• Fouad Bachirou est international comorien et joue en Suède, à Östersunds
    • Östersunds a gravi les échelons et éliminé Galatasaray en UEFA Europa League
    • Bachirou évoque les activités culturelles du club suédois, dont doit s'inspirer sa sélection

Chanter sur une chaîne de télévision nationale. Écrire un roman. Apprendre à peindre, puis vendre sa plus belle œuvre aux enchères. Danser le ballet Le Lac des cygnes devant 3 000 personnes. Autant de tâches pour le moins intimidantes. Difficile d'imaginer des footballeurs de haut niveau accomplir la moindre d'entre elles. Et pourtant… Fouad Bachirou et ses équipiers d'Östersunds ont non seulement consacré beaucoup de temps à ces défis culturels, mais ils l'ont également fait avec grand plaisir.

"L'idée est de bousculer nos habitudes et de nous rassembler à travers les choses que nous faisons en tant que groupe", explique le milieu de terrain à FIFA.com. "Dans le football, on traverse souvent des moments difficiles et il faut alors s'adapter et se rassembler pour trouver des solutions. C'est clair que les footballeurs n'ont pas l'habitude d'exécuter un ballet. Mais en travaillant tous ensemble, on peut trouver le moyen d'y arriver".

"Chaque année, le club lance un nouveau projet", poursuit-il. "Ensuite, il y a un spectacle à la fin de l'année. On a donc dansé le ballet, l'an dernier on a chanté à la télévision, et l'année précédente on devait tous écrire nos propres romans et peindre des tableaux qui seraient ensuite vendus aux enchères à des fins caritatives".

"J'aime danser, donc Le Lac des cygnes a probablement été mon activité favorite. C'était stressant, parce qu'on devait se produire devant 3 000 personnes. Mais le sentiment qu'on a éprouvé à la fin du spectacle a été très intense. On a vraiment senti qu'on avait accompli quelque chose d'important. Il y a énormément de cultures différentes dans notre équipe et des activités comme celles-là nous rapprochent et nous apprennent comment fonctionner en tant que groupe. Je suis persuadé que ça nous aide quand on est sur le terrain", assure le milieu comorien.

Östersunds en bref
Le creux de la vague : la relégation en quatrième division en 2010
L'ascension rapide : trois montées en l'espace de cinq saisons
Le meilleur résultat : la victoire 3:1 au total des deux matches face à Galatasaray en UEFA Europa League

Les résultats spectaculaires obtenus par Östersunds ces dernières années parlent d'eux-mêmes, après avoir passé la majeure partie de son histoire à se morfondre en troisième division. Cependant, l'arrivée du président Daniel Kindberg, ancien lieutenant de l'armée suédoise, et de l'entraîneur anglais Graham Potter, a transformé Östersunds en une équipe solide.

Sous les ordres de Potter, arrivé en 2011, le club se hisse en deuxième division après deux montées consécutives, avant d'accéder il y a deux ans en première division pour la première fois de son histoire. Après avoir décroché son premier trophée majeur en début d'année en s'imposant 4:1 face à Norrköping en finale de Coupe de Suède, Östersunds a surpris tout le monde en éliminant Galatasaray de l'UEFA Europa League. Ce jeudi 24 août 2017, Östersunds affronte les Grecs du PAOK pour une place en phase de groupes.

Bachirou, passé par l'école des jeunes du Paris Saint-Germain puis le club écossais de Morton, où il est resté quatre ans avant de rejoindre la Suède, estime que son club pourrait même briguer le titre de champion de Suède. "Je crois sincèrement que c'est possible", affirme le Comorien. "Plus le club grandit, plus les gens ont connaissance de ce que nous faisons, et plus nous aurons la possibilité d'attirer de bons joueurs. Je suis convaincu qu'on ne peut que progresser".

Les Comores en bref
Le creux de la vague : la série de 3 084 jours sans victoire
L'ascension rapide : le gain de 32 places au Classement mondial FIFA en 2016
Le meilleur résultat : le nul 0:0 face au Ghana en novembre 2015, lors de la campagne de qualification pour Russie 2018

Outre Östersunds, Bachirou évolue également dans une autre formation qui a le vent en poupe. Il joue aussi en sélection comorienne, une équipe qui, jusqu'en mars 2016, n'avait plus gagné depuis plus de 3 000 jours. En s'imposant face au Botswana, les Comores ont mis fin à cette triste série, et d'autres victoires récentes contre le Lesotho, la Namibie et Maurice - sans oublier le nul face au Ghana lors de la campagne de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ - ont propulsé le "Petit Poucet" africain vers de nouveaux sommets au Classement mondial FIFA/Coca-Cola.

"Les Comores sont un très petit pays, et peu de gens connaissent l'équipe nationale", reconnaît Bachirou. "Nous n'avons presque pas joué pendant des années, et ça a été l'un de nos principaux problèmes. Mais depuis que le sélectionneur actuel, Amir Abdou, est arrivé en même temps que moi en 2014, nous avons énormément progressé", poursuit le milieu de terrain.

"Après notre nul face au Ghana, les joueurs et le staff ghanéens nous ont couverts d'éloges. Nous devons simplement continuer sur ces bases-là. D'après mon expérience avec Östersunds, je sais que les petites équipes, grâce à une bonne organisation, peuvent parfois accomplir de grandes choses. Les Comores doivent croire que c'est possible, que nous sommes capables d'en faire autant", conclut-il.