Un but décisif dans les arrêts de jeu, un arrêt-réflexe dans une séance de penalties, un tacle glissé dans les 16 mètres à l’ultime seconde de jeu : les footballeurs aiment enfiler leur costume de héros. Un dribble, une passe décisive, un joli geste défensif, ils ont le "super pouvoir", en une action, d’enchanter tout un stade. Musclés, célébrés, parfois adulés, ils sont pour ainsi dire des super-héros…

Par son nom, Antoine Griezmann semblait presque prédisposé à époustoufler les foules avec ses exploits. Il vient de faire un pas de plus dans cette voie puisque l'attaquant de l'Atlético de Madrid et finaliste de The Best Joueur de la FIFA 2016 a annoncé qu'il sera la voix de Superman dans la version française du film Lego Batman. Il sera aux côtés de Blaise Matuidi, son coéquipier chez les Bleus, qui lui incarnera Flash.

Mais le plus célèbre des footballeurs-super-héros reste Givanildo Vieira de Souza. Plus connu sous le nom de Hulk, l’attaquant brésilien terrorise les défenses depuis ses débuts en 2004 sous le maillot de Vitoria, jusqu’à aujourd’hui, au Zénith Saint Pétersbourg. "Je tiens mon surnom de mon enfance, quand j'avais trois ans," a-t-il confié au micro de FIFA.com. "J'aimais beaucoup ce personnage, Hulk. Je disais souvent à mon père que j'étais fort, que j'avais des muscles. Il me répondait : 'Alors tu es comme Hulk'. Et ça m'est resté. Ensuite, j'ai grandi pour finalement avoir un physique imposant. C'est bien tombé !"
 

Hulk n’est toutefois pas le seul super-héros sur la planète football. Ils sont quelques-uns à avoir hérité de sobriquets empruntés à l’univers Marvel. On a pu donc tour à tour suivre les aventures de Batman (Mateja Kezman, Marco Simone), Captain America (Claudio Reyna), Superman (Gianluigi Buffon, Enner Valencia), Iron Man (Marcelo Balboa et Sean Fallon), Spiderman (Jonas Gutierrez et Walter Zenga), ou encore de l’homme élastique (Matuidi) sur les pelouses du monde entier.

Spécificités mentales pour certains (Reyna) ou physiques pour d’autres (Matuidi), ces surnoms n’ont jamais été donnés par hasard. Quoique… "Cela vient d’un coup marketing lorsque j’évoluais au PSV Eindhoven. Dans une publicité à la télé, ils ont mis la musique de la série et ont ensuite fait le rapprochement entre Kezman et Batman. Comme cela a tout de suite plu aux fans, ça a fini par rester. C’est assez comique, mais cela me plait," a expliqué l’attaquant serbe.

De son côté, le défenseur américain Marcelo Balboa (128 sélections, 13 buts) a été le premier joueur de l’histoire des Etats-Unis à atteindre la barre des 100 sélections. C’est pour sa longévité, sa fiabilité et sa robustesse qu’il a gagné auprès de ses fans le surnom d’Iron Man. Un surnom qui aurait d’ailleurs pu parfaitement aller à Jonas Gutierrez, revenu récemment sur les pelouses anglaises après avoir soigné un cancer des testicules. Mais le milieu de terrain argentin est surnommé Spiderman. "J'ai vu le film au cinéma, quand j'étais à Majorque. Puis J’ai sorti le masque plusieurs fois en Championship pour célébrer des buts. Tout est parti de là", a-t-il avoué au micro de FIFA.com.

Il faut croire que le film en a inspiré d’autres, à commencer par le fils de l’Equatorien Otilino Tenorio. Fan de l’homme-araignée, il a demandé à son papa de célébrer chacune de ses réalisations en arborant le masque de son héros préféré. Tenorio s’est exécuté, gagnant le surnom de Mask-man, et variant les couleurs du masque selon les maillots portés. Après le décès de Tenorio survenu en mai 2005 suite à un accident de voiture, son coéquipier au Club Sport Emelec, Ivan Kaviedes lui a rendu hommage à la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, en inscrivant un but face au Costa Rica lors du dernier match de la phase de groupe…et en enfilant un masque jaune, aux couleurs équatoriennes.
 
Spiderman, Batman, et Jackman
Autres Spidermen, autres coéquipiers, autres hommages…
L’ancien gardien de but de Saint-Etienne Jérémie Janot a lui revêtu le costume intégral du super-héros à l’occasion d’un match face à Istres en 2005. Après le transfert au Mans de l’emblématique portier des Verts, son ancien partenaire et ami Pierre-Emerick Aubameyang a alors tenu à lui rendre hommage quelques mois plus tard, en sortant le fameux masque bleu et rouge pour célébrer un but.

Il réitèrera son geste sous le maillot de Dortmund plus tard, après un but inscrit face au Bayern Munich en Supercoupe d’Allemagne, en août 2014. "Heureusement, ce but nous a aidés à gagner. Sinon, on lui aurait flanqué une bonne raclée", avait alors soufflé le milieu de terrain Sebastian Kehl. Et son directeur sportif Michael Zorc d’ajouter : "Si cela reste le fait d’une seule fois, pas de problème. Mais quand il écope d’un carton jaune pour ça, ce n’est plus drôle. On n’a pas besoin de ça toutes les semaines."

Aubameyang attendra donc quelques mois pour se signaler à nouveau. En février 2015, lors du derby de la Ruhr face à Schalke 04, il marque et enfile le masque… de Batman, Marco Reus, son compère d’attaque prenant lui celui de Robin. "Si vous ne saviez pas qui étaient Batman et Robin, vous le savez maintenant !", a lancé l'international gabonais, après son cinquième but en quatre matches. En 1977, 22 ans avant la naissance du Gabonais et de l’Allemand, le Gallois John Toshack et l’Anglais Kevin Keegan avaient toutefois enfilé les costumes de ces héros pour les besoins d’une photo, et acquis du même coup leurs surnoms en référence à leur complicité sur le terrain sous le maillot de Liverpool, de 1971 à 1977.

Mais il n’y a pas toujours besoin d’un surnom ou d’un masque pour se mettre dans la peau d’un super-héros. Des dons extraordinaires peuvent suffire. Cristiano Ronaldo et ses 3 000 abdos par jour, le défenseur d’Arsenal Hector Bellerin et ses 4,41 sec sur 40 mètres - soit mieux qu'Usain Bolt sur les 40 premiers mètres de son record du monde du 100 mètres en 2009 -, l'indestrucible Carles Puyol et ses 35 blessures sans réelle incidence sur sa carrière, ou encore le Turc Hami Mandirali et sa frappe de balle mesurée à 266 Km/h peuvent en témoigner. "Messi enfile une tenue de footballeur, et c’est un Super héros !", résumait de son côté Jorge Valdano, ancien international argentin.

Les footballeurs et leurs super pouvoirs peuvent-ils donc rivaliser avec les Avengers ? Rien n’est moins sûr à en croire l’acteur australien Hugh Jackman, Wolverine à l’écran, interrogé récemment par FIFA.com : "Wolverine pourrait faire de sérieux dégâts au poste de milieu de terrain. Même Messi ne se risquerait pas à aller au duel avec lui !"