Le Brésil avec Neymar comme capitaine s'est déjà écroulé plus d'une fois dans ce stade mythique. Et plus d'une fois, l'attaquant a pansé ses plaies pour revenir plus fort même si, sur le chemin, il fallait toujours vaincre un signe indien nommé "Maracanã".

En 2012, Neymar a connu la frustration de perdre une finale olympique contre le Mexique. L'année suivante, il a brillé dans une autre finale, contre l'Espagne, en Coupe des Confédérations de la FIFA. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2014, le Brésilien a assisté depuis le banc, pour cause de blessure, à la déroute de la Seleção en demi-finale contre l'Allemagne. Ce 20 août 2016, malgré des décennies de pression accumulées dans un Maracanã plein comme un œuf, le joueur du FC Barcelone a su répondre présent pour diriger, briller… et gagner. "C'est avant tout un joueur qui est heureux d'être là, de participer aux Jeux Olympiques", explique l'entraîneur Rogério Micale au micro de FIFA.com peu après la victoire aux tirs au but, et le 1:1 à l'issue de la prolongation, devant l'Allemagne, qui a mis fin à la longue attente du Brésil, jusque-là jamais médaillé d'or olympique en football.

Le triomphe n'aurait pas pu être remporté de façon plus emblématique pour son capitaine : c'est lui qui a ouvert le score sur une merveille de coup franc, avant de convertir avec sang-froid le penalty qui a mis fin à l'attente de tout un peuple. "C'est un joueur qui a le pouvoir de faire pencher un match à lui seul, comme il l'a encore montré aujourd'hui. Ça, nous le savions", explique Micale. "Mais le plus important est qu'il voulait absolument avoir une deuxième chance après être passé si près de l'or dans la dernière édition du tournoi olympique. C'est tout Neymar : il n'arrête jamais de se battre et il en est récompensé, comme aujourd'hui avec la médaille d'or, après avoir réalisé un grand tournoi. Tout ce qu'il obtient, il le doit au mérite et à rien d'autre."

La réponse par le football
Neymar a dû faire preuve, durant le mois qui vient de se terminer avec la finale olympique, de résistance. Avant le coup d'envoi de la compétition, son dévouement pour la sélection avait été mis en question. Après les deux matches nuls 0:0 concédés par le Brésil en début de compétition, contre l'Afrique du Sud et l'Irak, le sport national au Brésil était devenu de critiquer la Seleção en général et son capitaine en particulier. En l'espace de dix jours, tout a changé, avec un Neymar à genoux sur la pelouse du Maracanã en train de pleurer à chaudes larmes, prêt à aller recevoir la médaille d'or après avoir inscrit quatre buts et donné trois ballons décisifs pour le compte d'une équipe qui, dans le processus, a retrouvé son football et sa compétitivité. 

"Nous avons répondu aux critiques par le football. C'est l'un des plus grands bonheurs de ma vie à ce jour." C'est à peu près tout ce qu'a déclaré Neymar après le coup de sifflet final, d'un air à la fois soulagé et défiant, comme pour mieux souligner sa capacité personnelle à réagir aux difficultés et aux critiques, sur le terrain comme en dehors. "En plus de son talent, c'est une personne incroyable, encore plus lorsqu'il est en Seleção. Les plus jeunes ont été surpris, car ils ne le connaissaient pas. Il était déjà en Europe quand la plupart d'entre eux sont passés professionnels", commente le milieu de terrain Felipe Ânderson quand on lui demande quelle importance a Neymar pour le reste du groupe. "Il fait attention aux autres et les aide à relever la tête dans les moments difficiles. Il a répété maintes et maintes fois que si nous prenions le temps de réagir, notre moment allait finalement venir. Nous lui devons beaucoup."

Après avoir ouvert le score sur coup franc, le butur est allé serrer dans ses bras Rogério Micale, laissant entendre par là que lui, Neymar, était reconnaissant à son entraîneur. Micale sourit, heureux, et délivre le mot de la fin : "Oui, et moi aussi je suis reconnaissant. Tout le Brésil a le devoir de l'être".