Cela fait maintenant cinq ans que Jiayi Shao arpente les terrains de Bundesliga. En effet, c'est à l'été 2002 que l'international chinois, qui avait auparavant disputé 66 matches sous les couleurs de Guo'an Pékin, s'est engagé en faveur de Munich 1860, qui évoluait à l'époque en première division.
Considéré comme un simple remplaçant à son arrivée en Allemagne, le jeune Chinois s'impose petit à petit au sein du groupe, jusqu'à disputer 25 des 34 rencontres de la campagne 2004/05 des Lions en deuxième division . Sa réussite ne laisse pas indifférent et Jiayi Shao part donc dès la saison suivante relever un nouveau défi à l'Energie Cottbus. FIFA.com est allé interroger ce père de famille de 27 ans sur ses objectifs à court terme avec la Chine, ainsi que sur les perspectives d'avenir du football chinois.
Jiayi Shao, en 2002, la RP Chine a connu la première
qualification de son histoire pour la Coupe du Monde de la FIFA. La
compétition préliminaire pour Afrique du Sud 2010 vient de débuter
et votre net succès devant Myanmar semble de bon augure pour la
suite. Quelles sont les ambitions de la Chine dans ces
éliminatoires ?
Nous voulons être présents en Afrique du Sud. Notre
objectif est de nous qualifier pour la phase finale. Nous étions
passés à côté de notre sujet en 2006 mais aujourd'hui, nous
sommes bien décidés à faire valoir nos arguments face aux
meilleures équipes du continent. Nos principaux rivaux ont acquis
une expérience précieuse en participant à la dernière Coupe du
Monde. Je pense néanmoins que, si nous nous concentrons sur nos
points forts, nous aurons de bonnes chances de fêter notre deuxième
qualification.
Pourtant, la RP Chine n'a guère brillé lors de la
récente Coupe d'Asie. Comment expliquez-vous cette défaillance
?
Le match décisif contre l'Ouzbékistan nous a
coûté cher. Lors des deux premiers matches, nous avions livré des
prestations intéressantes. Malheureusement, nous avons commis
l'erreur de sous-estimer notre adversaire et nous avons donc
abordé cette rencontre dans de très mauvaises conditions. Notre
manque d'expérience du très haut niveau nous a sans doute été
préjudiciable. En tout cas, je ne pense pas que notre parcours
reflète notre véritable valeur. La RP Chine reste la cinquième
formation asiatique derrière le Japon, l'Iran, la République de
Corée et l'Arabie Saoudite. En outre, nous disposons d'un
groupe jeune qui a encore un bel avenir devant lui.
Le Serbe Vladimir Petrović a récemment succédé à Zhu
Guanghu à la tête de l'équipe nationale. Comment ce changement
se traduit-il dans votre travail au quotidien ?
Pour tout vous dire, je n'ai pas encore eu
l'occasion de rencontrer le nouveau sélectionneur, car je suis
actuellement victime d'une blessure au pied. Toutefois, nous
avons longuement évoqué la situation dans laquelle se trouve le
football chinois, à l'occasion d'une conversation
téléphonique. Il m'a assuré que, dès que je serai à nouveau sur
pied, je ferai partie intégrante du groupe sur lequel il compte
s'appuyer. Notre entraîneur connaît bien le football chinois [
Petrović a remporté le doublé en 2005 avec Dalian Shide],
ce qui devrait lui permettre d'identifier rapidement nos forces
et nos faiblesses et de mettre en place une stratégie
appropriée.
Avec 43 sélections à votre actif, vous comptez maintenant
parmi les cadres de cette équipe de Chine. En outre, à 27 ans, vous
atteignez actuellement l'apogée de votre carrière. Comment
évaluez-vous votre propre rôle au sein de la sélection ?
C'est toujours un honneur de jouer pour son
pays. Je crois que je peux faire bénéficier mes partenaires de ma
bonne technique individuelle, ainsi que de mon expérience du haut
niveau. Cela fait maintenant cinq ans que je joue en Bundesliga et
je pense avoir beaucoup progressé au cours de cette période.
Parlons un peu de la sélection chinoise. Selon vous, quels
sont vos points forts à l'heure actuelle ? Dans quels domaines
pouvez-vous encore progresser ?
Tous nos joueurs disposent désormais d'un
solide bagage technique. En outre, l'ambiance au sein du groupe
est excellente. En revanche, nous manquons encore un peu de vécu à
ce niveau de la compétition. Le fait de disputer des rencontres
face à des équipes comme l'Allemagne, l'Italie ou la France
nous serait sans doute bénéfique. Certes, nous jouons déjà
régulièrement contre des formations européennes de bon niveau, mais
nous devons sans cesse nous mesurer aux meilleurs si nous voulons
progresser.
Voilà maintenant plusieurs années que vous évoluez en
Europe. En tant qu'Asiatique, avez-vous connu des difficultés à
vous adapter à ce changement, que ce soit sur le plan personnel ou
sportif ?
A mon arrivée en Allemagne, j'ai eu beaucoup de
mal avec la langue. Le chinois et l'allemand n'ont vraiment
pas grand-chose en commun. Sur le plan sportif, j'ai vite
découvert que l'engagement physique était beaucoup plus
important qu'en Chine. Il a fallu que j'apprenne à me
replacer et à défendre, ce qui n'était pas évident pour moi au
départ. Mais, depuis, j'ai parfaitement intégré ces contraintes
et je me sens désormais très à l'aise.
La Coupedu Monde Féminine de la FIFA, Chine 2007 vient de se
terminer. Quelle influence ce tournoi aura-t-il sur le
développement du football dans votre pays ?
On a vu en 2006 toute l'importance que pouvait
revêtir une Coupe du Monde. Pendant près d'un mois, le monde
entier a eu les yeux rivés sur l'Allemagne. Nous avons connu le
même phénomène en Chine avec la Coupe du Monde Féminine. Cette
compétition a rencontré un franc succès auprès du public. Je suis
certain que le spectacle proposé va convaincre de nombreux enfants
de se mettre à la pratique du football.
La RP Chineest assurée de participer au Tournoi Olympique de Football,
Pékin 2008 en tant que pays organisateur. Quel rôle peut-elle
espérer y jouer ?
Personnellement, j'ai très envie d'y être.
Je tiens absolument à faire partie de l'équipe. Je suis
originaire de Pékin et les Jeux Olympiques m'ont toujours
fasciné. Si nous pouvions accéder aux quarts ou aux demi-finales,
ce serait déjà formidable.
La Super Leaguechinoise est très serrée cette année. Quelques points
seulement séparent le leader du classement du cinquième. Guo'an
Pékin, votre ancien club, fait partie du peloton de tête. Alors,
selon vous, qui sera champion ?
C'est difficile à dire, car je suis le
championnat d'assez loin, mais j'espère évidemment que mon
ancienne équipe pourra triompher. Avec les Jeux Olympiques qui se
profilent à l'horizon, Pékin aurait tout intérêt à décrocher ce
titre.
