Le FC Barcelone et la Juventus se sont affrontés à cinq reprises dans quatre compétitions et trois villes. Avant leur sixième confrontation, FIFA.com fait la rétrospective de cette affiche d'anthologie.

Juventus 2:4 C Barcelone
Coupe latine 1952, demi-finale
La Coupe latine était un tournoi annuel à quatre équipes réunissant les vainqueurs des championnats de France, d'Italie, du Portugal et d'Espagne. La quatrième édition de l'épreuve a lieu à Paris. La Juventus se rend dans la capitale française quatre jours seulement après avoir enregistré une victoire en Vénétie, grâce à quoi la Vieille Dame s'adjuge le Scudetto avec une avance de sept points sur son premier poursuivant. Barcelone, de son côté, aborde sa demi-finale en n'ayant disputé qu'un seul match au cours des dix semaines précédentes, une finale de Coupe du Roi remportée face à Valence après avoir comblé un retard de deux buts. À Paris, les Catalans prennent vite l'avantage pour mener 2:0, grâce à des buts d'Eduardo Manchon et d'Estanislau Basora, avec un Ladislao Kubala dans la forme de sa vie. Juste avant la pause, Giampiero Boniperti réduit le score, mais dès la reprise, Kubala et Basora ajoutent respectivement un troisième et un quatrième but pour le Barça. La messe est dite. Boniperti inscrira un deuxième but pour la Juve, donnant à la défaite des Turinois un aspect plus honorable. "Nous avions en face de nous le meilleur joueur du monde", avait commenté l'entraîneur des Bianconeri, le Hongrois Gyorgy Sarosi, après la rencontre au sujet de son compatriote Kubala. Les deux hommes étaient de Budapest. En finale, le Barça prendra le meilleur sur Nice.

FC Barcelone 2:4 Juventus (au cumul des deux matches)
Coupe des villes de foires 1970/71, huitièmesde finale
Comment ces 180 minutes de football n'ont-elles produit "que" six buts ? Le mystère reste entier. Au Camp Nou, Helmut Haller et Roberto Bettega permettent à la Juventus de mener 2:0. Dans les buts turinois, Roberto Tancredi est en état de grâce, jusqu'à la 74ème minute, où le Barcelonais Marcial trouve enfin la faille pour les locaux, donnant ainsi aux Catalans le droit d'espérer en vue du match retour. Au Stadio Comunale, ce dernier sera une formalité pour les Bianconeri, qui ouvrent la marque sur une tête de Bettega et font le break grâce à un lob somptueux de Fabio Capello. On joue la 24ème minute. Capello, Adriano Novellini, Gianpietro Marchetti et Bettega confisquent le ballon mais dans les buts catalans, Salvador Sadurni - qui remplace Miguel Reina, père du gardien du Bayern Munich Pepe et blessé à cette occasion - multiplie les parades pour éviter à l'addition de s'alourdir. Dominé de la tête et des épaules, le Barça réduit finalement le score sur une merveille de ballon piqué de Lluis Pujol, qui vaudra même au Catalan les applaudissements du gardien battu, Tancredi.

FC Barcelone 2:1 Juventus (au cumul des deux matches)
Coupe d'Europe des Clubs Champions de l'UEFA 1985/86, quart de finale
Les Turinois sont donnés favoris, mais repartent de Catalogne avec un déficit d'un but, inscrit sur une frappe herculéenne déclenchée des 25 mètres par Julio Alberto. Au match retour, Massimo Mauro, Michael Laudrup et Michel Platini exercent un pressing soutenu dès le coup d'envoi mais à la demi-heure de jeu, l'Écossais Steve Archibald reprend, de la tête et au second poteau, une longue transversale qui semblait pourtant se transformer en sortie de but. Le ballon touche le bras de Stefano Tacconi avant d'entrer dans le but. Le portier de la Juve n'en revient pas… le milieu de terrain du Barça non plus. Les champions d'Italie ont alors besoin de trois buts pour s'ouvrir les portes du dernier carré. Avant la pause, Platini conclut victorieusement un superbe mouvement collectif. En deuxième période, la Juventus part à l'assaut du but catalan. À deux reprises, Platini passe très près d'égaliser, les deux fois sur une volée magistrale. Mais Señor Urruti ne verra pas ses filets trembler ce soir-là. Les Barcelonais poursuivront leur parcours jusqu'en finale, où ils seront battus aux tirs au but par le Steaua Bucarest.

FC Barcelone 3:2 Juventus (au cumul des deux matches)
Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe de l'UEFA 1990/91, demi-finale
"Un match magnifique", résumera Johan Cruyff au sujet des 90 minutes disputées au Camp Nou. Des tentatives lointaines de Laudrup - qui joue contre son ancien club - et de Ronald Koeman passent tout près d'offrir l'ouverture du score à Barcelone, mais c'est la Juventus qui est la première à faire trembler les filets, sur une énorme bourde défensive aussitôt exploitée par Pierluigi Casiraghi. À la 55ème minute, chacun des 178 centimètres de Hristo Stoichkov est nécessaire pour égaliser de la tête. Cinq minutes plus tard, le Bulgare donne l'avantage aux Blaugrana. Ensuite, Andoni Goikoetxea entre en possession du ballon sur la ligne médiane, accélère et réalise un une-deux avec Julio Salinas, avant de lober Tacconi des 25 mètres. Au match retour, Roberto Baggio convertira un merveilleux coup en faveur de la Juventus, qui aurait sans doute inscrit le but de la qualification sans un tacle aussi désespéré que miraculeux de Koeman sur l'Allemand Thomas Hässler. En finale à Rotterdam, Barcelone s'inclinera contre Manchester United.

Juventus 3:2 FC Barcelone (au cumul des deux matches)
Ligue des champions de l'UEFA 2002/03, quart de finale
Au Stadio delle Alpi, Paolo Montero ouvre la marque pour les Italiens en reprenant puissamment de la tête un ballon venu du point de corner. Dans la foulée, Gianluigi Buffon s'interpose impérialement sur une volée de Xavi et à l'autre extrémité du terrain, Roberto Bonano dévie d'une claquette une reprise en ciseau acrobatique qui prenait la direction de ses filets. Les Barcelonais égalisent finalement sur un tir dévié de Javier Saviola, ce qui les place en pole position au coup d'envoi du match retour. Juste après la pause, Pavel Nedved ouvre la marque pour la Juve, à quoi les locaux réagissent par l'intermédiaire de Luis Enrique, qui sert Xavi pour une égalisation à la 66ème minute. Dès lors, c'est le Barça qui contrôle la partie. Edgar Davids est exclu et les Turinois doivent donc jouer les 10 dernières minutes du temps réglementaire en infériorité numérique. Dans la prolongation, Buffon sort deux arrêts exceptionnels pour maintenir un tant soit peu de suspense et à la surprise générale, une longue transversale d'Alessandro Birindelli trouve à sa réception Marcelo Zalayeta, qui fait mouche. Les hommes de Lippi sont en demi-finale. Ils atteindront même la finale, dans laquelle ils s'inclineront face à l'AC Milan.