Le Pérou et ses atouts
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Médaillée d'or lors des Jeux Asiatiques de la Jeunesse 2013, la République de Corée a confirmé son statut de favorite en accédant au dernier tour du Tournoi Olympique de Football Garçons, Nankin 2014 avec trois victoires en autant de matches. Un bilan impressionnant, qui n'intimide pourtant en rien le Pérou, son adversaire en finale.

Un séisme de magnitude 6,9 a frappé une région peu peuplée du centre du Pérou le 24 août, le jour où l'équipe U-15 andine s'est qualifiée pour l'ultime duel aux dépens du Cap-Vert. La Rojiblanca et son sélectionneur Juan José Ore auront sans doute à cœur de rendre le sourire à leur pays lorsqu'ils affronteront le poids lourd sud-coréen.

"Nous ne connaissons pas encore nos adversaires en finale", confiait à FIFA.com le technicien de 60 ans avant l'élimination de l'Islande par les Guerriers Taeguk dans le dernier carré. "Mais que ce soit contre les Sud-Coréens ou contre les Islandais, nous avons les moyens de nous imposer. J'ai toute confiance dans mes joueurs."

Déjà vu
L'artisan de la victoire des U-15 péruviens dans le championnat d'Amérique du Sud 2013 n'est pas homme à se bercer d'illusions. Il s'appuie sur son expérience, car il a déjà maté la République de Corée sur la scène internationale, dans le cadre de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2007. À cette occasion, ses protégés avaient fait sensation en s'imposant 1:0 sur leurs hôtes, avant de filer vers les quarts de finale pour finalement rendre les armes face au Ghana.  "Cette équipe est composée d'éléments triés sur le volet", explique l'ancien meilleur buteur de première division péruvienne. "Ce sont tous d'excellents joueurs qui possèdent un gros potentiel. Ils doivent encore s'affiner, bien sûr, mais quel que soit notre adversaire, on lui donnera du fil à retordre."

Les Jotitas ont donné bien des raisons de se réjouir à leurs supporters. D'après Ore, qui entraîne les espoirs depuis 2007, ils confirment la bonne santé du football local dans son pays. "Le football junior repose sur des fondements solides au Pérou. Il fourmille de talents et nous promet un bel avenir", assure-t-il fièrement.

Grande nation du football sud-américain par le passé, le Pérou a disparu des radars depuis Espagne 1982, sa dernière participation à la Coupe du Monde de la FIFA™. Les sélections de jeunes ont cependant repris le flambeau ces dix dernières années. Elles ont connu une rapide montée en puissance, dont témoigne leur participation pour les Coupes du Monde U-17 de la FIFA 2005 et 2007. Aujourd'hui, les U-15 entrent dans l'histoire des Jeux Olympiques de la Jeunesse. "Si ce groupe continue de progresser à ce rythme, il portera les espoirs du Pérou de retrouver la Coupe du Monde", affirme Ore.

Atout maître
La conviction du stratège péruvien est justifiée par le brio de ses joueurs, notamment de Franklin Gil, membre d'Universidad San Martín de Porres. Fer de lance des Incas, l'attaquant a impulsé le jeu contre l'Islande (2:1) et effacé l'avantage des Cap-Verdiens, vaincus 3:1 en demi-finale, à la faveur d'un penalty obtenu par ses soins. "Je suis très heureux de ma prestation dans ce match", savoure-t-il au micro de FIFA.com. "L'équipe a très bien joué et je dois beaucoup au soutien de mes coéquipiers." Confiant dans son talent, Gil espère évoluer un jour dans les grands championnats, à l'instar de son idole, James Rodriguez, meneur de jeu de la Colombie et du Real Madrid. "J'aimerais jouer à l'étranger plus tard, pas seulement pour continuer à progresser, mais aussi pour récompenser ma famille, qui m'apporte tout son soutien", confie-t-il.

Son ambition est également nourrie par la réussite d'un autre attaquant péruvien, le buteur Claudio Pizarro, qui se distingue sous le maillot national et du Bayern Munich. "C'est le footballeur le plus célèbre du pays. Je rêve de l'égaler !", conclut-il d'un air déterminé.