Le football est comme l’Histoire : un éternel recommencement. Du coup, pour éviter qu’il ne devienne une routine, tous les moyens sont bons pour transformer le beau jeu en discipline un peu folle. FIFA.com vous embarque pour un tour du monde des sports inspirés ou dérivés du sport-roi.

Si le Beach Soccer et le Futsal ont depuis longtemps gagné leurs lettres de noblesse au point de voir des Coupes du Monde de la FIFA organisées sur le sable et sur les parquets, certaines surfaces auront du mal à être homologuées. Les habitants de Bourton-on-the-Water seront sans doute toujours les seuls à assister à un match dans la rivière, en l’occurrence la Windrush, qui traverse ce village anglais. Depuis plus de cent ans, à la fin du mois d’août, les joueurs du Bourton Rovers Football Club se divisent en deux équipes de six pour disputer un match de 30 minutes, devenu un évènement incontournable attirant des milliers de spectateurs chaque année. Evidemment, on pourra difficilement reprocher aux joueurs de ne pas mouiller le maillot …

Aux Pays-Bas, les expressions "jeu en profondeur" ou "plonger dans la surface" ont pris tout leur sens lorsque les membres d’un club de plongée ont décidé d’enfiler leurs bouteilles d’oxygène, leurs masques et leurs tubas, non pas pour aller nager avec les requins et les dauphins, mais pour taper dans un ballon au fond d’une piscine ! Les inventeurs du football sous-marin ont cependant fait une entorse à leur uniforme habituel et ne poussent pas la difficulté jusqu’à jouer avec des palmes.

Les rois de la boue
La discipline a en tout cas fait des émules puisqu’en 2008, avant l’ouverture de l’UEFA EURO, Vienne avait organisé un match entre l’Allemagne et l’Autriche dans une grande piscine de la ville. Si les locaux, emmenés par le quadruple recordman du monde d’apnée Christian Redl, s’étaient imposés 10:5 sous l’eau, leurs homologues sur gazon allaient se noyer quelques semaines après sur un formidable coup franc de Michael Ballack.

Tout aussi liquide, mais bien plus salissant, le "Swamp Soccer" ou "Mud soccer"- littéralement, football des marécages ou football de boue - est une discipline très populaire en Scandinavie, qui a vu le jour en Finlande grâce à Jyrki Väänänen, connu par les amateurs comme le "Baron du Marécage". Si le premier tournoi officiel eut lieu en 1997 avec seulement 13 équipes, on en recense aujourd’hui plus de 200 qui se disputent le titre de roi de la boue chaque année en Suède, en Islande ou au Royaume-Uni. Lors de chaque édition, le spectacle est autant dans la gadoue que dans les noms des équipes. "Mud" signifiant "boue" en anglais, on peut ainsi avoir un derby entre "Real Mudrid" et "Unathletico Mudrid" ou un choc entre "Hurt of Mudlothian" et "Mudchesthair United" ! Petite précision fournie par le site internet officiel de la discipline, si vous voulez la pratiquer : "N’oubliez pas de prendre une assurance"…

Mais on n’a pas forcément besoin de changer la surface de jeu pour que le football bascule dans la folie. Il suffit d’en changer les acteurs ! Ou du moins de leur donner d’autres moyens que les crampons pour pousser la balle au fond des filets. Les Argentins avaient inventé le Pato, jeu équestre, entre le polo et le basket, les Américains s’en sont inspiré pour créer le "horse soccer" en ramenant le ballon au sol, le cavalier se chargeant seulement de diriger le cheval.

Un match de mammouths
La variante de la discipline en Thaïlande s’adapte à la faune locale. On ne joue donc pas au football à dos de cheval mais… d’éléphant ! Et le moins qu’on puisse dire c’est que les pachydermes sont plutôt adroits. En 2004, une prison d’Ayutthaya, l’ancienne capitale thaïlandaise, avait même organisé une rencontre entre une équipe d’éléphants et une autre de prisonniers, pour un score final de 5:5. Peut-être les acteurs humains ont-ils eu du mal sur les balles aériennes ou pour tacler leurs adversaires… "Nous entraînons les éléphants tous les jours à taper dans la balle et éviter de marcher sur les autres personnes", expliquait pourtant Pattarapon Meepan, l’un des dresseurs. Pas sûr que ce soit suffisant pour rassurer les adversaires.

Mais cette variante du beau jeu n’est peut-être pas la plus dangereuse. Certains ont en effet expérimenté des disciplines aussi variées que le "Fireball football", qui comme son nom l’indique, se pratique avec un ballon enflammé, ou encore le "Matador soccer". La description ? Essayez de jouer un match de football avec un taureau à la place de l’arbitre…

Heureusement, toutes les inventions dérivées du football ne sont pas réservées aux sportifs courageux, inconscients, ou les deux ! Ainsi dans les années 20, Harold Searles Thornton, supporter de Tottenham, eut l’idée moins risquée d’inventer le football sur table pour pouvoir reproduire à la maison ce qu’il avait vu depuis les tribunes du stade. Le babyfoot était né…

Mais le football est comme l’Histoire : un éternel recommencement. Du coup, pour éviter que le babyfoot ne devienne une routine, certains en ont inventé une version humaine. En voilà une bonne idée ! Et en changeant un peu les règles, par exemple en jouant à onze contre onze, sur un terrain de 68 mètres de large et 105 de long, voilà qui pourrait avoir un succès mondial… Ah bon, cela existe déjà ?