Lukas Klostermann n'avait pas vraiment préparé de manière originale de célébrer un but. Alors il a du improviser... Auteur d’un appel inspiré dès la neuvième minute de la demi-finale du Tournoi Olympique de Football Masculin entre l’Allemagne et le Nigeria, le latéral gauche a fait apprécier son timing en arrivant à point nommé pour convertir le centre de Maximilian Meyer. Malgré une vingtaine d’apparitions dans les différentes sélections de jeunes, le défenseur n’avait encore jamais trouvé le chemin des filets. 

"Je ne marque pas souvent", admet  Klostermann à l’issue de la partie à FIFA.com. "C’est même très rare. Quand le ballon est entré, je ne savais pas du tout comment fêter ce but. Je suis tout de même très heureux d’avoir marqué et gagné. C’est merveilleux, plus encore lorsqu’on a la chance de contribuer au succès de son équipe en inscrivant un but."

Le défenseur du RB Leipzig, qui n’a fait mouche qu’à deux reprises en club, s’est donc vu administrer une petite leçon par ses coéquipiers, qui se sont littéralement jetés sur lui à quelques mètres du but nigérian. Forte de ce succès (2:0), l’Allemagne est désormais assurée de revenir de Rio avec une médaille. Quoi qu’il arrive en finale, Klostermann et ses partenaires auront fait mieux que tous leurs devanciers dans le Tournoi Olympique de Football Masculin. "Avant le match, nous nous étions fixé pour objectif de participer au dernier match, afin d’être certains de ramener une médaille", confirme-t-il. "Mais à ce stade, on ne pense plus qu’à gagner. Nous voulons ramener l’or."

Un modèle et un exemple
Le dernier obstacle qui se dresse sur la route de l’Allemagne n’est cependant pas des moindres. Le Brésil de Neymar semble avoir trouvé ses marques, comme en témoigne son écrasante victoire 6:0 sur le Honduras dans l’autre demi-finale. Ce match pour la médaille d'or, en terres brésiliennes, a tout d'une revanche du Mineirazo, la terrible correction (7:1) infligée par la Nationalmannschaft à la Seleçao dans le dernier carré de la Coupe du Monde 2014™. Dans la foulée, les Allemands avaient triomphé au Maracanã, un stade que les protégés de Horst Hrubesch retrouveront en finale. "J’ai très envie de me mesurer à des joueurs comme Neymar", assure Klostermann. "Ce match est un bonus, alors nous allons essayer de prendre du plaisir. Tout le stade sera contre nous. Nous ferons de notre mieux et si nous sommes dans un bon jour, nous pourrons l’emporter."

En cas de succès, l'Allemand marcherait sur les traces de l’une de ses idoles. S’il a marqué du pied gauche contre le Nigeria, Klostermann est droitier. Il évolue d’ailleurs au poste d’arrière droit en club. Cette polyvalence et ce parcours atypique ne sont pas sans rappeler ceux du capitaine de l’Allemagne sacrée championne du monde en 2014. "C’est vrai, j’admire beaucoup Philipp Lahm. C’est l’un des plus grands joueurs allemands de tous les temps. Je donne toujours le maximum, mais j’essaye aussi de développer ma propre personnalité afin de m’approprier le poste", tempère-t-il.

En cas de succès le 20 août prochain au Maracanã, Klostermann et ses coéquipiers pourraient bien endosser à leur tour le rôle de modèles pour les générations futures. Et tant pis s'il faut encore improviser e cas de but à célébrer.