Roberto Carlos fait partie des figures du football brésilien et du Real Madrid. Outre ses nombreux titres avec le géant merengue, il a disputé quatre Coupes du Monde de la FIFA sous le maillot auriverde et a atteint le pinacle de sa carrière en triomphant à Corée/Japon 2002.

Le site www.sc.qa s’est entretenu avec l’ancien latéral gauche, désormais entraîneur. Au programme : Neymar, Zinédine Zidane aux commandes du Real Madrid, et ses attentes par rapport à l’épreuve mondiale au Qatar.

Quels souvenirs gardez-vous des Coupes du Monde de la FIFA que vous avez disputées ?
J’ai intégré la sélection à partir de 1991. J’étais dans la liste de 23-26 joueurs pour États-Unis 1994, mais Parreira a estimé que j’étais trop jeune et qu’il y avait déjà Ronaldo dans l’effectif. En 1998, nous sommes arrivés en finale et nous avons perdu 3:0 contre la France. En 2002, j’ai vécu le plus grand moment de ma carrière en remportant la Coupe du Monde avec le Brésil, un pays où l’on est toujours tenu à la victoire. De tous les moments que j’ai vécus avec la sélection, c’est le plus grand. Ensuite, en 2006, nous avons été sortis en demi-finale… Ou en quart... Mais bon, tout ce dont j’avais rêvé, je l’ai vécu.

Décrivez-nous l’instant où vous avez brandi la Coupe.
Je ne l’ai pas brandie. J’ai une photo de moi en train d’embrasser le trophée. Tous les capitaines brandissent le trophée, mais sur cette photo, on a l’impression que je suis en train de tenir un bébé. Je l’ai encadrée chez moi, sur un mur de mon musée. Elle compte beaucoup à mes yeux. Être champion du monde sous le maillot de son pays, donner du bonheur à des millions de supporters du  Brésil et d’autres pays qui aiment le football brésilien, ça représente beaucoup. J’aime beaucoup cette photo de moi en train de tenir la coupe, en sachant toute l’importance qu’elle a.

Existe-t-il aujourd’hui un tireur de coups francs qui vous ressemble ?
Cristiano Ronaldo. Il frappe le ballon différemment. Moi je frappais avec l’extérieur ou l’intérieur du pied. Cristiano frappe davantage avec le cou de pied, ce qui fait plonger la balle très brusquement. Qui d’autre ? Les bons tireurs de coups francs sont rares. Quand j’étais à Delhi, j’ai beaucoup travaillé avec mes joueurs mais ils avaient du mal à frapper. Tout le monde n’a pas les qualités nécessaires.

Comment se présente votre avenir ?
Si je fais bien mon travail avec mon club actuel, je suis sûr que beaucoup de clubs voudront Roberto Carlos comme entraîneur. Je suis un entraîneur moderne pour ce qui est des entraînements. J’apprends beaucoup, je regarde beaucoup de séances, je suis de nombreux championnats dans le monde... Mais je ne brûle pas les étapes. J’ai l’objectif de devenir un jour sélectionneur du Brésil. Pour cela, il faut que j’écrive mon histoire en club. J’ai bien commencé en Turquie, j’ai bien commencé en Russie et j’ai fait du bon travail en Inde.

Qui est votre modèle en tant qu’entraineur ?
J’ai eu beaucoup de grands entraîneurs. Je crois que Guus Hiddink et Vicente del Bosque sont ceux qui se rapprochent le plus de mon style. Je suis plutôt le genre d’entraîneur proche de ses joueurs, qui ne se prend pas trop au sérieux. Je ne suis pas un professeur, je suis Roberto Carlos. Je veux gagner avec mes joueurs et que mes joueurs fassent bien leur travail pour m’aider. Je cite Hiddink parce que nous avons le même type de travail : nous faisons les bases.

Que pensez-vous du travail qu’est en train d’effectuer le Qatar en vue de la Coupe du Monde de la FIFA 2022™ ?
Tout est grandiose. Le Qatar est en train de monter une très belle structure pour la Coupe du Monde. J’ai joué à Corée/Japon, mais les sites étaient très distants les uns des autres. Il fallait arriver la veille pour les matches et changer sans cesse d’hôtels. Au Qatar, il n’y a qu’une heure maximum de métro ou 40 minutes en voiture entre les stades et les hôtels. Pour moi, le Qatar va organiser la plus grande Coupe du Monde de l’histoire grâce à l’infrastructure dont il dispose. J’aimerais féliciter le comité d’organisation, je lui souhaite très bonne chance.

Allez-vous assister à cette Coupe du Monde ?
Bien sûr. Je vais tâcher d’aller voir tous les matches car c’est très simple de se rendre d’un stade à l’autre. C’est possible de voir deux ou trois matches par jour. Je vais m’organiser pour y arriver.

Que pensez-vous de Neymar ?
En tant qu’ancien joueur et qu’entraîneur, je pense qu’il progresse très vite. Il est arrivé à Barcelone, il s’est adapté très rapidement et maintenant, il est le troisième meilleur joueur du monde. Je crois qu’il va vite devenir le meilleur du monde car il progresse très vite. Quand Messi a été indisponible, Neymar a pris ses responsabilités et il a magnifiquement joué.

Et Zinedine Zidane ? Comment le voyez-vous parti au Real Madrid ?
L’expérience qu’il a acquise au Castilla est importante mais l’équipe première, c’est autre chose. Il a très bien commencé et il est entouré de personnes très compétentes qui vont l’aider. Je lui souhaite la plus grande réussite car tout ce qu’il a fait dans le football est phénoménal. Il a toujours décroché des victoires et des titres, c’est ça la mentalité de Zizou. Je crois que le Real doit oublier le passé récent. Avec Zidane, c’est une équipe heureuse, une équipe qui s’amuse sur le terrain, avec des joueurs qui montrent qu’ils sont amis, une équipe qui écoute Zizou quand il parle. Les supporters doivent être patients car il doit construire l’équipe autour des joueurs auxquels il fait confiance. Ensuite, les titres viendront naturellement.