Petit et puissant, Royston Drenthe impressionne sur le terrain par ses changements de rythme déroutants. Les spectateurs auront l'occasion de s'en rendre compte dès le premier match des Pays-Bas dans le tournoi olympique, jeudi face au Nigeria.

Né de parents surinamiens et élevé dans un quartier difficile de Rotterdam, le jeune phénomène de 21 ans n'a rien perdu des atouts qui lui ont permis de tracer son chemin : la passion et les rêves d'un enfant résolu.

"Il fait vraiment chaud ici", constate le poumon madrilène, qui vient de boucler sa première saison complète avec le Real. "Ici", c'est Tianjin, où le jeune Oranje a accepté de répondre aux questions de FIFA.com. "Mais on s'y habitue. Il y a une bonne ambiance au sein de l'équipe. C'est le plus important. Je pense qu'on peut aller au bout", ajoute-t-il avec un sourire malicieux, qui dévoile deux dents en or, dans un net contraste avec les tresses épaisses tombant de chaque côté de son visage. L'ancien supporter de Feyenoord parle avec un accent qui ne trompe pas : il rappelle à la fois ses origines surinamiennes et son enfance dans les rues de Rotterdam.

Ricky, comme le surnomment ses coéquipiers, est animé d'une détermination et d'un enthousiasme qui confinent à l'hyperactivité. Sur le rectangle vert, cela se traduit par une vitesse prodigieuse, doublée d'une capacité de travail hors du commun. Et même s'il n'a pas réussi à s'imposer comme titulaire pour sa première année à Madrid, il a souvent séduit le public de Bernabéu.

"Makaay, impossible de ne pas l'admirer"
"J'ai beaucoup appris lors de ma première saison au Real." Avant d'ajouter, lorsqu'on le questionne à propos de son douloureux départ de Feyenoord : "Quand le Real frappe à la porte, vous ne pouvez pas dire non." En marge de tout ce qu'il a emmagasiné depuis son arrivée à Madrid, Drenthe va avoir l'occasion de peaufiner son apprentissage auprès d'une légende du football batave : Roy Makaay. Agé de 33 ans, l'ancien Munichois a accepté de venir prêter main forte aux Pays-Bas dans leur quête de l'or olympique.

Quand j'étais petit, je l'ai vu jouer plein de fois à la télé. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir faire partie un jour de la même équipe qu'un joueur aussi légendaire
Royston Drenthe, à propos de Roy Makaay

"Quand j'étais petit, je l'ai vu jouer plein de fois à la télé. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir faire partie un jour de la même équipe qu'un joueur aussi légendaire", confie Drenthe à l'un des journalistes néerlandais qui se pressent dans la salle. "J'ai déjà eu la chance de jouer avec lui à Feyenoord et maintenant, nous allons jouer ensemble sous le maillot orange. C'est incroyable."

"Nous ne sommes pas des enfants. Nous avons peut-être moins de 23 ans, mais nous jouons dans de grands clubs," rappelle Drenthe en faisant allusion à Ryan Babel (Liverpool), Hedwiges Maduro (Valence) et à lui-même, sans oublier les nombreux joueurs qui constituent la crème du championnat des Pays-Bas. "Roy (Makaay) est la générosité même. A l'entraînement, il n'hésite pas à vous dire des trucs comme : 'Attends un peu. Prends ton temps. Essaie plutôt comme ça'. Impossible de ne pas l'admirer."

Le Nigeria d'entrée
Le premier test, pour la jeune garde entraînée par Foppe de Haan, aura lieu face à une équipe du Nigeria toujours dangereuse. Les champions d'Europe U-21 en titre affronteront ensuite les Etats-Unis et le Japon, dans le Groupe B. "Nous voulons absolument gagner ce premier match", déclare Drenthe avec une voix dans laquelle l'impatience est palpable. "Mais nous savons que le Nigeria est une équipe très physique, avec d'excellents joueurs. Ça va être très dur. Aucun doute là-dessus."

Le Nigeria joue de façon très physique. Nous devrons donc garder la balle au sol et bien la faire circuler
Royston Drenthe, à propos de la tactique face au Nigeria

S'il est extrêmement fier de ses origines surinamiennes ("Je porte le flambeau", dit-il), Drenthe espère qu'il réussira avec ses coéquipiers à pratiquer un football typiquement néerlandais. "Le Nigeria joue de façon très physique. Nous devrons donc garder la balle au sol et bien la faire circuler. C'est comme ça que nous arriverons à les contrarier, 'à la néerlandaise' pour ainsi dire."

Les consignes du coach sont claires : Drenthe aura toute latitude d'aller et venir sur son flanc gauche, et de repiquer vers le centre de l'attaque lorsque l'occasion se présentera. "Je veux donner le meilleur de moi-même et marquer des buts, pour que tout le monde soit heureux, mes coéquipiers et tous les suppoters néerlandais", conclut-il avec un sourire radieux.

Avec une telle réserve d'enthousiasme, sans parler du talent qui fourmille dans cette équipe des Pays-Bas, la médaille d'or pourrait bientôt reposer sur une tunique oranje.