Auckland City a remporté son sixième titre de champion d'Océanie consécutif, un record, et les Navy Blues semblent bien partis pour maintenir leur hégémonie à l'avenir. Pourtant, la concurrence n'a cessé de s'intensifier. La saison dernière, Auckland a dû en passer par l'épreuve des tirs au but avant de soulever le trophée. L'année précédente, les Néo-Zélandais avaient arraché leur qualification pour les demi-finales à la faveur de leur statut de meilleur deuxième de la phase de groupes. Mais cette année, la finale contre Team Wellington a donné lieu à un score sans appel. Un rapide survol des résultats pourrait laisser penser qu'Auckland a dominé la concurrence en 2016. Comme souvent, la réalité est plus nuancée.  

Exception faite de la compétition préliminaire en janvier, la Ligue des champions de l'OFC s'est résumée cette année à une compétition de deux semaines organisée sur un seul site, selon un format inauguré la saison dernière. Représentant huit associations membres océaniennes, les 12 équipes en lice s'étaient donné rendez-vous à Auckland pour, outre le prestige du titre continental, décrocher un billet pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2016.

Les locaux à l'honneur
Auckland était logiquement favori, malgré l'absence de son inusable défenseur Ivan Vicelich, souffrant d'une blessure qui l'a privé de l'ensemble du tournoi. Sans lui, Auckland City a terminé en tête du Groupe A grâce à ses victoires sur Lae City Dwellers, Solomon Warriors et l'Amicale, avant de s'imposer 4:2 devant l'AS Tefana en demi-finale.

De son côté, Team Wellington avait créé la surprise en début d'année en mettant un terme à la longue domination d'Auckland dans le championnat de Nouvelle-Zélande. Pourtant, les Teedubs ont eu du mal à justifier leur statut. En cinq sorties, ils sont restés muets en première mi-temps à quatre reprises. Un temps menés au score, ils ont dû puiser dans leurs réserves pour inverser la tendance face aux Néo-Calédoniens de l'AS Lossi. Le club de la capitale a encore souffert pour venir à bout d'une autre formation néo-calédonienne, l'AS Magenta, grâce à un doublé de Tom Jackson en fin de match. Les demi-finales ont malgré tout consacré la supériorité des locaux sur leurs adversaires francophones.  

Les rencontres se sont révélées plutôt serrées, malgré une moyenne de près de quatre buts par match. La partie la plus indécise a opposé le Kiwi FC, rescapé du tour préliminaire, aux Fidjiens de Nadi, avec sept buts… et presque autant de cartons rouges. Les deux équipes ont fini à huit, ce qui n'a pas empêché Nadi de s'imposer de justesse (4:3). Encore menés au score dans le temps additionnel, les Fidjiens ont failli offrir à leurs adversaires samoans leur premier succès historique dans ce tournoi.

De bonnes habitudes
Contrairement à ce qui s'était passé en 2015, Auckland a dominé la finale (3:0). L'excellent Salomonais Micah Lea’alafa s'est offert un doublé, tandis que le jeune milieu de terrain Clayton Lewis a inscrit son nom au tableau d'affichage. "Nous sommes très heureux car les joueurs et l'encadrement ont travaillé dur. Nous serons encore au Japon cette année", savoure le capitaine Angel Berlanga.

Auckland peut maintenant préparer tranquillement ce nouveau voyage au Japon, qui marquera sa huitième participation à la Coupe du Monde des Clubs. Les Navy Blues ont écrit quelques-unes des plus belles pages de l'histoire de la compétition au fil des ans. En 2014 au Maroc, les Néo-Zélandais avaient créé la surprise en s'invitant en demi-finale. San Lorenzo, champion d'Amérique du Sud, avait dû en passer par la prolongation pour les empêcher de rejoindre le Real Madrid en finale.  

En attendant de revenir au Japon, l'entraîneur Ramon Tribulietx a ajouté une ligne supplémentaire à son palmarès. L'Espagnol en a profité pour glisser que les récents déboires de son équipe sur la scène nationale avaient probablement gonflé sa motivation. "Après avoir perdu une finale contre ce même adversaire dans un championnat que nous avions dominé, c'est agréable de goûter à nouveau à la victoire. De ce fait, nous étions particulièrement motivés", confirme-t-il.

Auteur de quatre buts décisifs, Lea’alafa est le grand artisan du triomphe d'Auckland. Élu meilleur joueur du tournoi, il a partagé les honneurs avec son coéquipier Joao Moreira, meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations