Le football africain a perdu l’un de ses glorieux représentants ce jeudi 15 novembre 2012. Theophile Abega, ancien milieu de terrain et capitaine du Cameroun a succombé à un malaise cardiaque à l’âge de 58 ans. Légende du football camerounais, il avait notamment mené les Lions indomptables à la victoire en Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 1984 en Côte d’Ivoire.

Le porteur du brassard avait trouvé le chemin des filets à deux reprises au premier tour contre le Togo, puis en finale contre le Nigeria au stade Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan pour soulever lui-même le premier trophée continental de l’histoire du pays. Déjà deux ans auparavant, Abega était de l’aventure camerounaise en Coupe du Monde de la FIFA 1982™. Les Africains avaient certes quitté l’Espagne à l’issue du premier tour, mais ils avaient terminé l’épreuve invaincus, après trois nuls contre le Pérou (0:0), la Pologne (0:0) et l’Italie (1:1) future vainqueur.

"C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Théophile Abega, l’un des plus glorieux représentants du football africain, capitaine des Lions Indomptables, Champion d’Afrique en 1984, que j’ai eu le privilège de connaître personnellement", s'est ému le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, dans une lettre de condoléances adressée à son homologue de la Fédération Camerounaise de Football, Mohammed Iya. "Permettez-moi, au nom de la grande famille du football international et en mon nom propre, de vous adresser, ainsi qu’à la Fédération Camerounaise de Football, mes condoléances les plus sincères."

Adroit balle au pied, métronome du milieu de terrain dans toutes les équipes où il a évolué, c’est également par son caractère et ses qualités de leader qu’il a écrit sa légende. Surnommé Docteur, en référence à un oncle médecin qui lui prodiguait quelques conseils pour sa santé, Abega a connu ses plus belles heures au Canon de Yaoundé, où il remporta notamment deux Coupes d’Afrique des Clubs Champions, en 1978 et 1980, et trois titres de champion.

Authentique icône
Sa formidable CAN 1984 lui ouvrira ensuite les portes du championnat français, à Toulouse, puis suisse, à Vevey-Sports, mais elle lui permettra surtout d’être désigné Ballon d’Or Africain 1984. "Son meilleur souvenir est sans aucun doute le sacre de 1984 à Abidjan", se souvient son ancien coéquipier Joseph Kamga. "Et ce que sa mémoire gardera comme triste, c’est sa blessure face à la Zambie lors de la CAN 1986 en Egypte. A cause de cette blessure, il sera contraint de mettre fin à sa carrière internationale". Il raccrochera même définitivement les crampons après son aventure en Suisse, pour rentrer à Yaoundé et intégrer la direction du Canon.

Débute alors une seconde carrière où ses qualités de leader sont encore mises en valeur, puisque parallèlement à la présidence du club, il se lance en politique et est élu maire de la Commune de Yaoundé IV en 2007. Même s’il déclarait encore récemment avoir de nombreux projets, celui qui se définissait lui-même comme "une authentique icône du football camerounais" n’aura pas eu le temps de les mener à bien. Mais il aura auparavant mené le Cameroun sur le chemin de la gloire et laissé une trace indélébile dans l’histoire du beau jeu.