Quand Renato Augusto a été informé de la numérotation officielle de la Seleção pour le Tournoi Olympique de Football Masculin, Brésil 2016, il a poussé un grand soupir de soulagement en apprenant que son numéro était le 5. "Jusque-là, je plaisantais toujours avec les autres défenseurs : la première fois que j'ai été convoqué, j'ai joué avec le numéro 10. Ensuite avec le numéro 8. Aujourd'hui, je porte le 5. Je leur ai dit : 'Attention, j'arrive' (rires). Le plus important est de pouvoir aider", confie-t-il à FIFA.com.

Ce maillot, traditionnellement réservé aux milieux de terrain dans le football brésilien, ne lui a pas été donné pour rien. Lors de la victoire 6:0 sur le Honduras, en demi-finale, Renato a joué beaucoup plus près de ses défenseurs que de ses attaquants. Ce positionnement lui a convenu à merveille, à plus d'un titre. En dictant le rythme du jeu et en ratissant nombre de ballons devant ses défenseurs, le milieu de terrain brésilien a permis à la jeune sélection brésilienne de bien réagir après les deux matches nuls consécutifs concédés en début de tournoi. On connaît la suite : trois nettes victoires pour le pays hôte et une place en finale contre l'Allemagne, ce 20 août au Maracanã.

La polyvalence est l'une des qualités de Renato Augusto, mais son positionnement en milieu récupérateur peut surprendre. L'an dernier, il avait été élu meilleur joueur du championnat du Brésil dans un rôle de meneur de jeu, suscitant l'intérêt du marché européen, avant de finalement signer en RP Chine, à Beijing Guoan. Mais quand on voit la vitesse à laquelle Renato Augusto ressort le ballon, ou encore la précision de sa couverture lorsque le Brésil attaque, on comprend pourquoi l'entraîneur Rogério Micale lui a confié ce nouveau rôle. "Les joueurs polyvalents ont en général plus de facilités. C'est d'ailleurs la première raison pour laquelle j'ai été appelé en sélection, pour pouvoir jouer à plusieurs postes", affirme le joueur de 28 ans qui, avec le gardien Weverton et l'attaquant Neymar, est l'un des trois renforts de plus de 23 ans du Brésil.

Ce n'est pas la première fois que Renato évolue dans un rôle de demi défensif, même s'il rappelle cependant que "sa position naturelle est milieu offensif". Il a même évolué comme avant-centre, "pas souvent, mais c'est déjà arrivé plusieurs fois. En Chine, je joue juste derrière les attaquants. J'enrichis ma palette, en essayant d'apprendre chaque jour." Ironie du sort, cette polyvalence, Renato l'a surtout acquise en Allemagne, futur adversaire du Brésil en finale du tournoi olympique. Révélé par Flamengo, le Brésilien a porté les couleurs du Bayer Leverkusen de 2008 à 2012. "Mon expérience en Allemagne a été très positive de ce point de vue, en termes de compréhension tactique. J'ai beaucoup appris pendant cette période… et je n'ai rien oublié", signale-t-il avec humour.

La voix de l'expérience
En quête d'une médaille d'or, Renato a contribué aux belles performances de la Seleção non seulement par son intelligence et son talent, mais également par ses qualités de leader. Dans les moments les plus difficiles, à commencer par les 180 minutes sans but contre l'Afrique du Sud et l'Irak, il est monté au créneau pour répondre aux critiques. Pour lui, il ne s'agissait pas seulement d'une question de temps avant que l'équipe trouve son rythme de croisière. Il fallait aussi faire les efforts nécessaires pour surmonter la nervosité des débuts dans la compétition, avec la pression qui pèse toujours sur les épaules du pays hôte.

"Psychologiquement, il a fallu beaucoup travailler", admet-il. "C'est une équipe jeune, ce qui rend le travail encore plus difficile, car tout le monde ne maîtrise pas très bien cet aspect des choses. Parfois, il faut prendre son temps, s'asseoir, parler et faire face à ses responsabilités. C'est ce que j'ai voulu faire, en utilisant le fait que je suis le plus âgé de l'équipe. J'ai essayé de les tranquilliser et je crois que le travail est en train de payer."

Concernant la finale à venir après la large victoire 6:0 de la Seleção au Maracanã en demi-finale, Renato prévient : "Nous n'avons encore rien gagné. Le football peut vous jouer de très mauvais tours. Si nous perdons, tout ce que nous avons réussi jusque-là sera oublié", conclut-il. Tel est le message d'un joueur qui est disposé à tout faire pour le Brésil. Y compris jouer en défense.