Malgré leurs performances modestes à l'échelon mondial, les Philippines ont connu une croissance exponentielle ces dernières années. En 2006, elles se trouvaient à leur plus bas au Classement mondial FIFA/Coca-Cola (195ème), à quelques longueurs à peine de la lanterne rouge. Après avoir commencé à remonter la pente sous la houlette de l'Allemand Michael Weiss, les Azkals ont mis le turbo avec l'arrivée de Thomas Dooley, ancien capitaine des États-Unis et l'un des joueurs américains les plus titrés.

Élément moteur des belles prestations des siens lors de la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™, Dooley a assuré le capitanat de la sélection à France 1998, cadre d'une rencontre mémorable entre les Stars and Stripes et l'Iran. À 52 ans, Dooley a entamé un nouveau chapitre dans sa carrière d'entraîneur en prenant les rênes des Philippines.

Depuis, les Philippins sont passés à un cheveu de leur première Challenge Cup de l'AFC et ont collectionné les performances, tant et si bien qu'ils se sont classés en tête des pays d'Asie du sud-est avant la Suzuki Cup de l'AFF de novembre. Belle réussite pour une formation plutôt habituée à faire tapisserie pendant que les gros calibres singapouriens, thaïlandais ou encore indonésiens se disputent la couronne.

Nouveau style, nouvelles ambitions
Alors qu'ils n'ont remporté qu'une petite poignée de matches au cours des dix tournois tenus jusqu'ici, les Azkals abordent l'édition Singapour/Viêt-Nam en favoris, preuve de leur ascension fulgurante dans la hiérarchie mondiale.

Dooley compte mener ses protégés plus loin encore à l'aide d'une version moderne du jeu de possession. "Nous avons modifié notre style de jeu, nous voulons garder la possession", explique-t-il à FIFA.com. "J'ai dit à mes joueurs que nous devions conserver le ballon. Je veux 'jouer le ballon' et non 'courir après le ballon'. Les fans et les médias se sont fait l'écho des changements intervenus cette année. Nous sommes sur la bonne voie."

Les Philippines se préparent à franchir une nouvelle étape en 2016, année où elles organiseront le tournoi régional pour la première fois, aux côtés du Myanmar. Grâce aux progrès réalisés par l'équipe nationale, Dooley est certain que le football détrônera un jour le basket-ball dans le cœur des Philippins. "Cela prendra peut-être du temps, mais je suis sûr qu'on y parviendra", affirme-t-il. Le succès de la Suzuki Cup est très important. Par exemple, si on gagne le tournoi, on pourrait organiser une tournée promotionnelle pour montrer les opportunités offertes par notre sport. Au basket, il faut mesurer au moins un mètre 90, ce qui n'est pas courant aux Philippines. C'est pourquoi les enfants se tournent vers le football, où le talent prime sur la taille."

Les hommes de Dooley ont un calendrier chargé avant le championnat du sud-est asiatique. Dans les semaines à venir, ils accueillent un tournoi de quatre nations, qui les confrontera à Chinese Taipei, au Myanmar et à la Palestine. Ensuite, ils partent en tournée en Amérique du Nord, où ils espèrent récolter des fonds au profit des victimes du typhon Haiyan, qui a frappé le pays en novembre dernier. "Nous faisons de notre mieux pour aider", commente Dooley.

Entré dans l'histoire
Dooley a connu une carrière très riche, dont un parcours brillant en Bundesliga et sur la scène internationale. Quels en ont été les temps forts ? "La Coupe du Monde 1994 nous a particulièrement réussi", répond-il. "L'édition suivante a été une belle expérience pour moi, en tant que capitaine. J'ai été très heureux de contribuer à l'essor du football aux États-Unis pendant mes huit ans en sélection."

Dooley restera dans les mémoires en tant que capitaine des USA lors de la rencontre contre l'Iran en 98, qui a beaucoup fait pour briser les barrières culturelles et idéologiques entre les deux pays. Un match historique, immortalisé par la photo emblématique de Dooley serrant la main de son homologue iranien Ahmed Abedzadeh.

Dooley est resté en contact avec plusieurs Iraniens, dont l'expérimenté défenseur Mohammad Khakpour. "On parle toujours du match", confie-t-il. "Ça valait la peine de le perdre, ne serait-ce que pour améliorer les relations entre les deux pays, mais j'aurais préféré le gagner, c'est sûr."