Règle de base de tout supporter digne de ce nom : ne jamais arriver en retard au stade. Le corollaire de la fin de match est tout aussi vrai : il ne faut jamais quitter sa place avant le coup de sifflet final ! Le FC Barcelone l'a vécu ce 8 mars 2017. A la 88ème minute du match retour contre le Paris Saint-Germain, en huitième de finale de Ligue des champions de l'UEFA, les Blaugranas étaient mal engagés. Bien que dominateurs au panneau d'affichage 3:1, il leur fallait marquer encore à trois reprises pour se qualifier pour les quarts sachant que le PSG l'avait emporté 4:0 à l'aller. On connaît la fin de l'histoire... FIFA.com vous présente quelques-uns des retournements de situation les plus spectaculaires de l'histoire du beau jeu

A tout seigneur tout honneur. L'Angleterre, berceau du football, est également celui du fighting spirit. Au début du 20ème siècle, les joueurs d'Everton ont signé une héroïque remontée lors de la saison 1904/05. Menés 0:5 à la pause sur la pelouse de Sheffield Wednesday, champion en titre, les Toffees ont trouvé les ressources pour refaire leur retard et décrocher un inespéré match nul (5:5). Ce beau chapitre dans l'histoire d'Everton a également fait entrer Sheffield dans les livres d'histoire : les Hiboux sont ainsi devenus la première équipe du royaume à ne pas s'imposer après avoir mené 5:0. Un record - toujours inégalé ! - dont ils se seraient volontiers passés…

Plus récemment, l'autre club de la Mersey, Liverpool, a prouvé qu'écœurer les adversaires était une spécialité locale. Les Reds ont même choisi la finale de la prestigieuse Ligue des champions de l'UEFA 2005 comme théâtre du plus bel exploit de leur histoire. Après les trois buts inscrits pour l' AC Milan en première période par Paolo Maldini et Hernán Crespo deux fois, on se demande à quelle sauce vont être mangés les Anglais...

Mais c'est sans compter sur la volonté de l'emblématique Steven Gerrard . Le capitaine sonnera la révolte rouge en inscrivant le premier but, avant d'être imité par Vladimir Smicer et Xavi Alonso, tandis que Jerzy Dudek finira le travail : Liverpool revient à 3:3 et s'impose aux tirs au but, le gardien polonais repoussant les tentatives d'Andrea Pirlo et Andriy Shevchenko.

Pour réussir cette prouesse, peut-être les Reds se sont-ils inspirés d'autres rouges quelques années plus tôt. En effet, au même stade de la compétition en 1999, le Bayern Munich croit tenir sa victoire face à Manchester United en menant 1:0 à l'issue des 90 minutes. Mais dans le temps additionnel, l'inusable Teddy Sheringham offre sur corner une égalisation inespérée aux Red Devils. Les malheureux Bavarois pensent alors devoir passer par la prolongation pour décrocher leur quatrième couronne continentale. Mais ils n'en auront pas l'occasion...

Une minute après l'égalisation, l'impensable se produit : le Norvégien Ole Gunnar Solskjaer, entré en jeu dix minutes plus tôt, marque sur un nouveau corner et permet aux Mancuniens de remporter leur deuxième trophée. Inconsolables après être passés si près du but, Samuel Kuffour et Oliver Kahn attendront deux ans de plus pour soulever le trophée.

Miracles en série
Ironie de l'histoire, le Bayern avait déjà connu pareille mésaventure dans son championnat national. Lors de la saison 1973/74, les coéquipiers de Franz Beckenbauer menaient 4:1 sur le terrain du FC Kaiserslautern avant de s'incliner … 4:7 ! Mais le Bayern s'est également retrouvé dans la position de l'heureux vainqueur après une remontée fantastique. Menés 0:2 à la pause par le 1.FC Nuremberg en finale de la Coupe d'Allemagne 1982, les Bavarois avaient inversé la tendance pour s'imposer 4:2.

En club ou en sélection, le football allemand n'a jamais été avare en retournements de situation. "Le football est un jeu qui se joue à 11 contre 11, et à la fin, ce sont toujours les Allemands qui gagnent", avait ironisé l'Anglais Gary Lineker après la défaite face à la RFA en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990. La référence aurait pu s'appliquer à l'édition suisse de l'épreuve reine en 1954. Opposés en finale à la Hongrie, invaincue depuis 31 rencontres et logiquement favorite, les hommes de Sepp Herberger encaissent deux buts précoces. Mais ils refont rapidement leur retard et, grâce à un but d'Helmut Rahn inscrit à cinq minutes du terme, le "Miracle de Berne" se produit et l'Allemagne s'offre sa première couronne mondiale.

De miracle, il en était aussi question lors de la finale de l'UEFA EURO 2000 disputée entre la France et l'Italie à Rotterdam. Voyant leur équipe mener 1:0, les supporters italiens avaient sans doute déjà ouvert le champagne en voyant le chronomètre afficher 93 minutes. Mais l'attaquant français Sylvain Wiltord est venu doucher cet enthousiasme en arrachant l'égalisation à l'ultime seconde (90'+4). Quelques minutes plus tard, David Trezeguet enfonce le clou en inscrivant le but en or qui offre aux Bleus leur deuxième titre européen.

Quatre ans plus tard, la France entame l'Euro 2004 comme elle avait terminé l'édition précédente : en revenant de loin ! Pour leur premier match de groupe face à l'Angleterre, les coéquipiers de Zinedine Zidane courent après le score après un but de Frank Lampard à la 38ème. Il faut attendre les arrêts de jeu pour voir la magie de Zizou opérer : un coup franc direct à la 91ème et un penalty à la 93ème offrent la victoire au tenant du titre !

Natif de Marseille, l'ancien meneur de la Juventus a dû apprécier en connaisseur la performance du club de sa ville natale lors de la saison 1998/99. Emmené par Christophe Dugarry, Robert Pirès et Laurent Blanc fraîchement couronnés champions du monde, l'Olympique de Marseille a connu toutes les émotions face à Montpellier. Humiliés 0:4 sur leur pelouse et copieusement sifflés à la pause, les Phocéens ont renversé la tendance en deuxième mi-temps. Les supporters marseillais pouvaient déjà s'estimer heureux d'avoir vu leur équipe revenir à 4:4. Mais lorsque Blanc inscrivait le but de la victoire dans les arrêts de jeu, le Vélodrome chavirait de bonheur.

Clasicos spectaculaires
Dans le football argentin, le point d'orgue de la saison est le superclasico de Buenos Aires, l'affrontement entre les deux clubs les plus titrés du pays : Boca Juniors et River Plate . Rempli de passion et d'engagement, il est également synonyme de spectacle. Ainsi en 1991, lorsque les deux clubs se retrouvent au premier tour de la Copa Libertadores, les Millonarios croient tenir leur victoire en menant 3:1 à une demi-heure de la fin. Mais les Xeneizes trouvent les ressources pour revenir à 3:3 avant de porter le coup fatal à la 87ème (4:3).

Six ans plus tard, le scénario s'inverse. Les Boquenses réalisent le match parfait et mènent 3:0 au Monumental, l'antre de River. Le match bascule lorsque Roberto Bonano, le portier millonario, repousse un penalty de Roberto Pompei qui aurait pu offrir une avance de quatre buts aux visiteurs. Au lieu de cela, ce sont les hôtes qui s'arrachent pour décrocher un match nul au goût de revanche (3:3).

De rivalité ancestrale, il en est aussi question en Ecosse entre les deux géants de Glasgow . Le plus célèbre retournement de situation du football écossais s'est produit lors de l'ultime journée de la saison 2004/05. Le Celtic et les Rangers sont au coude à coude et les Vert et Blanc ont leur destin dans les pieds : une victoire sur la pelouse de Motherwell et le titre est assuré. C'est d'ailleurs le scénario qui se dessine grâce au but inscrit par Chris Sutton, même si de leur côté, les Rangers mènent à Edimbourg face à Hibernian. Jusqu'à la 89ème minute…

Un hélicoptère est déjà en route pour amener le trophée à Motherwell lorsque Scott McDonald, l'attaquant australien de Motherwell, égalise. Les Bhoys se ruent à l'attaque pour éviter de voir le titre filer chez le rival mais encaissent un second but en contre. Et l'hélicoptère change de direction pour rejoindre Edimbourg…

Une histoire qui rappelle étrangement celle de Schalke 04 en 2001, vainqueur d'Unterhaching pendant que le Bayern Munich - encore ! - perd 0:1 à Hambourg à l'issue des 90 minutes. Supporters et joueurs de Gelsenkirchen entament déjà les festivités sur le terrain. Alors qu'il reste une poignée de secondes d'arrêts de jeu à Hambourg, le Suédois Patrick Andersson délivre le Bayern en égalisant sur coup franc. Depuis ce jour, Schalke s'est vu affubler du surnom peu enviable de "Champion de cinq minutes".

Cinq minutes, c'est parfois le temps qu'il faut pour changer le cours d'une rencontre. Votre équipe est largement menée à quelques instants de la fin et vous ne voulez pas souffrir davantage ? Ne partez surtout pas, rien n'est perdu ! "Le match n'est jamais terminé avant le coup de sifflet final".