Alberth Elis est encore préadolescent lorsqu'on lui demande de troquer le poste de gardien contre celui d'attaquant. C'est son père qui le met en garde devant la difficulté de jouer dans les cages. Il apprécie tellement le changement qu'il devient un vrai poison pour les défenses adverses. Il inscrit trois buts, les premiers d'une carrière lancée à cent à l'heure, actuellement à son apogée pour ce Tournoi Olympique de Football Masculin, Rio 2016.

La Petite Panthère est l'un des attaquants les plus spectaculaires de la compétition. À 20 ans, il a impressionné non seulement par ses deux buts inscrits mais aussi par sa foulée qui lui permet d'éliminer les défenseurs qui tentent tant bien que mal de le stopper mais qui sont souvent à la traîne derrière lui. "Les choses se sont déroulées comme je l'espérais. Nous nous sommes battus pour ça, pour réussir notre tournoi. J'avais comme motivation de partir jouer à l'étranger, de montrer au monde ce que je valais et prouver qu'il y a de bons joueurs au Honduras", confie-t-il à FIFA.com avant d'affronter le Nigeria ce 20 août pour un des plus grands matches de sa carrière, qui peut offrir une médaille de bronze inédite dans l'histoire du football hondurien. "J'ai rêvé de cet instant toute ma vie. Ce serait beau, historique, inoubliable. Nous devons tout faire pour mettre toutes les chances de notre côté. Si je remporte cette médaille, elle aura une place de choix, chez moi."

Sa rapidité et sa puissance de feu ne datent pas d'hier. "Depuis tout petit, mon jeu repose sur la vitesse et la force. Au collège, je faisais de l'athlétisme aussi et je finissais toujours premier. J'essaie d'exploiter ce potentiel pour être performant", révèle celui qui a disputé la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Émirats Arabes Unis 2013 et la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015. Et il ne tarde pas à avoir du succès. Au collège, il inscrit 14 buts lors d'une coupe ayant pour objectif de découvrir des talents. Il est élu meilleur joueur du tournoi et il est sélectionné pour passer des tests dans le club de Monterrey, au Mexique. Son talent lui permet de signer ensuite en équipe réserve du Real España et, à 15 ans, il s'engage avec Olimpia, l'équipe avec laquelle il débute à seulement 17 ans.

Panser les plaies du Maracanã
Alberth Elis brille lors du Tournoi Olympique de Football Masculin, Rio 2016. Notamment contre l'Argentine, la République de Corée, mais aussi face à l'Algérie et au Portugal. Les Lusitaniens encaissent d'ailleurs un but de l'attaquant en à peine 30 secondes, égalant ainsi le but le plus rapide de l'histoire du Tournoi Olympique de Football Masculin. En 15 secondes, Neymar fera encore mieux lors de la rencontre la plus douloureuse pour cette génération de Honduriens.

"Nous avons mal vécu le fait de perdre de la sorte. Nous pensions que nous allions faire un bon match. Il y a eu des moments d'égarements et leur premier but nous a vraiment mis un coup sur la tête", se souvient Elis à propos du 6:0 infligé en demi-finale par les Auriverdes. Le Brésil venait d'anéantir tout espoir de médaille d'or pour le Honduras. Même s'il a disputé son match le moins abouti face à la Seleção, Elis s'est tout de même arrangé pour être impliqué sur les deux actions dangereuses de son équipe.

Il est conscient que l'aspect mental sera primordial, seulement deux jours après avoir connu une telle désillusion : "Nous savons que c'est difficile mais nous devons nous en remettre avant d'affronter le Nigeria". C'est le prix à payer s'ils veulent à nouveau briller et exploiter ce redoutable trio offensif avec "la vitesse de Romell Quioto, le calme d'Antony Lozano au moment de marquer" et lui-même. Le Honduras a l'occasion de remporter la première médaille olympique de son histoire.