La FIFA revient d'un voyage au cœur de l'Afrique. Du désert tchadien aux faubourgs de Kigali en passant par la République Centrafricaine, l'immense République Démocratique du Congo et l'enthousiaste Burundi, Joseph S. Blatter a sillonné les associations africaines et leurs projets Goal. Au pas de charge, le voyage du Président de la FIFA s'est terminé par l'annonce du lancement d'un projet global : "Goal Africa". En route.

Cinq jours, cinq pays visités et de nombreuses inaugurations d'infrastructures ou poses de la première pierre réalisées dans le cadre du programme Goal de la FIFA. Autant d'opportunités que saisit le Joseph S. Blatter pour marteler son message : "le programme Goal participe au développement de la pratique du football, notamment chez les jeunes. Or, le football est l'école de la vie. Il apprend la discipline, le respect. On y apprend à gagner mais aussi à perdre, ce qui est bien plus difficile. En jouant, on ne devient pas forcément un grand champion mais on devient un meilleur citoyen, un meilleur homme, une meilleure femme. Or, la jeunesse constitue une part prépondérante de la population sur ce continent ".

Pays Visités
TchadRépublique centrafricaineCongo RDBurundiRwanda

Pays traversés
Délégation FIFA
Joseph S. Blatter, Président de la FIFA
Amadou Diakité, membre des comités exécutifs de la FIFA et de la Confédération Africaine de Football (CAF)
Jérôme Champagne, secrétaire général adjoint de la FIFA
Pascal Torres, en charge des programmes de développement de la FIFA.
Guy-Phillipe Mathieu, assistant du Président de la FIFA
Jean Manga Onguene, officiel de Développement à la FIFA (Yaoundé)
André Fernand Bounougou Fouda, assistant de M.Onguene (Yaoundé)
Sampon Kablan, officiel de Développement à la FIFA (Abidjan)
Jean-Michel Bénezet, (conseiller technique)
Invité: Thomas Schifferle (Tages-Anzeiger)

Un couplet entonné aux quatre Chefs d'Etat qui ont reçu le Président de la FIFA. Seul Paul Kagamé n'a pas reçu Joseph S. Blatter et sa délégation : le Président de la République rwandais se trouvait hors du pays lors du passage de la délégation de la FIFA à Kigali… Mais il avait mandaté son Premier ministre, Bernard Makuza.

Les portes des plus hautes autorités politiques se sont ouvertes pour la FIFA, qui a ainsi plaidé pour une coopération harmonieuse entre les gouvernements et les fédérations de football et mis en garde contre les tentations d'ingérence, contraires aux statuts de l'organisation faîtière du football mondial.

Les Grands Lacs pour la paix
La participation des institutions politiques à l'essor de la pratique du football, en construisant notamment des stades, est bien entendu souhaitée. A Joseph Kabila, Président de la République de la RD Congo, à Domitien Ndayizeye, son homologue burundais ainsi qu'à Bernard Makuza, Blatter a soumis l'idée d'un Tournoi des Grands Lacs pour la paix.

Une épreuve quadrangulaire qui associerait leur voisin ougandais et s'adresserait aux équipes nationales de jeunes. A la base de ce projet : la conviction que le football contribue à l'équilibre de la région, une idée qui a séduit.

Autre volet majeur du discours présidentiel, la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du sud 2010. L'événement porte-drapeau du football mondial se jouera pour la première fois sur le sol africain dans cinq ans. A chacune de ses interventions, le Président de la FIFA a tenu à faire part de sa joie profonde.

Sitôt la décision d'octroyer la Coupe du Monde de la FIFA à l'Afrique rendue publique, "certains, notamment en Europe, ont fait la moue. Ils redoutaient un déclin des revenus engendrés par la Coupe du Monde de la FIFA. Depuis, nous sommes allés sur les marchés du marketing et des droits de retransmission audiovisuelle. Et qu'avons-nous constaté ? Les recettes tirées de nos partenaires économiques seront supérieures en 2010 par rapport à 2006. Le football et la FIFA ont fait confiance à l'Afrique ! Et les marchés nous ont suivis car ils partagent ce sentiment."

Projets Goal:
10 avril : Pose de la première pierre du centre technique de formation à N'Djaména (Tchad)

11 avril : Inauguration du Siège de la Fédération et rénovation d'un stade à Bangui (République centrafricaine)

12 avril : Inauguration du Centre technique national à Kinshasa (RD Congo)

13 avril : Pose de la première pierre du siège de la Fédération à Bujumbura (Burundi)

14 avril : Inauguration du siège de la Fédération et du centre technique national à Kigali (Rwanda)

L'engouement populaire
Cette confiance témoignée, les populations n'y sont pas restées étrangères et à chaque étape, la délégation de la FIFA était reçue en grande pompe avec des "honneurs réservés à un Chef d'Etat", comme le notait à N' Djaména Jérôme Champagne, diplomate français de formation.

Il en fut ainsi dans les cinq pays visités. Ministre des Sports, parfois Premier ministre, tapis rouge, foule en liesse, percussions, chants, danses folkloriques, boubous chatoyants et banderoles de bienvenue : autant de prémices d'une fête qui durerait aussi longtemps que le Président de la FIFA serait présent et avant de recommencer à la prochaine étape.

Partout, la reconnaissance était immense. La soirée de gala organisée dans un restaurant de " Bangui-la-Coquette" tel qu'on surnomme la capitale centrafricaine ; le soutien de cet homme de Bujumbura muni d'un porte-voix pronostiquant sur l'avenir du Président de la FIFA : "mandat prochain ? Blatter !". "On aime l'Afrique avant tout pour ses hommes", avait prévenu Pascal Torres, 20 ans sur le continent africain à son compteur.

Cette Afrique, Joseph S. Blatterlui-aussi la connaît et l'aime. Dès son arrivée à la FIFA il y a trente ans, la mise en place de programmes de développement du football à travers le monde avait constitué son premier chantier. Il avait démarré par le continent africain. "Je me considère toujours à ce jour comme le premier officier de développement de la FIFA", répète-t-il à l'envi.

Accompagner, pas substituer
Depuis ses premiers pas dans le développement du football, les choses ont évolué de manière considérable. Elu à la tête de la FIFA en 1998, il lançait dès l'année suivante le programme Goal dont plus de 170 associations membres ont bénéficié à ce jour.

Certaines d'entre elles en sont à leur deuxième projet. En Afrique, 49 associations sur 52 ont déjà reçu l'aval du Bureau Goal pour bénéficier d'au moins un projet. En se rendant en Afrique sub-saharienne, le Président de la FIFA a eu la confirmation de la pertinence de sa conviction : la voie du développement du football est la bonne.

Elle aide à la pratique du football, notamment par les jeunes. Elle permet aussi de réduire le fossé séparant les nations en proie à d'intenses difficultés et celles plus prospères. Les cinq pays visités sont ainsi classés parmi les 20 derniers - sur un total de 177 dans le monde- et même dans le dernier tiers des 50 pays africains selon l'indicateur de développement humain du PNUD, Programme des Nations Unies pour le développement.

Néanmoins, le Président de la FIFA a souligné que le développement ne saurait se limiter à la concrétisation de projets financés par la FIFA. "Aide-toi, le ciel t'aidera", a-t-il ainsi déclaré. Une façon de rappeler que la FIFA a une mission d'accompagnement, non de substitution.

"Le programme Goal, c'est la vraie relation Nord-Sud. C'est du concret, du tangible. Un grand merci à la FIFA !", commentait quant à lui Claude Le Roy, l' entraîneur-sélectionneur français de la RD Congo. A la faveur du succès de ce programme, Joseph S. Blatter annonçait dès les premières heures de son séjour sub-saharien le lancement prochain de "Goal Africa".

L'idée est de monter une opération spéciale dans le cadre du développement du football en Afrique dès la fin du deuxième cycle de projets Goal (2003-2006) et d'ici 2010. Pour associer toutes les fédérations africaines au plus grand événement sportif jamais organisé sur leur continent : la Coupe du Monde de la FIFA 2010.