"Pour être un champion, vous devez croire en vous-même quand personne d'autre ne le fait." La philosophie du boxeur américain Sugar Ray Robinson risque fort de devenir la devise de 18 clubs du championnat de France cette saison. Car si elle a souvent été l’une des compétitions les plus indécises d’Europe, la Ligue 1  prend aujourd’hui des airs de Liga espagnole, régulièrement dominée par les deux géants du Real Madrid et du FC Barcelone.

Dans l’Hexagone, les poids lourds ont pour noms Paris Saint-Germain et AS Monaco et la couronne de champion leur semble promise tant leurs budgets, leurs effectifs et leurs possibilités de recrutement sont supérieurs aux autres. Du coup, à quelques heures du coup d’envoi de la saison 2013/14, certains gros bras historiques sont devenus au mieux des outsiders. Mais ils ne partent pas battus d’avance pour autant.

Les prétendants
"Le PSG et Monaco, c'est de l'armement lourd", admet Elie Baup, entraîneur de l’Olympique de Marseille, surprenant deuxième du dernier exercice. "Ils sont armés avec des joueurs de grand talent mais à côté de ça, l'OM n'est pas à l'âge de pierre. On a des atouts qui passent par le collectif. On se doit de lutter pour être sur le podium." Parmi ces atouts, outre des valeurs sûres comme Mathieu Valbuena, André Ayew, Steve Mandanda ou Nicolas Nkoulou,  un recrutement malin, jeune et local, avec le milieu offensif international Dimitri Payet, le milieu défensif Giannelli Imbula, meilleur joueur de Ligue 2 la saison dernière, et le prometteur latéral gauche Benjamin Mendy, international U-19.

Longtemps habitué à endosser le costume du grandissime favori, l’Olympique lyonnais doit désormais se contenter de celui de challenger. C’est avec des armes semblables à celles des Marseillais que les Gones, champions sept fois d’affilée entre 2002 et 2008, espèrent déjouer les pronostics. "Nous aurions bien aimé avoir les mêmes moyens que ces concurrents", confie Rémi Garde, qui entame sa troisième saison sur le banc. "Mais nous tenterons de contester sportivement cette hiérarchie préétablie par rapport à des budgets, avec d'autres atouts qui, pour le moment, sont ceux d'une politique sportive basée sur la formation, un groupe de qualité avec des jeunes ambitieux." C’est le cas de la colonne vertébrale de l’équipe, du gardien Anthony Lopes à l’attaquant Alexandre Lacazette, en passant par le défenseur Samuel Umtiti, le milieu défensif Maxime Gonalons, et le maître à jouer Clément Grenier, tous formés au club.

Les voisins et rivaux de Saint-Etienne espèrent eux aussi avoir leur mot à dire, après une saison réussie en championnat, couronnée par un succès en Coupe de la Ligue, premier trophée des Verts depuis 32 ans. Autres outsiders potentiels, l’OGC Nice qui a obtenu une brillante quatrième place en 2012/13 grâce entre autres à l’expérience de Claude Puel sur le banc et l’efficacité de Dario Cvitanich en attaque, et Lille qui, privé de compétition européenne cette saison, peut se concentrer sur les affaires domestiques. Enfin Rennes, qui a terminé à une décevante 13ème place l’exercice précédent, pourrait titiller les gros bras, grâce notamment à l’arrivée sur le banc de Philippe Montanier, qui vient de réussir le miracle de qualifier la modeste Real Sociedad pour la Ligue des champions de l’UEFA.

Les joueurs à suivre
Nul besoin de présenter l’Uruguayen Edinson Cavani ni le Colombien Radamel Falcao, qui ont rejoint respectivement le Paris Saint-Germain et l’AS Monaco. Du coup, FIFA.com braque son projecteur sur les joueurs qui pourraient briller dans l’ombre des géants pour aider leur équipe à bouleverser la hiérarchie annoncée.

A Marseille, on attend beaucoup de l’association des deux meilleurs passeurs de la saison dernière, le dauphin Dimitri Payet arrivant de Lille pour épauler le maître en la matière, Valbuena. Passé par Nantes Saint-Etienne et Lille, le Réunionnais est aussi à l’aise pour fournir des passes millimétrées que pour terminer les actions, ce qui lui a valu de devenir un habitué des convocations en bleu. Le Lyonnais Clément Grenier, lui, a connu ses premières sélections en juin dernier, mais semble parti pour en collectionner bien d’autres. Le milieu de terrain marche sur l’eau depuis la fin de saison dernière et est reparti sur les mêmes bases cette année, avec une reprise de volée exceptionnelle en amical contre le Real Madrid et le but de la victoire en match qualificatif pour la Ligue des champions de l’UEFA à Zurich contre le Grasshopper.

Saint-Etienne a certes perdu son meilleur buteur Pierre-Emerick Aubameyang, transféré au Borussia Dortmund, mais a recruté deux révélations de la saison dernière, le milieu gauche Franck Tabanou, de Toulouse, et le cerveau de Lorient Benjamin Corgnet, tous deux aux portes de l’équipe de France. A Nice, l’heure est à la confirmation pour l’Argentin Dario Cvitanich, buteur à 19 reprises l’an dernier, tandis que c’est celle du rachat pour Salomon Kalou, auteur d’une saison mitigée après un sacre en Ligue des champions avec Chelsea.

L’Ivoirien pourrait bénéficier de l’arrivée de Florian Thauvin, acteur majeur du sacre français à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Turquie 2013, et dont le talent, la vitesse et la technique rappellent un certain Eden Hazard. Autre espoir passé par le révélateur U-20, mais en 2011, le Portugais Nelson Oliveira, Ballon d’Argent adidas en Colombie, vient renforcer l’attaque de Rennes avec l’expérience de débuts professionnels à Benfica, d’une saison de Liga espagnole avec La Corogne et d’une participation à l’UEFA EURO 2012.

Outre Thauvin, on attend désormais beaucoup des autres champions du monde U-20 brillant dans l’Hexagone, notamment du latéral gauche Lucas Digne au PSG, de son pendant à droite Dimitri Foulquier à Rennes, de  Samuel Umtiti dans l’axe lyonnais, de Kurt Zouma dans celui de Saint-Etienne, ou de Jean Christophe Bahebeck, prêté par le PSG à Valenciennes.

Autant de jeunes promesses qui rêvent de confirmer qu’on apprend beaucoup au contact des grands joueurs. Et ils seront servis dans un championnat où les grands noms se bousculent désormais, ceux de Paris et Monaco faisant figure de favoris, mais surtout d’équipes à battre.