Alors que l’Égypte s’apprêtait à disputer début juin face à la Tanzanie un match décisif dans la course à la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2017, les chances de qualification des Pharaons pour le Gabon étaient reléguées au second plan, dans la plupart des journaux, derrière l’absence d’un adolescent. L'ailier Ramadan Sobhi, qui peut également évoluer en meneur de jeu ou en soutien de l’attaquant, a été contraint de faire l’impasse sur le déplacement à Dar es Salaam en raison de ses examens scolaires. L’inquiétude des Egyptiens a démontré à quel point le joueur de 19 ans était devenu indispensable après une poignée de sélections.

Ces quelques apparitions en équipe nationale, fidèles à ce qu’il montre sous le maillot du club cairote d’Al Ahly, l’ont révélé comme un joueur capable de faire basculer une rencontre. Il a notamment contribué en mars dernier à qualifier l’Égypte pour sa première CAN après trois échecs consécutifs. Entré en jeu à 15 minutes du coup de sifflet final au Nigeria, alors que son équipe était menée 1:0, Sobhi a arraché dans les arrêts de jeu une égalisation cruciale. Dans une forme étincelante, le jeune homme a récidivé, quatre jours plus tard à domicile, inscrivant le seul but de la rencontre face aux Super Eagles, qui ont vu leurs derniers espoirs s’envoler ce jour-là.

Seul l’ancien attaquant de Tottenham, Mido, désormais entraîneur et consultant, avait fait l’objet d’autant d’attention à un si jeune âge, après avoir débuté en sélection à seulement 17 ans. Sobhi prend cependant soin, avec beaucoup de maturité, de modérer les attentes placées en lui. "Je ne ressens aucune pression particulière lorsque je rentre sur le terrain", confie à FIFA.com celui qui a fêté sa première sélection lors d’une victoire 3:0 contre la Tanzanie en juin 2015. "Tout ce que je ressens, c’est le devoir d’aider mon équipe à gagner. Mais je suis imperméable à la pression."

Encore là, mais pour combien de temps ?
Sobhi l’a déjà prouvé en devenant l’une des pièces maîtresses de l’Égypte, qui cherche également à se qualifier pour sa première Coupe du Monde de la FIFA™ depuis 1990. "Il est normal, pour n’importe quelle équipe, de connaître un creux après une période riche en succès", témoigne-t-il. "Mais je suis persuadé que nous pouvons remporter la Coupe d’Afrique des Nations et nous qualifier pour la Coupe du Monde. Le groupe actuel est principalement composé de jeunes joueurs ambitieux. Qu’importe le nom de nos adversaires lors des qualifications pour la Coupe du Monde. Une équipe qui a l’ambition d’y participer doit être prête à affronter qui que ce soit."

Sobhi a fait ses classes à Al Ahly, où son talent lui a rapidement permis de se mettre le public dans la poche. Il faisait notamment partie de l’équipe qui a remporté le championnat en 2014. "J’avais l’habitude, chez les jeunes, d’éliminer mes adversaires en un-contre-un, mais c’est un aspect de mon jeu que j’ai nettement amélioré après avoir rejoint l’équipe première", explique-t-il. "J’avais tendance à en faire trop, à vouloir crocheter plus d’un défenseur. En fin de compte, je perdais le ballon."

Le prodige espère aider Al Ahly à remporter sa première Ligue des champions de la CAF depuis 2013. Il a en tout cas su gagner la confiance de l’entraîneur néerlandais Martin Jol. Arrivé aux commandes en février dernier, ce dernier est sur le point d’offrir un nouveau titre de champion d’Égypte aux Diables Rouges, qui disposent d’une avance confortable sur Zamalek. L'attaquant pourrait néanmoins ne pas être en mesure d’aider Al Ahly à décrocher sa neuvième Ligue des champions, compétition dont le club détient déjà le record du nombre de victoires. Ses performances ont en effet attiré l’attention de plusieurs clubs européens, qui pourraient chercher à le recruter pendant l’été. Le joueur se dit d’ailleurs prêt à marcher dans les pas de ses compatriotes Mohamed Salah, à l'AS Rome, ou Mohamed Elneny, à Arsenal. "Je n’ai pas de préférence", assure-t-il. "Que ce soit un petit ou un gros club m’importe peu, du moment que j’ai les moyens de réaliser mon rêve en Europe."