Les passerelles sont rares entre le monde académique et celui du football ne sont pas légions. De grands noms du football mondial poursuivent pourtant leurs études pendant de longues années. FIFA.com s'est intéressé à quelques-uns de ces footballeurs savants.

Ainsi avant son transfert de Saint-Trond à Sunderland, le portier belge Simon Mignolet ne s'est pas tant préoccupé de négocier son salaire ou d'obtenir une belle voiture que de savoir où et comment obtenir son diplôme en sciences politiques. "Quand j'ai commencé ma carrière, mes parents ont exigé que j'aille à l'université", explique l'intéressé. "Ils m'ont simplement conseillé de réfléchir avant de choisir, afin de trouver un cursus compatible avec l'entraînement. Ils tenaient à ce que j'aie plusieurs cordes à mon arc, au cas où les choses ne tourneraient pas comme prévu", ajoute Mignolet, qui parle aujourd'hui cinq langues.

Son coéquipier à Liverpool Glen Johnson a appliqué la même stratégie. En 2012, l'international anglais a révélé qu'il passait deux heures par jour à étudier, en vue d'obtenir un diplôme de mathématique. Juan Mata, lui, fait encore mieux. Il suit deux cursus à la fois : l'un en marketing, l'autre en science du sport. "C'est difficile, mais pas impossible", assure l'Espagnol de Manchester United au micro de FIFA.com. "Le monde du marketing, de la publicité et des nouvelles technologies me passionne. Je ne vois pas pourquoi le football serait incompatible avec ces activités."

Dans la moitié bleu ciel de Manchester, Manuel Pellegrini est surnommé El Ingeniero pour son statut d'ingénieur des travaux publics tout ce qu'il y a de plus officiel. Le Chilien a obtenu son diplôme pendant sa carrière de joueur et il a même exercé cette profession quelque temps, avant d'endosser la fonction d'entraîneur. D'autres habitués des bancs de touches anglais possèdent également un solide bagage universitaire. Arsène Wenger a passé son diplôme d'économie alors qu'il jouait encore à Mulhouse. Roberto Martinez pourrait exercer en tant que kinésithérapeute en toute légalité, après avoir réussir ses examens du temps où il portait les couleurs de Saragosse. Ironie du destin, il exerce aujourd'hui à Everton, dont l'un des surnoms est l'École des Sciences...

Andrés Iniesta s'intéresse lui à la biologie, à travers son cursus de science du sport. Le champion du monde a déjà fait savoir qu'il comptait diriger un jour l'exploitation viticole qu'il possède avec sa famille. Parmi les footballeurs étudiants, citons également le Français Aurélien Collin, du Sporting Kansas City, qui suit actuellement un cursus de créateur de mode en ligne, et l'Arménien Henrikh Mkhitaryan, qui a débuté des études d'économie alors qu'il portait les couleurs du Shakhtar Donetsk. "J'étudie car je crois qu'il est important de continuer à apprendre tout au long de sa vie", se justifie le milieu de terrain du Borussia Dortmund.

Le Brésilien Socrates nous a malheureusement quittés, mais il reste encore aujourd'hui considéré comme l'un des plus fins esprits de l'histoire du football. Le meneur de jeu avait en effet passé avec succès le concours pour devenir médecin. Docteur Socrates s'est refusé à passer professionnel avant d'avoir terminé ses études, à l'âge de 25 ans. Après avoir raccroché les crampons en 1989, il s'est installé à Ribeirao Preto pour pratiquer son - autre - art. "J'ai rencontré des gens qui souffraient énormément et d'autres qui se trouvaient à l'autre bout de l'échelle et qui avaient tout", avait raconté Socrates. "J'ai pu voir les deux faces de la société dans laquelle nous vivons."  

Jim Craig a connu un parcours similaire. L'ancien défenseur s'est engagé au Celtic en tant qu'amateur car il venait d'être admis à l'université de Glasgow. Une fois son diplôme en poche, il est passé professionnel et a remporté la Coupe d'Europe des Clubs Champions 1967 avec les Bhoys.

À l'image de Socrates et Craig, de nombreux footballeurs ont fait le choix de poursuivre des études supérieures en menant de front leur carrière de joueur. Certains ont même connu un succès retentissant dans les deux domaines. Carlos Bilardo et Raul Madero ont fait les beaux jours d'Estudiantes - un club au nom particulièrement bien adapté ! -, avec lequel ils ont remporté deux fois de suite la Copa Libertadores à la fin des années 60. Le premier a ensuite mené l'Argentine par deux fois en finale de la Coupe du Monde de la FIFA, en 1986 et 1990, et obtenu un titre mondial. Le second siège aujourd'hui à la Commission Médicale de la FIFA. Il a lui aussi participé aux deux mêmes éditions de l'épreuve suprême, en tant que médecin.

Deux membres de la fameuse Quinta del Buitre, Emilio Butragueño et Manuel Sanchis, ont suivi des études d'économie et passé avec succès leur maîtrise. Le premier travaille maintenant dans le management sportif, le deuxième dans les affaires internationales. Un autre ancien Madrilène, José Martinez Sanchez, plus connu sous le nom de Pirri, a remporté dix titres avec le Real entre 1964 et 1980. Il est ensuite devenu docteur et a même fait partie de l'équipe médicale de son ancien club dans les années 80.

Au Portugal, la ville de Coimbra abrite l'une des plus anciennes universités au monde, qui a ouvert ses portes en 1290. L'Academica, le club local, a aligné par le passé des équipes entièrement constituées d'étudiants. Cette tradition a perduré jusqu'au milieu des années 70. Les joueurs sont toujours surnommés les Estudantes et les supporters sont majoritairement issus des rangs des étudiants de la fameuse université de Coimbra.

Les hommes ne sont évidemment pas les seuls à briller le stylo à la main. Eniola Aluko a passé l'équivalent d'un baccalauréat d'histoire le matin du match opposant l'Angleterre au Danemark, au premier tour de l'UEFA EURO Féminin 2005. Alors âgée de 18 ans, la jeune fille a débuté la rencontre sur le banc, avant d'entrer en jeu après la pause. "Je ne ferai jamais passer mes études au second plan car elles représentent le socle sur lequel je construits ma vie. Mais le football est ma passion, mon choix et mon art de vivre", assure-t-elle.  

Effectivement, le football est un choix de vie pour de nombreuses personnes à travers le monde. Des initiatives comme generation adidas se proposent de veiller sur les jeunes talents en les incitant à s'inscrire dans les universités américaines, afin de pouvoir acquérir d'autres talents, au cas où leur carrière ne se déroulerait pas comme prévu...