Entre les années 70 et 80, le Canon de Yaoundé a régné en maître sur le football camerounais. A cette époque, le club de la capitale était le porte-drapeau du continent. Ses joueurs pratiquaient un football si spectaculaire qu'ils avaient été surnommés "les Brésiliens de l'Afrique".

Depuis, le Canon est rentré dans le rang, malgré un dernier titre en 2002. Mais la flamme et la passion sont toujours là.

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Naissance d'une institution
Pour la célébration d'une fête française prévue à Douala le 11 novembre 1930, le gouverneur exigea l'organisation d'un match de football dans la capitale politique. Mais comme il n'y avait qu'une seule équipe à Yaoundé, l'Etoile indigène, l'autorité administrative française donna des instructions au chef de la région du Nyong-et-Sanaga pour la constitution d'une autre formation. C'est ainsi que naquit ce club qu'on baptisa par la suite Canon de Yaoundé.

Selon la légende, lors d'une discussion houleuse sur le choix du nom de l'équipe, le patriarche Mvogo Melingui fit référence au nom du fusil qui mit l'armée allemande en déroute à Yaoundé en 1916 et dont le cliquetis faisait "Kpa" suivi de la détonation "Kum". L'assistance répondit Canon.

Les premiers "tirailleurs" du club furent Zing Martin Omgba, Francis Belinga, Joseph Amougou, René Ndong, Etienne Belinga, Jacques Bouli et Gabriel Abega. Le "Kpa-Kum" va remporter son premier titre en 1957 avec la deuxième édition de la Coupe du Cameroun avant de s'incliner en finale en 1960 contre les Lions de Yaoundé (1:2).

Avec l'indépendance en 1960, la Fédération camerounaise de football se constitue et s'affilie à la CAF. C'est aussi la première édition du championnat national. Or le Canon se retrouve rapidement dépassé et ne peut rien de 1961 à 1969 face à l'Oryx Douala, le Caïman Douala, le Diamant Yaoundé ou encore l'Union Douala. Après un bref passage en seconde division, une deuxième Coupe du Cameroun en 1967 marque les prémices d'une grande aventure.

La légende en marche
En 1970, le "Kpa-Kum" est sacré champion du Cameroun pour la première fois de son histoire. L'année suivante, il remporte son premier trophée continental, la Coupe des clubs champions. En 1973, il atomise Diamant (5:2) et remporte sa troisième Coupe du Cameroun. La machine est lancée.

Jusqu'en 1980, il n'y a pas une année où les Canonniers seront absents de la course au titre de champion ou de la finale de la coupe nationale. Sur la scène continentale, le club de Nkolndongo s’impose trois années de suite en Coupe des clubs champions (1978 et 1980) et en Coupe des vainqueurs de coupes (1979).

Le club s'installe rapidement parmi les grands d’Afrique. Les Canonniers sont tellement talentueux qu'ils forment l'ossature de l'équipe nationale du Cameroun qui se mettre en évidence à la Coupe du Monde de la FIFA 1982 et remportera deux ans plus tard la Coupe d'Afrique des Nations en Côte d'Ivoire. Grégoire Mbida, Onguene Manga et Théophile Abega se font remarquer pour leur sens du but, leur puissance de frappe et leur technique en mouvement. Les frappes d'Emmanuel Kunde font frémir de bonheur des supporteurs comblés. Sans oublier la souplesse de Thomas Nkono dans le but et ses dégagements rebaptisés "longs courriers".

Malgré de nombreux départs, le Canon poursuit sa mainmise dans les années 80 avec l'éclosion de nouvelles générations conduites notamment par le regretté Marc-Vivien Foé, Jacques Songo'o, Louis-Paul Mfédé, François Omam-Biyick ou encore Pierre Womé.

Dans les années 90, malgré un passage à vide, le Canon arrive à se maintenir à un bon niveau en remportant notamment le championnat en 1991 et trois coupes nationales. En 2000, le Canon tonne une nouvelle fois en atteignant la finale de la Coupe des vainqueurs de coupe face au Zamalek. Mais malgré un dernier titre en 2002, il régresse peu à peu sur le plan national et laisse la place au Cotonsport Garoua, la nouvelle place forte du football au Cameroun.

Aujourd'hui
Le Canon de Yaoundé est régulièrement secoué par des problèmes d’intendance. Au cours d'une réunion de crise provoquée le 8 août 2009 par la démission du président (une première en 20 ans), le comité de sages du "Kpa-Kum" a créé un bureau de transition chargé de préparer l’équipe pour la saison 2009/10. Le Canon reste sur un exercice difficile avec une neuvième place pour neuf victoires, sept nuls et dix défaites.

Le stade
Le Stade Ahmadou-Ahidjo est un complexe omnisports construit dans la partie Est de Yaoundé, au cœur du quartier Mfandena. Il a été inauguré en février 1972, à l’occasion de la huitième édition de la CAN. Il a fait l'objet de travaux de réfection en 2007, portant sa capacité à 38 509 places assises. Outre les rencontres du Canon de Yaoundé, il accueille les matchs de l'équipe du Cameroun. C'est dans ce stade que Roger Milla a célébré son jubilé en 1988.