Le football est une passion qui défie souvent les règles de la logique et de la raison. Les fanatiques du ballon rond le savent bien, eux qui ne reculent devant rien pour honorer le maillot vénéré, à la stupéfaction de ceux qui ne sont jamais tombés sous le charme du beau jeu. FIFA.com a voulu compiler quelques exemples de ces comportements irrationnels qui traduisent autant d'états passionnels.

À quelques semaines de la Coupe du Monde de la FIFA, beaucoup de supporters pensent sérieusement à se rendre en Afrique du Sud pour encourager leur équipe. Le voyage coûte cher. S'il est difficile de réunir les fonds nécessaires, les solutions ne manquent pourtant pas. En dernier ressort, on peut même hypothéquer son logement. Exagéré ? Pas pour le papa de notre lecteur JDAVID83, qui explique depuis la Colombie : "Mon père a mis cinq ans à rembourser la dette qu'il avait contractée pour aller à Tokyo, afin d'assister à la finale de la Coupe intercontinentale entre l'Atlético Nacional et l'AC Milan. C'était en décembre 1989. Je crois que j'aurais fait pareil".

Les supporters de l'OM, eux, ont aussi décidé de mettre la main au portefeuille pour voir l'un de leurs rêves se réaliser. A l'été 2008, un groupe d'incoditionnels phocéens a décidé d'organiser un "Drogbathon". Le but ? Faire revenir Didier Drogba sur les bords de la Méditerranée. Certes, l'idée n'a finalement pas abouti mais elle montre, s'il fallait encore le prouver, la reconnaissance éternelle que les inconditionnels de l'OM accordent à ceux qui les ont fait rêver. "Tout est parti d'une discussion entre amis", explique Mathieu Gomila, l'institgateur du projet. "Si les supporters de l'OM du monde entier se cotisaient, on pourrait faire revenir Didier." De la parole aux actes, il n'y a qu'un pas que ce supporter de 24 ans a franchi en créant un site internet pour recueillir les promesses de dons. Le succès est immédiat et, en un peu plus d'une semaine, la cagnotte s'élève à plus de 4 millions d'Euros. Le problème, c'est que l'indemnité de départ de l'Ivoirien est d'environ... 24 millions de plus !

Une véritable religion
Les sacrifices auxquels peuvent consentir les mordus de foot sont sans limites. L'histoire de Li Wengang l'illustre parfaitement. Cet électricien chinois restera dans les annales pour avoir fondé, en 1984, le premier club de supporters de l'Empire du Milieu. Mais pas seulement. Pour prêcher la parole footballistique, Li a entrepris un véritable pèlerinage aux quatre coins de son pays. Avec succès semble-t-il, puisqu'il est maintenant connu dans toute la Chine sous le surnom de "Rossi", d'après le légendaire buteur italien.

Dans la rubrique "pèlerinages", impossible de ne pas évoquer le cas des supporters de San Lorenzo. En 1995, ils s'étaient rendus en masse à la basilique de Luján pour fêter le premier titre de champion d'Argentine remporté par El Ciclón en 21 ans. Trois ans plus tard, ce fut au tour de la Vierge de Luján d'être appelée à la rescousse d'un club argentin. Le Racing Club d'Avellaneda n'avait plus été champion depuis 1966. Ses supporters décidèrent donc d'organiser un grand rassemblement mystico-festif afin de purifier le terrain de l'Academia. Procession, bénédictions, musique rock, feu d'artifice, match amical : rien ne fut laissé au hasard. Trois années plus tard, le Racing était sacré champion d'Argentine.

Dans un registre moins religieux mais non moins fervent, on peut citer les manifestations des supporters du Celta de Vigo et de Séville, en 1995, afin de protester contre la relégation administrative de leur club.

Jusqu'à ce que la mort nous sépare ?
Football et religion font souvent bon ménage. D'ici à fonder une église pour célébrer le culte d'un footballeur, il n'y a qu'un pas… que de nombreux dévots à la cause "maradonienne" ont allègrement franchi, en fondant l'Iglesia Maradoniana. Une fois par an, le 30 octobre, les adeptes de ce culte fêtent la nativité. Celle du grand Diego bien sûr. Car pour tous les fidèles de cette communauté un peu particulière, où l'on célèbre aussi des mariages, le 30 octobre 1960 marque le début d'une nouvelle ère.

Pour son mariage justement, le Pakistanais Tay Baig n'avait pas prévu de rendre hommage au Pibe de Oro, mais plus banalement d'aller s'amuser à Londres avec ses copains. Cet enterrement de vie de garçon s'est terminé à… Séville, où se jouait en 2003 la finale de la Coupe UEFA entre le Celtic Glasgow et le FC Porto. Ce que les 1 500 invités réunis à Lahore pour la noce de Tay ignoraient, c'est que le futur marié était un fanatique du Celtic. Les appels téléphoniques des parents furieux restèrent vains. Tay ne pouvait pour rien au monde rater une telle occasion. "Ils n'étaient pas très contents", raconte l'intéressé avec un sens certain de la litote. Au Pakistan, le frère de Tay a tenté de faire entendre le point de vue de son frangin : "Elle comprendra. Il est fou du Celtic. Il s'est même abonné cette saison". N'ayant pas réussi à obtenir de billet, Tay avait finalement regardé la finale à Séville, mais sur un écran. L'histoire ne dit pas si le mariage a eu lieu.

Mariage et football, Mei Nansheng peut en parler en connaissance de cause, lui qui a convolé sur le rectangle vert. Original ? Certes, mais l'histoire personnelle de ce Chinois féru de foot ne s'arrête pas là. "Je ne suis peut-être pas né pour jouer au football, mais c'est bien le football qui me fera mourir." Inconditionnel de Wuhan, Mei est devenu moine bouddhiste en 2008, suite à la décision de son club préféré de se retirer de la première division chinoise.

Un amour éternel
Si certains peuvent aller loin pour faire le deuil de leur passion, d'autres au contraire la perpétuent jusqu'à leur propre deuil. Voilà pourquoi vous trouvez dans les catalogues de pompes funèbres des cercueils aux couleurs de tel ou tel club. Cette possibilité n'était toutefois pas suffisante pour un aficionado du Real Betis qui, avant de mourir, a demandé à son fils d'emporter ses cendres avec lui à chaque match disputé par les Sévillans à domicile. Son vœu est régulièrement exaucé par l'obéissant fiston. Même passion, autre solution : le club de Boca Juniors possède son propre cimetière pour qui souhaite soutenir les Xeneizes… éternellement.

On sait que les couleurs d'un club sont contagieuses. On les retrouve sur les cheveux, la maison, la voiture et, certes plus rarement, sur... les chars d'assaut ! Schalke 04 possède le sien.

La moto d'Osvaldo García n'est pas peinte en vert et rouge. Par contre, l'une de ses sacoches contient un drapeau du Portugal que ce pilote expérimenté, ex-champion national de trial, remettra à la sélection de Carlos Queiroz peu avant son entrée en lice en Afrique du Sud, contre la Côte d'Ivoire. Avant cela, le motard lusitanien aura parcouru 20 000 kilomètres entre Penafiel, le village où il habite près de Porto, et Valley Lodge, à Magaliesburg, quartier général de Cristiano Ronaldo et compagnie en Afrique du Sud. Osvaldo García est parti le 5 avril et traversera 18 pays au cours de son périple.

Votre opinion !
Ce qui précède n'est qu'un échantillon des idées les plus folles qui peuvent germer dans les cerveaux des fanatiques de football. Vous connaissez probablement vous aussi des exemples de comportements extravagants. Pour les faire partager, il vous suffit de cliquer sur "Votre opinion ?" et de raconter les anecdotes qui ont retenu votre attention en la matière.