Quatre décennies après la médaille de bronze du Japon à Mexico 1968, la meilleure performance pour une sélection asiatique dans le Tournoi Olympique de Football Masculin, les quatre représentants du continent oriental ont quitté la compétition à l'issue de la phase de groupes.

Il y a quatre ans encore, une sélection asiatique était parvenue dans le dernier carré olympique. Alors que personne ne l'attendait à ce niveau, l'Irak avait surpris le monde entier en écartant le Portugal et le Maroc, avant de décrocher la quatrième place du tournoi masculin. La formation proche-orientale avait ainsi signé le deuxième meilleur classement d'une équipe asiatique dans l'histoire de l'épreuve.

C'est ce genre d'antécédents que les quatre représentants du continent, y compris les hôtes chinois, avançaient pour affirmer leurs ambitions à Pékin 2008. "N'importe quelle médaille ferait le bonheur de tout un peuple", avait déclaré l'ancien sélectionneur de la RP Chine, Ratomir Dujkovic, un mois avant la cérémonie d'ouverture.

Nos adversaires sont plus forts que nous, physiquement et techniquement
Yin Tiesheng, sélectionneur de la Chine, après la défaite face au Brésil

Mais en dépit des attentes et du soutien sans faille de ses supporters, l'équipe de RP Chine n'a marqué qu'un point en trois sorties, face à des Néo-Zélandais réduits à dix. Ses deux autres matches, contre la Belgique et le Brésil, se sont soldés par des défaites. "Nos adversaires sont plus forts que nous, physiquement et techniquement. Le résultat ne fait que refléter la disparité entre les deux équipes", déclarait Yin Tiesheng, le sélectionneur exécutif de la sélection chinoise, après la défaite 0:3 face au Brésil, lors de la dernière journée de la poule.

Quant à l'équipe du Japon olympique version 2008, elle n'avait pas grand-chose à voir avec la glorieuse sélection de 1968. Cette année-là, un doublé de Kunishige Kamamoto face aux hôtes mexicains avait permis aux Samouraïs de rentrer au pays avec la médaille de bronze autour du cou. Cela n'a pas été le cas à Pékin, d'où la formation nipponne est rentrée bredouille de médaille et de points.

Performance d'ensemble à peine meilleure pour l'Australie. En dehors d'un match nul 1:1 lors de leur entrée en lice contre la Serbie, les anciens cadors de la Zone Océanie ont été muets face à l'Argentine et à la Côte d'Ivoire, battus 0:1 les deux fois.

Dans les compétitions internationales, les équipes asiatiques ont toujours du mal, surtout contre les sélections africaines et européennes
Park Sung-Wha, sélectionneur de la République de Corée

C'est la République de Corée qui est passée le plus près d'une place en quarts de finale, après sa victoire sur le Honduras dans son troisième et dernier match. Les hommes entraînés par Park Sung-Wha ont ainsi signé le seul succès d'un représentant asiatique dans le tournoi masculin. "Dans les compétitions internationales, les équipes asiatiques ont toujours du mal, surtout contre les sélections africaines et européennes", explique Park à FIFA.com. "Les joueurs de notre continent sont en général souples et rapides, mais ces qualités ne suffisent pas à faire la différence face à des adversaires plus solides physiquement."

Problèmes de finition
Interrogés sur la question, tous les sélectionneurs concernés admettent que l'élimination de leurs protégés est due avant tout à un problème de finition. Avec 5 buts marqués en 12 matches disputés, les chiffres sont là pour le confirmer. Et si les Asiatiques se distinguent souvent par leur créativité dans les 30 derniers mètres, celle-ci s'est révélée stérile en raison de la nervosité et du manque de précision des attaquants devant le but adverse.

"Quand on voit le nombre d'occasions que nous réussissons à nous créer, il est clair que nous payons notre manque d'expérience devant le but", analysait avec amertume le sélectionneur japonais Yasuharu Sorimachi après la défaite (0:1) face aux Pays-Bas. "Nous avons montré que nous savons attaquer. Mais nos jeunes joueurs doivent absolument travailler la finition."

Il est évident que nous avons beaucoup de mal à concrétiser nos actions. C'est un problème commun aux sélections australiennes dans toutes les catégories
Graham Arnold, sélectionneur de l'Australie

Même son de cloche chez son homologue Graham Arnold, prompt à reconnaître les problèmes rencontrés par ses joueurs au moment de conclure. "Il est évident que nous avons beaucoup de mal à concrétiser nos actions. C'est un problème commun aux sélections australiennes dans toutes les catégories", déplorait le sélectionneur des Olyroos après la défaite 0:1 contre la Côte d'Ivoire.

"Même contre le Brésil, nous nous sommes créés de bonnes occasions. La différence entre eux et nous, c'est que nous n'arrivons pas à les mettre au fond. Il faut en tirer les leçons", observe pareillement Yin Tiesheng.