Avec Persepolis, l'autre club de Téhéran, qui est aussi son ennemi intime, Esteghlal est l'une des plus grandes institutions du foot iranien et dispose d'un des plus larges contingents de supporters. Les deux clubs de la capitale iranienne sont du reste considérés comme les fleurons du championnat, la Ligue Pro Iran.

Au fil de ses 64 années d'existence, Esteghlal s'est affirmé comme l'un des clubs les plus réguliers d'Iran, mais aussi d'Asie. En plus de ses nombreux titres nationaux, il a en effet collecté deux couronnes asiatiques. FIFA.com braque son projecteur sur un club au statut légendaire dans son pays.

Naissance d'une institution
Bien qu'aujourd'hui réputé pour son équipe de football, l'Esteghlal Cultural and Athletic Club, son appellation complète, a été créé par trois passionnés de cyclisme le 26 septembre 1945. Pas étonnant donc qu'à l'époque, le club ait été baptisé "Docharkheh", comprenez "les cyclistes". Malgré le penchant de ses fondateurs pour la petite reine, l'institution va vite prouver ses qualités footballistiques en remportant la Coupe Hazfi de Téhéran en 1947.

En 1949, le club est rebaptisé Taj, qui signifie "couronne". Ce nom s'avère bien trouvé pour une formation qui va vite devenir une grosse cylindrée footballistique. Depuis, l'équipe n'a cessé d'avancer, dominant le championnat iranien et réalisant des prouesses à l'échelle continentale. En 1979, le club a pris son nom définitif, Esteghlal, c'est-à-dire "indépendance".

La légende en marche
Installé parmi les formations les plus compétitives du pays, Esteghlal va passer les années 1950 et 1960 à consolider sa place parmi l'élite iranienne. Il n'y a certes pas de championnat national à l'époque, mais les compétitions locales sont très prisées. Sa victoire dans le championnat local 1970 lance sa rivalité avec Persepolis, l'autre club le plus populaire du pays.

Les années 1970 sont fructueuses pour Esteghlal, qui décroche son premier titre continental en battant les Israéliens de l'Hapoel Tel Aviv 2:1 en finale du Championnat asiatique des clubs 1971. Le club atteindra la finale de l'épreuve à trois autres reprises, s'imposant en 1991 et échouant à la deuxième place en 1992 et 1999. Ce CV confirme qu'il est bien l'un des gros bras du continent asiatique.

En 1972, avec le lancement du premier championnat national, la Coupe Takht Jamshid, Esteghlal a l'occasion de confirmer son pedigree. Il s'empare du titre en 1975 et 1990, décrochant sa première Coupe Hafzi en 1977. En 1991, le championnat est rebaptisé ligue Azadegan, mais Esteghlal se perd pas son rythme, engrangeant les éditions 1999 et 2001.

L'Esteghlal a toujours été un fournisseur de choix pour la sélection iranienne. Nombre de ses joueurs ont été des acteurs majeurs de la Melli lors de ses trois participations à la Coupe du Monde de la FIFA. C'est ainsi qu'Iraj Danaiyfar et Hassan Rowshan ont inscrit les deux buts de leur pays pour son baptême du feu dans l'épreuve suprême, à Argentine 1978. Danaiyfar a inauguré le compteur iranien en Coupe du Monde de la FIFA lors du nul 1:1 avec l'Écosse tandis que Rowshan a inscrit le but de la consolation lors du revers 4:1 face au Pérou.

Aujourd'hui
Possédant certaines des pépites les plus brillantes du pays, Esteghlal reste l'un des grands acteurs d'un championnat passé au professionnalisme en 2002. Il a terminé deuxième à deux reprises, en 2002 et 2004, avant de décrocher la timbale en 2006 sous la houlette d'Amir Ghalenoei, joueur au club de 1989 à 1995. La saison dernière, l'ancien attaquant à conduit Esteghlal vers un autre titre, avant d'être remplacé par l'entraîneur actuel, Samad Marfavi.

Ce changement a été la conséquence d'une campagne décevante dans la Ligue des champions de l'AFC de cette année, où Esteghlal a terminé dernier de son groupe. Le titre national récemment obtenu va toutefois motiver le club de Téhéran à se montrer sous un meilleur jour lors de la prochaine édition de l'épreuve continentale.

Le stade
Construit en 1971, le stade Azadi (90 000 places) fait partie des enceintes légendaires de la planète. Situé à Téhéran, il a accueilli les matches d'Esteghlal et de Persepolis, mais aussi de l'équipe nationale.