Entre 2000 et 2010, le football portugais a sans doute connu la plus talentueuse génération de joueurs de son histoire. Luis Figo, Vitor Baia, Rui Costa, Deco, Cristiano Ronaldo, Pedro Pauleta… Tous enchaînaient alors les titres dans les plus grands clubs du monde. Mais sous le maillot de leur Selecçao Das Quinas, impossible pour eux d’accrocher le moindre trophée, à l’image de cette finale de l’UEFA EURO 2004 perdue chez elle, face à la Grèce. Aujourd’hui, le Portugal compte certes moins de stars dignes de ce nom… mais il remporte des titres.

Comme un symbole, c’est sans Cristiano Ronaldo que les Lusitaniens ont disputé 95 minutes de la dernière finale de l’UEFA EURO 2016 qu’ils ont remporté en France. C'est sans Renato Sanches, la nouvelle pépite du football portugais que la sélection U-21 du Portugal a atteint la finale de l'EURO de la catégorie d'âge en 2015. Et c’est encore sans le nouveau joueur du Bayern Munich que la sélection est en train de briller au Tournoi Olympique de Football Masculin, Rio 2016.

"Ne comptez pas sur moi pour ressortir une individualité de ce super groupe", confirme au micro de FIFA.com, l’ancien attaquant des A Pedro Pauleta (88 sélections), lorsqu’on lui demande si le nouveau Cristiano Ronaldo figure éventuellement dans l’équipe olympique portugaise où brillent Pacienca, Bruno Fernandes et autres Salvador. "Honnêtement, il ne me serait d’ailleurs impossible de parler d’un joueur en particulier sachant que ce qui fait précisément la force de cette équipe, c’est son collectif."

Deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection portugaise avec 47 buts, l’Aigle des Açores fait figure de parfait trait d’union entre la génération dorée portugaise et celle d’aujourd’hui. Car s’il a vécu les différents échecs de son pays en demi-finale de l’UEFA EURO 2000 et en finale de l’édition 2004, il a contribué autant aux récents progrès qu’au titre de champion d’Europe 2016. Il est en effet directeur de la formation à la Fédération portugaise de football depuis 2012.

"Ce titre à l’EURO 2016 a évidemment une valeur particulière pour moi qui ai évolué longtemps en France. J’ai énormément de respect pour ce pays. Et au fond, je crois que si mon pays n’avait pas gagné en finale, j’aurais pu trouver des raisons de me consoler en me disant que c’était la France qui avait été sacrée", avoue-t-il. "Mais bien au-delà de mon cas personnel, ce titre a une immense valeur pour mon pays. On est enfin récompensé ! On a été si souvent proche d’un sacre par le passé, et je suis bien placé pour le dire : j’en ai perdues des finales et des demi-finales ! Mais le moment est enfin arrivé, et je crois vraiment que c’est mérité ! On a tellement travaillé pour que ce jour de gloire arrive enfin…"

Si les A sont aujourd’hui sur le toit de l’Europe - comme les U-17 d’ailleurs - cela fait également quelques années que l’on voit les équipes jeunes du Portugal tourner autour d’un titre. Les Lusitaniens ont notamment été finalistes de l’EURO U-19 2014 et de l’EURO U-21 2015, ce qui leur a permis de décrocher leur sésame pour Rio 2016.  

Médaille et Ballon d'or ?
"Tout cela est le fruit d’un intense et collectif travail, depuis quatre ou cinq ans, qui implique notre fédération mais aussi nos clubs", souligne l’ancien attaquant entre autre du Paris Saint-Germain, des Girondins de Bordeaux et du Deportivo La Corogne, et dont la particularité est de n’avoir jamais évolué en première division portugaise. "Tous ensemble, en équipe, nous axons notre travail sur la formation, tant sur les plans technique, physique que tactique. Nous veillons à  mettre nos joueurs dans les meilleures conditions afin qu’ils soient les plus performants possibles dans les compétitions dans lesquelles ils sont engagés. A l’arrivée, il n’y a pas de secret, cela nous donne des joueurs de grande qualité."

S’il est donc impossible pour Pauleta de prédire quel pourrait être le prochain Cristiano Ronaldo parmi "ces joueurs de qualité", il n’en demeure pas avare de compliments quand on vient à évoquer l'attaquant du Real Madrid, plus que jamais en course pour un quatrième FIFA Ballon d’Or : "C’est un joueur phénoménal. Et ce serait bien que le Portugal puisse l’aider à s’offrir un nouveau Ballon d’Or. Lui a tellement apporté au pays… Après une victoire en Ligue des champions, il gagne le championnat d’Europe… C’est une saison formidable pour lui. Nous sommes très contents pour lui, comme pour les autres joueurs d’ailleurs. Car j’insiste, chez nous, c’est l’équipe qu’on privilégie. C’est le pays !"

Le pays se trouve aujourd’hui en quart de finale de finale du Tournoi Olympique de Football et compte encore se parer d’or à l’issue du tournoi : "Pour l’instant, tout va bien, on s’est qualifiés pour la deuxième phase du tournoi, on est invaincu. Pourvu que ce la dure !", conclut Pauleta.