"Romario est un joueur de dessins animés". Cette description pour le moins inattendue du fantastique attaquant brésilien nous vient de l’Argentin Jorge Valdano, champion du Monde 1986 et connu pour ses fines analyses footballistiques. Dans un sens, on ne peut lui donner tort : O Baixinho était capable de marquer des buts absolument incroyables, défiant parfois les lois de la logique. Un peu à la manière de ces footballeurs virtuels rendus célèbres par les dessins animés japonais à partir des années 1980.

C’est en effet dans ces années-là que des passerelles ont commencé à s’établir entre le ballon rond et l’univers du dessin animé, passerelles qui n’ont fait que se multiplier au fil du temps. FIFA.com en profite pour vous raconter l’histoire d’un phénomène qui n’a pas fini de nous surprendre.

Une génération de fans
En parlant ainsi de Romario, Valdano avait probablement en tête les séquences d’Olive et Tom, qui reste à l’heure actuelle le dessin animé le plus populaire jamais produit sur le thème du football. Inspirés d’un manga japonais soutenu par la fédération japonaise de football à des fins promotionnelles, les personnages d’Olivier Atton et de ses camarades Thomas Price, Ben Becker ou encore Ed Warner ont aboli les clivages culturels pour devenir les icônes d'une génération.

C’est ainsi qu’au mois de février dernier, lors d’un match nul 2:2 entre le Paris Saint-Germain et Montpellier en Ligue 1, le coup franc inscrit par le Brésilien Alex n’a pas manqué d’étonner le gardien héraultais Geoffrey Jourdren : "La frappe d’Alex ? Elle change complètement de direction. Je me suis dit : Ils ont recruté Mark Landers ou quoi ?" Le portier faisait bien sûr référence à l’ennemi juré d’Olivier, qui avait pour lui une frappe de balle particulièrement dévastatrice.

Chez les nostalgiques des années 90, d’aucuns affirment que ce sont les tirs de Cristiano Ronaldo qui se rapprochent le plus de ceux du héros. Pourtant, les puristes de la série préfèrent identifier Olive à Lionel Messi et Cristiano à son alter-ego Mark Landers. Aux dernières nouvelles, aucune des deux stars ne s’est encore prononcée à ce sujet. Le débat continue donc de faire rage chez les inconditionnels…

Fiction assumée et évolution thématique
Dans Olive et Tom, certains éléments étaient traités avec plus ou moins de réalisme, comme la puissance des tirs et les progressions interminables des protagonistes balle au pied sur un arrière-plan figé. Celles-ci ont même donné lieu à des études scientifiques. L’une d’entre elles a par exemple permis de déterminer la taille du terrain : compte tenu de la taille d’Olivier Atton (1m70) et en admettant qu’un individu de ce gabarit voit l’horizon à environ 4,5 kilomètres de distance, le terrain mesurerait donc pas moins de 18 kilomètres de long !

Sans atteindre le même niveau de popularité, de nombreux autres dessins animés ont vu le jour autour du football, adoptant différents angles d’approche. But pour Rudy, par exemple, qui avait également pour personnage principal un jeune garçon passionné de football, a fait fureur au Japon sans jamais connaître un succès équivalent à l’étranger. Dans L’École des Champions, une co-production franco-japonaise, on pouvait suivre le jeune Benjamin Lefranc dans sa tentative de percer en Italie. Cette série a connu un succès non négligeable en France et en Espagne.

L’Angleterre, les États-Unis et l’Écosse ont co-produit à leur tour le dessin animé Hurricanes, principalement réservé au marché anglophone. Ici, l’héroïne s’appelle Amanda Carey et prône le fair-play avant toute chose. Enfin, les télévores hispanophones ont encore la chance de pouvoir regarder la série Súper Once ou Once Relámpago, qui insiste sur l’importance de travailler en équipe pour obtenir de bons résultats.

Du rectangle vert à la petite lucarne
Nombreux sont les footballeurs à avoir lancé leur propre dessin animé en s’inspirant de leur popularité ou de leurs succès sportifs. Le Brésil regorge d’exemples : Pelé, Ronaldinho et plus récemment Neymar ont ainsi prêté leurs traits à des avatars enfantins. "Le principe, c’est qu’en plus de jouer au football, Neymarzinho parle de sport, de famille, d’éducation et de culture", affirme Mauricio de Souza, célèbre dessinateur brésilien à l’origine du projet.

Peu de temps après le triomphe des Pharaons en Coupe d’Afrique des Nations 2010, les téléspectateurs égyptiens ont eu la joie de découvrir le dessin animé Wilad El Eih, mettant en scène les différents joueurs de l’équipe et leur sélectionneur Hassan Shehata. Forte d’une première saison triomphale, la série a même été reconduite en 2011.

Certains créateurs de dessins animés sarcastiques comme Les Simpson ou Les Griffin se font un malin plaisir de croquer les plus grandes stars du ballon rond. Dans un épisode des Simpson, on aperçoit ainsi Ronaldo en train de faire quelques passements de jambes et un petit pont à Homer et le grand Pelé en train de faire la publicité d’une marque de papier sulfurisé avant le match Mexique-Portugal. Dans Les Griffin, c’est Zinedine Zidane qui apporte un gâteau d’anniversaire avant d’exécuter son fameux coup de tête.

Mais ces apparitions ne sont pas l’apanage de la culture occidentale : le défenseur japonais Yuji Nakazawa, qui a disputé les deux dernières éditions de l’épreuve reine avec son pays, a fait une intervention très remarquée dans un épisode de la célèbre série d’animation Shin Chan : "interprétant", non sans humour, le rôle d’un ermite qui enseigne au héros et à ses amis certaines techniques footballistiques.

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