Dorval, Mengálvio, Coutinho, Pelé et Pepe formaient déjà cette équipe formidable qui passait son temps à attaquer. Tout du moins au Brésil. Pour que le mythe dépasse les frontières nationales, il fallait réussir l'examen ultime : remporter la Copa Libertadores.

Au terme de la finale aller de 1962, les affaires sont très bien engagées pour Santos. Coutinho a marqué deux fois et le Peixe s'impose 2:1 contre Peñarol au stade Centenario de Montevideo. Mais au match retour, Alberto Spencer est particulièrement inspiré pour le club uruguayen. Au Vila Belmiro, l'Équatorien inscrit deux buts et Peñarol gagne 3:2. En vertu du règlement de la compétition, les deux équipes doivent disputer la belle, sur terrain neutre. Ce sera le Monumental de Núñez, à Buenos Aires.

Le grand Santos est né
C'est le moment que choisit Santos pour devenir "le grand Santos", même avec un Pelé dont la blessure musculaire qui l'a obligé à quitter la Coupe du Monde de la FIFA, Chili 1962™ peu de temps auparavant reste un souvenir frais. Après 11 minutes de jeu, Coutinho permet à l'équipe brésilienne de souffler : le numéro 9 santiste efface trois adversaires, avant de déclencher une frappe croisée. En voulant contrer, Omar Caetano marque contre son camp. 

Menée à la marque, la très expérimentée équipe de Peñarol réagit. Spencer trouve même la barre transversale de Gilmar dos Santos Neves peu avant la pause. Mais Santos ne panique pas. Cela s'avérera précieux. En début de deuxième période, après trois minutes de jeu, Pelé reçoit la balle à l'entrée de la surface, après un bel échange entre Dorval et Pepe. La frappe du génie brésilien fait mouche et les Uruguayens paraissent complètement désorientés. La fin du match sera on ne peut plus symbolique. Alors qu'on joue les derniers instants de la partie, Pelé reçoit un ballon dans la surface et inscrit le but du 3:0. 

L'arbitre néerlandais, Leo Horn, ne fera même pas reprendre le jeu. Comme s'il avait perçu le caractère unique du moment, l'homme en noir prend le ballon sous le bras et ne le lâchera probablement plus jusqu'à son retour au pays. C'est ainsi, sur un but de Pelé, que cette finale s'est terminée et que le grand Santos est né. Après être monté sur le toit de l'Amérique, Santos allait défier Benfica quelques semaines plus tard, avec comme enjeu rien moins que la suprématie mondiale dans le football de clubs.