A l'ocasion de la très prolifique journée de Ligue des champions de l'UEFA le 21 octobre 2014 et les scores-fleuves enregistrés à cette occasion - AS Rome 1:7 Bayern Munich, Chelsea 6:0 Maribor, BATE Borisov 0:7 Shakhtar Donetsk -, FIFA.com a sélectionné quelques-uns des résultats les plus remarquables enregistrés ces derniers temps…

La rencontre qui a inspiré cet article a eu lieu en avril 2011 en Colombie, où le Clásico Regional entre l'Atlético Tolima et l'Atlético Huila s'est soldé par un peu commun 7:4. À la mi-temps, les visiteurs menaient déjà 6:3 ! "Je suis triste de ce qui s'est passé, je demande pardon aux supporters et je propose ma démission", a annoncé l'entraîneur vaincu Guillermo Berrío, qui n'a pas conservé son poste même si - ironie du sort - il détient le record de buts marqués pour le club lorsqu'il était joueur.

La Premier League a accouché du même score à l'occasion d'un Portsmouth - Reading en septembre 2007. Au repos pourtant, Pompey ne menait que 2:1 face aux Royals. C'est à la reprise que cette rencontre est devenue complètement folle, avec pas moins de huit buts inscrits, dont un auto-goal de part et d'autre, un penalty manqué par Reading, qui lui aurait permis d'égaliser à 3:3, et un nouveau but du Zimbabwéen Benjani Mwaruwari, qui en avait déjà marqué deux en première période.

Les supporters français n'ont certainement pas oublié la correction 8:3 infligée par l'AS Monaco au Deportivo La Corogne en phase de groupes de la Ligue des champions de l'UEFA 2003/04. Le grand bonhomme de cette rencontre avait été Dado Pršo, qui avait fêté ses 29 ans en s'offrant un quadruplé. "L'entraîneur Didier Deschamps m'avait promis un cadeau d'anniversaire avant la rencontre, je n'aurais pas pu rêver de meilleur cadeau", lâchera le Croate après le match, laissant ainsi son empreinte dans ce qui reste la partie la plus prolifique de l'épreuve reine du football européen.

Dix de chute
L'un des résultats les plus impressionnants engendrés par un choc entre deux clubs de forces égales est sans aucun doute le terrible 10:0 infligé par le PSV Eindhoven à Feyenoord dans l'Eredivisie néerlandaise en octobre 2010. "C'est difficile de comprendre ce qui s'est passé", analysait Tim de Cler après le plus lourd revers jamais concédé par le club de Rotterdam. "Après le premier but et l'exclusion, chacun y est allé de sa bourde et nous nous sommes écroulés", a conclu le latéral gauche.

Le mois suivant, le FC Barcelone de Pep Guardiola y allait de ses cartons en corrigeant Almería 8:0 puis le Real Madrid de José Mourinho 5:0. Sur la scène européenne, ce type de score n'étonne plus outre mesure, peut-être depuis le 8:0 passé par Liverpool au Beskitas dans la Ligue des champions 2007. La même année, Arsenal avait d'ailleurs écrasé le malheureux Slavia Prague sur un retentissant 7:0…

De l'autre côté de l'Atlantique, en Argentine, Estudiantes de La Plata s'est offert le plaisir de s'imposer 7:0 face à Gimnasia y Esgrima La Plata, en 2006. On n'avait pas vu pareille suprématie dans un match opposant deux ennemis jurés du football argentin depuis 1940 et la victoire d'Independiente face au Racing Club sur un score identique. "Aujourd'hui, nous avons réussi un exploit historique. Quand nous serons vieux, tous ceux qui étaient là se souviendront de ce match", racontait l'attaquant des Pincharratas Mariano Pavone.

Tout ça pour ça !
Il arrive parfois de marquer beaucoup de buts pour un résultat final décevant, comme peut en attester le Real Salt Lake. Lors de la phase de groupes de la Ligue des champions de la CONCACAF 2010, les Américains se sont inclinés 5:4 face à Cruz Azul après avoir mené 3:1 jusqu'à la 75ème minute. Les trois buts de Javier Orozco - le dernier à la 90ème minute - semblaient avoir offert la victoire aux Mexicains, mais les Américains ont égalisé dans le temps additionnel. Alors que le Real semblait se diriger vers un excellent résultat nul, Christian Giménez les a écoeurés dans les tout derniers instants...

En 2008, dans le championnat d'Autriche, Sturm Graz dominait tranquillement le SV Mattersburg 5:0 en fin de première période, mais il s'est fait une belle frayeur en frôlant le match nul. Graz a finalement évité le camouflet en s'imposant 6:5... Au Brésil, Vitoria a vécu une expérience similaire dans une rencontre du Championnat d'état 2007 qui l'a vu s'imposer 6:5 contre son ennemi juré, Bahía. Cette rencontre à rebondissements a été marquée cinq égalisations, la dernière de la part de Bahía, qui était mené 5:3.

Au rayon des come-backs extraordinaires, impossible de passer sous silence deux rencontres disputées à la fin des années 1990. En 1997, Bobby Robson, qui avait pour assistant au FC Barcelone un certain José Mourinho, ne revient pas sur son banc de touche alors que son équipe est menée 0:3 par l'Atlético de Madrid au Camp Nou, en quart de finale de la Copa del Rey. La suite ? Grâce à un triplé de Ronaldo, un but de Figo et un dernier de Juan Pizzi, les Blaugrana s'imposent 5:4 face à des Colchoneros qui ont remporté la Liga l'année précédente.

L'année suivante, l'Olympique de Marseille a signé un tour de force similaire au Vélodrome. À la mi-temps de leur match de championnat contre Montpellier, les Provençaux sont menés 0:4. "On a perdu la première mi-temps, et probablement le match. Mais essayons de gagner la deuxième et de sauver l'honneur, c'est la seule chose qui nous reste." Tel est le discours de Rolland Courbis à ses joueurs dans les vestiaires, alors qu'à son homologue Jean-Louis Gasset, il lance : "Tu vas voir, on va gagner 5:4"... Message reçu cinq sur cinq : emmenés par un Christophe Dugarry irrésistible qui inscrit un doublé, les Olympiens s'imposent 5:4 face aux Héraultais grâce à un penalty inscrit par Laurent Blanc à la 90ème minute.

Nuls inoubliables et bizarreries statistiques
En novembre 2009, l'OM a également pris part à une rencontre tout aussi hallucinante qui s'est soldée par un nul 5:5 face à l'Olympique Lyonnais, à Gerland. La fin de match a été complètement surréaliste puisque la moitié des buts ont été inscrits dans les 11 dernières minutes ! L'entraîneur marseillais Didier Deschamps a évoqué une rencontre spectaculaire pour les fans, mais pas pour lui : "C'est frustrant de ne pas gagner en mettant cinq buts à l'extérieur. Aujourd'hui, nous avons perdu deux points", estimait le technicien olympien.

En 2010, le championnat d'Ecosse a connu un match encore plus époustouflant qui s'est terminé par un nul 6:6 entre Motherwell et Hibernian. Après avoir mené 4:1 et 6:2, les Hibs ont même vu leur gardien Graeme Smith repousser un penalty à la 87ème alors qu'ils menaient 6:5. Mais c'était compter sans Lukas Jutkiewicz, qui a établi un score de parité définitif à la troisième minute du temps additionnel. En Angleterre, un tel résultat ne s'est plus produit depuis avril 1930 et le nul 6:6 entre Leicester City et Arsenal

Ce flash-back dans les années 1930 nous donne l'occasion de conclure sur deux résultats historiques. Jusqu'ici, nous avons toujours cité des matches où le FC Barcelone a eu le beau rôle. Pourtant, saviez-vous que le club catalan a subi les deux plus lourdes défaites de l'histoire du championnat d'Espagne ? En 1931, les Blaugranas ont été surclassés 1:12 par l'Athletic Bilbao, avant de subir un lourd 1:11 face à Séville dix ans plus tard.

Cette bizarrerie statistique en appelle une autre, qui concerne le Borussia Dortmund. Le champion d'Allemagne 2011 a en effet participé aux quatre rencontres les plus prolifiques de la Bundesliga, avec un bilan de deux défaites et deux victoires. S'ils ont perdu 0:12 contre le Borussia Mönchengladbach en 1978 et 1:11 face au Bayern Munich en 1971, les Schwarz-Gelben ont battu l'Arminia Bielefeld 11:1 en 1982 et le FC Kaiserslautern 9:3 en 1963.