Les mains fermes, le geste sûr, la jambe gauche toujours prête à dégainer… Au long de sa fructueuse carrière, le Paraguayen José Luis Chilavert a toujours fait étalage de caractéristiques qui en font un footballeur à part.

Joueur visionnaire, le Guarani a sans doute changé à jamais le rôle de gardien de but et inspiré nombre de collègues. Mais il a également su briller hors des terrains, auprès des caméras et des micros. Très à l’aise face aux journalistes, Chilavert a pris part à certaines des joutes dialectiques les plus remarquées du football moderne.

FIFA.com l’intègre aujourd’hui à sa galerie d'orateurs légendaires.

"Tout le monde ne peut pas jouer gardien. Les gens pensent qu'on ne sert qu’à éviter les buts, mais c'est une vision erronée et restrictive. Pour avoir une bonne équipe, il faut d’abord avoir un bon gardien ! Le Brésil de 1982 était une grande équipe, mais il y avait Valdir Peres dans les cages. Sur chaque attaque, il prenait un but. Vous voyez bien que je dis vrai."
Chilavert et le rôle du gardien dans le football mondial

"Navarro Montoya m’a comparé avec une Fiat 600 ? Pourquoi pas, mais avec un moteur de Formule 1. En revanche, lui, il commence à avoir des fuites d’huile. Ce n’est pas un adversaire pour moi, il n’est pas de taille."
Chilavert au sujet de Carlos Fernando Navarro Montoya, gardien légendaire de Boca Juniors dans les années 1990

"Vous pouvez dire ce que vous voulez, vous n’avez jamais rien gagné."
Chilavert aux journalistes, lors de l'une de ses nombreuses discussions dans les années 1990

"Le but de Bonano, je n’en ai rien à faire. En plus, sa frappe de balle était vraiment affreuse. On aurait dit qu'il frappait avec un journal mouillé !"
Chilavert sur Roberto Bonano, gardien de River Plate, qui lui avait marqué un but sur penalty lors de la Copa Mercosur 2000.

"Il y a une vraie différence entre les médiocres et les gagneurs. Les gagneurs relèvent les défis en pensant à la victoire. Les médiocres, ils ne pensent qu’à éviter l’échec."
Chilavert et la personnalité des joueurs

"Sur le terrain, les amis n’existent pas. On ne peut pas se permettre que quiconque vous enlève ce qui vous appartient. C’est le football."
Chilavert et sa vision toute particulière du football professionnel

"Les gens ne comprennent rien. Ils croient qu’on joue dur alors qu’il faut justement mettre la jambe pour éviter de se blesser. Si j’ai le choix, je préfère blesser quelqu’un plutôt que de me faire blesser."
Chilavert sur les duels et le jeu dur

"C’est dommage que je ne puisse pas me battre avec lui. Il ne fait pas le poids. Tout mouillé, il fait à peine 35 kilos."
Chilavert au sujet de l’Uruguayen Sebastián Abreu, après une passe d’armes datant de 1995.

"Quand nous sommes arrivés en France, personne ne nous connaissait. Le Paraguay, personne n’était capable de la situer sur une carte. Aujourd’hui, après cette compétition, tout le monde connaît le Paraguay."
Chilavert et l’héritage laissé par le Paraguay lors de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998.

"A l’heure actuelle, les bons gardiens sont comme les dinosaures : ils sont en voie d’extinction."
Chilavert et son analyse de la situation des gardiens en 2010

"Je n’ai jamais été superstitieux. Les superstitions, ce sont des excuses pour les faibles."
Chilavert et les superstitions

"Je ne prépare pas mes déclarations à l’avance, même si je pense justement à quelque chose que j’avais envie de vous dire. Le football est plein de jaloux, mais ça ne m’inquiète pas le moins du monde : la jalousie est la rançon de la gloire."
Chilavert et son inépuisable verve

"Je ne sais pas ce que vaudrait Chilavert sur le marché aujourd’hui, mais je sais que ça représenterait une belle somme..."
Chilavert, conscient de sa valeur virtuelle à l'heure actuelle

"J’ai eu pas mal d’accrochages sur les terrains de foot. Mais avec la tête que j’ai, je n’avais pas le choix, j’étais obligé de jouer les méchants. Comment j’aurais pu jouer les gentils avec ma tête ?"
Chilavert en 2010, quelques années après sa retraite