Les éliminatoires asiatiques du Tournoi Olympique de Football Masculin se sont conclues mercredi sur la qualification de l'Australie, du Japon et de la République de Corée. Une victoire durement acquise, cependant, car tous trois ont dû batailler ferme pour valider leur billet.

A la peine pour assumer leur rang de favoris, les trois gros bras sont passés au forceps au terme de l'ultime journée. L'Australie a arraché de haute lutte un 1:1 à la RDP Corée, le Japon s'est arc-bouté sur ses positions pour s'assurer un nul qualificatif contre l'Arabie Saoudite, tandis que la République de Corée s'est vu tenue en échec par Bahreïn (0:0).

Les Socceroos, qui affrontaient leur première campagne qualificative dans la Zone Asie, étaient particulièrement sous pression. Après quelques ratés au démarrage du deuxième tour (deux petits points glanés en autant de rencontres contre l'Iran et la Jordanie), ils trouvent leurs marques et dament le pion à l'Arabie saoudite sur leurs terres (2:0). Bien que défaits à leur tour par les Fils du Désert lors de la journée suivante (1:2), ils s'ouvrent les portes du dernier tour en s'imposant devant l'Iran et la Jordanie.

Stoppés dans leur élan en août par un nul vierge concédé à l'Irak, demi-finaliste d'Athènes 2004, les hommes de Graham Arnold marquent les Irakiens à la culotte en enchaînant deux victoires à domicile sur la RDP Corée et le Liban. Disputé chez eux, leur avant-dernier match remporté 2:0 contre l'Irak s'avère décisif : auteurs d'un but chacun en première et deuxième période, Adrian Leijer et le charismatique capitaine Mark Milligan offrent la tête du groupe à l'Australie.

Une fois la qualification en poche, après le nul crucial décroché à Pyongyang grâce au but égalisateur de Milligan, l'entraîneur Arnold a été le premier à féliciter son équipe : "Lors des deux derniers matches contre l'Irak et la Corée du Nord, mes hommes se sont trouvés en terrain inconnu, ils ont joué sous pression, en sachant qu'ils n'avaient pas droit à l'échec."

Des hauts et des bas
Le Pays du Soleil Levant a lui aussi connu un parcours cahoteux. Leader incontesté de son groupe au deuxième tour, avec six victoires d'affilée devant la Syrie, la Malaisie et Hong Kong, il sera moins à la fête face à l'Arabie saoudite, au Qatar et au Viêt-Nam, adversaires peu commodes.

Les Nippons prennent un bon départ en s'imposant 1:0 à domicile sur le Viêt-Nam et le Qatar, mais subissent une surprenante défaite 2:1 aux mains des Qataris à Doha. Ils reprennent toutefois la pole position lors de la cinquième journée, où ils corrigent le Viêt-Nam (4:0), grâce notamment à un doublé de Tadanari Lee.

Conscient qu'un score de parité face aux Saoudiens lui suffit pour composter son quatrième ticket consécutif, le Japon fait de la résistance jusqu'à obtenir un nul vierge au stade national de Tokyo, lieu de ses deux précédentes qualifications olympiques (Sydney 2000 et Athènes 2004). "La campagne qualificative nous a mis à rude épreuve", a déclaré Sorimachi après le match. "Mais nous allons à Pékin et nous travaillerons plus dur pour faire bonne figure l'an prochain."

C'est en fait pour la République de Corée que le chemin a été le plus douloureux, d'autant qu'elle a dû nommer un nouvel entraîneur en urgence après la démission de Pim Verbeek en juillet. Sous la houlette de Park Sung-Hwa, les jeunes GuerriersTaeguk entament le tour final de belle manière en vainquant tour à tour l'Ouzbékistan, Bahreïn et la Syrie.

Le capitaine Kim Jin-Kyu, l'une des révélations d'Allemagne 2006, dirige la défense la plus imperméable de la compétition, tandis que les ailiers Lee Keun-Ho et Kim Seung-Yong inscrivent des buts décisifs. Malheureusement, les Coréens se mettent en difficulté à cause de leur manque d'efficacité récurrent. S'ils parviennent en fin de compte à se qualifier pour la sixième fois consécutive, ils n'affichent que quatre réalisations à leur compteur, et concèderont des nuls vierges lors de leurs trois derniers matches.

Park n'en reste pas moins optimiste et a dévoilé sa future stratégie. "Je vais renforcer l'effectif en y incluant davantage de footballeurs expérimentés l'an prochain", a-t-il expliqué. "Il nous faudrait un joueur polyvalent comme Park Ji-Sung. Park Chu-Young se remet d'une blessure au pied et je suis sûr qu'il reviendra à son meilleur niveau lorsqu'il se sentira en confiance."