Le Portugal tient enfin son premier titre majeur dans un grand tournoi international. En battant la France chez elle en finale de l'UEFA EURO 2016, les hommes de Fernando Santos ont effacé les nombreuses déceptions que les supporters de la Selecçao ont subi tout au long de leur histoire. 

Il y a eu les deux demi-finales perdues lors des éditions 1966 et 2006 de la Coupe du Monde de la FIFA. Sur la scène européenne, il y a eu les trois échecs au même stade de la compétition en 1984, 2000 et 2012. Mais la plus cuisante des désillusions remontait au 4 juillet 2004, jour où tout un peuple assistait médusé à l'improbable triomphe grec, véritable tragédie pour les Portugais qui voyaient déjà triompher à domicile la génération dorée des Luis Figo, Pauleta, Deco et autres Cristiano Ronaldo. 

Douze ans plus tard, les Lusitaniens ont infligé le même sort aux Bleus, dominateurs dans leur antre de Saint-Denis mais dont le rêve heurté à une défense en état de grâce avant de voler en éclat sur une fulgurance d'Éder en prolongation. Ce triomphe portugais met fin à une série noire de dix défaites de rang face aux Tricolores, dont trois dans le dernier carré de grands tournois.

D'ailleurs, cet UEFA EURO 2016 fut riche en malédictions brisées et revanches prises sur l'histoire. FIFA.com revient sur les moments forts de la compétition. 

Le champion
Au delà de la revanche, le sacre du Portugal a d'autant plus de saveur qu'il s'est écrit dans la douleur. Avec trois matches nuls contre l'Islande (1:1), l'Autriche (0:0) et la Hongrie (3:3), il a accédé à la deuxième phase par la petite porte en finissant parmi les meilleurs troisièmes dans un Groupe F dont il était pourtant donné favori. 

En huitième, il a cadenassé la Croatie jusqu'au but libérateur de Ricardo Quaresma en fin de prolongation (0:1, a.p.) puis a emmené la Pologne jusqu'aux tirs au but où ce même Quaresma a converti sans trembler la cinquième tentative des siens (1:1, 3:5 t.a.b.). 

Il a fallu attendre la demi-finale contre le Pays de Galles pour assister à la première victoire nette des Portugais grâce à deux buts après la pause de Ronaldo et Nani (2:0). En finale, CR7 a de nouveau été un protagoniste essentiel de la rencontre, mais de manière bien plus insolite. Blessé sur un choc avec Dimitri Payet en début de rencontre, il a fini par quitter le terrain en larmes après 25 minutes de jeu. Boitant, le genou bandé, le capitaine portugais a encouragé les siens depuis le bord du terrain, jusqu'au bout de la nuit et cette frappe à 25 mètres d'Eder. 

Ronaldo pouvait cette fois pleurer de joie et brandir le trophée tant convoité. "Quand il nous a dit qu’il ne pouvait pas continuer, j’ai dit à mes coéquipiers qu’il fallait qu’on gagne pour lui", a résumé le défenseur Pepe, élu Meilleur Joueur de la finale. 

Ce 10 juillet, le Portugal a vaincu sa malédiction, a su triompher du sort et a démontré que son destin ne reposait pas que sur le talent du triple Ballon d'Or FIFA. Le pays représentera l'Europe pour la première fois à la Coupe des Confédérations de la FIFA 2017, et peut déjà capitaliser sur cette euphorie en vue du début des éliminatoires pour Russie 2018, qui débutent en septembre.

Les leçons
Pour la France, la désillusion est terrible. Après avoir remporté l'Euro 1984 et la Coupe du Monde 1998 sur ses terres, elle découvre la douleur de s'incliner en finale devant son public. "C’est une énorme déception. C’est cruel de perdre une finale comme ça, il faut l’accepter. Je félicite le Portugal", lâchait Didier Deschamps à l'issue de la rencontre. "On prend un coup sur la tête. Mais cela laisse envisager un avenir intéressant et des jours meilleurs", soulignait toutefois le sélectionneur, qui pour ce faire peut s'appuyer sur plusieurs points positifs.

Sujet d'inquiétudes avec les absences de Raphaël Varane et Mamadou Sakho, la défense française s'est montrée pleine de ressources, tout comme le milieu de terrain. Sur le plan offensif, les Bleus terminent meilleure attaque (13 buts) grâce notamment à Antoine Griezmann, Meilleur Joueur de la compétition avec deux passes décisives et six réalisations, dont un doublé contre l'Allemagne en demi-finale (2:0). 

Cette victoire face aux champions du monde, revanche du quart perdu à Brésil 2014, reste le plus bel exploit tricolore depuis dix ans et une première contre cet adversaire en compétition officielle depuis la Coupe du Monde 1958. C'est dire si les hommes de Joachim Lôw sont tombés de haut, eux qui avaient également vaincu le signe indien en quart face à l'Italie qui restait sur huit victoires contre la Mannschaft en compétition officielle.  

Malgré cette défaite, la Squadra Azzurra aura été une des sensations du tournoi avec notamment une brillante victoire face à l'Espagne tenante du titre, qu'elle retrouvera à l'automne dans le Groupe G des éliminatoires pour la Coupe du Monde, début d'un nouveau cycle pour les deux équipes. 

Quant à la Belgique, elle n'a pas su bonifier son quart de final brésilien en échouant au même stade contre le Pays de Galles, dont la présence dans le dernier carré a été l'une des sensations de cet UEFA EURO 2016, tout comme le parcours de l'Islande, également néophyte dans la compétition, qui est tombée face au pays hôte après avoir créé la sensation contre l'Angleterre en huitième. 

Pour cette dernière, fauchée après un parcours de rêve en qualifications et une phase de groupes laborieuse, cette élimination a sonné l'heure de la remise en question, comme comme la Russie qui a quitté le tournoi avec une dernière place du Groupe B préoccupante, à deux ans du coup d'envoi de "sa" Coupe du Monde.

La stat
45 - Ronaldo a été de loin l'attaquant le plus entreprenant du tournoi avec 45 tirs tentés sur l'ensemble de la compétition, devant Griezmann et Gareth Bale (26). Le Portugais affiche toutefois le taux de réussite le plus faible de ce top 3 avec 7% de ses frappes converties en but, contre 23% pour le Français et 12% pour le Gallois. Si le tournoi a permis à CR7 de briser la malédiction du Portugal, la sienne sur coup franc reste tenace avec une série toujours en cours de 43 tentatives manquées en EURO et en Coupe du Monde. 

Entendu...
"J’ai toujours dit que Cristiano Ronaldo était très important pour notre équipe et qu’il fallait compter sur lui. S’il était resté sur le terrain, il aurait pu marquer ou faire la différence à n’importe quel moment. Lorsqu’il est sorti, je me suis dit qu’il fallait surmonter cette difficulté" - Fernando Santos, sélectionneur du Portugal

Récompenses
Meilleur joueur : Antoine Griezmann (France)

Soulier d'Or : Antoine Griezmann (France), 6 buts
Soulier d'Argent : Cristiano Ronaldo (Portugal) 3 buts
Soulier de Bronze : Olivier Giroud (France) 3 buts 

Meilleur Jeune Joueur : Renato Sanches

Equipe-type :