La campagne "20 centres pour 2010" lancée lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™ promettait de construire 20 centres Football for Hope dédiés à la santé publique, à l’éducation et au football dans des communautés défavorisées du Continent Mère. Jusqu’à présent, six établissements sont déjà sortis de terre et un septième centre verra le jour en décembre prochain au Burundi. Il sera géré par l’association suisse Terre des Hommes et son partenaire au niveau local, Giriyuja.

"Nous sommes très heureux de compter Giriyuja et Terres des Hommes comme hôtes de l'un des 20 centres Football For Hope", annonce Fédérico Addiechi, directeur du département Responsabilité Sociale de la FIFA. "Leur expérience et leur excellent travail au Burundi nous ont impressionnés. Nous sommes confiants dans le fait que notre collaboration sera fructueuse et que le centre Football For Hope de Kabondo contribuera au bien-être de la jeunesse du Burundi."

Grâce à ce projet, quelques-uns des 2 500 enfants qui vivent dans les rues de la capitale Bujumbura bénéficieront d’un soutien et d’un accompagnement pour surmonter leurs difficultés quotidiennes et trouver leur place dans la société. "Le Burundi est l'un des pays les plus pauvres au monde. Il précède seulement le Niger et la RD Congo selon le classement du Programme des Nations Unies pour le Développement ", explique à FIFA.com Jérôme Combes, délégué de Terre des Hommes au Burundi. "Avec plus de 80% de la population vivant en zone rurale, ce qui laisse présager un fort exode rural à venir, le principal besoin pour les enfants est l'accès aux services de base comme la nourriture, le logement, les soins et l’éducation", précise-t-il. "Surtout pour les enfants ayant quitté leur famille, qui sont aujourd’hui des enfants travailleurs, domestiques, ou en situation de rue."

Comme souvent dans ce genre de situation, le football est l’une des rares choses qui permet ux enfants d’oublier les difficultés du quotidien. Du coup, il est aussi l’outil le mieux adapté pour favoriser leur développement personnel et leur permettre d’espérer un avenir meilleur que leur présent. "Le football sera le lien fédérateur du centre", annonce Combes, qui a plus de 12 ans d’expérience dans les programmes de développement en Afrique, notamment en Sierra Leone, en Éthiopie, au Burkina Faso ou au Soudan. "Giriyuja utilise déjà le football comme outil de développement social à travers des séances d'éducation à la santé et des activités de sensibilisation. Le futur centre aura pour but la socialisation des enfants vulnérables à travers des activités socio-éducatives communautaires centrées autour du football."

L’intégration sociale par le football
Le centre, qui ouvrira ses portes dans le quartier de Kabondo fin 2013, accueillera entre 50 et 100 enfants par jour. Des activités seront proposées pour les enfants des rues, de la commune et des écoles.  Dans ce pays ravagé par les guerres civiles et le virus du SIDA, la priorité de Terre des Hommes est de faciliter l’accès aux services de base que sont la santé et l’éducation - avec la mise en place d’une salle de consultation et de classes d’alphabétisation en kirundi et en français, ainsi que des cours d’anglais -, mais l’organisation entend également se servir du football pour promouvoir leur intégration sociale.

Giriyuja travaille depuis six ans auprès des enfants en situation de rue en organisant des activités sur un terrain de football équipé d’un conteneur. Grâce au projet Football For Hope, cette structure temporaire sera transformée en véritable centre communautaire afin de renforcer les activités autour du football. Celles-ci prendront la forme d’entrainements, de cours d’arbitrage et d’éducation physique, mais sur le fond, auront pour but de redonner confiance à des enfants en grande difficulté, sans réelle perspective d’avenir, voire menacés par les risques d’exploitation ou de trafic.

En plus de cet objectif de protection à long terme, le centre est conscient de la nécessité d’aider les enfants dans leurs difficultés actuelles. Ainsi, un centre d’écoute destiné aux besoins des enfants vulnérables ou traumatisés leur permettra de bénéficier d’un suivi assuré par des psychologues et des travailleurs sociaux, et un système de référencement sera mis en place pour répondre de manière individuelle aux enfants en fonction de leurs besoins.

Un exemple à suivre
Si la FIFA est à l’origine du programme et en assure le financement, la municipalité de Bujumbura et le Ministère des Sports ont mis à disposition le terrain où sera construit l’édifice. Quant à la gestion au quotidien, elle bénéficiera de l’expertise de Giriyuja et de ses partenaires. "De nombreux acteurs nous accompagneront", confirme Jérôme Combes. "La Mairie de Bujumbura, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, le Ministère de la Solidarité nationale, la Fédération de Football Burundaise, la  Commune de Kabondo, l’UNICEF, plusieurs ONG, les écoles du quartier et le club de football de Kabondo."

Surnommé la "Petite Suisse de l’Afrique", le Burundi, qui reçoit depuis 1985 l’aide de Terre des Hommes, est un terrain connu pour l’association helvétique, dont l’objectif est de venir en aide aux enfants dans le besoin, particulièrement dans les situations de conflits, de guerres, ou de catastrophes naturelles. Filière locale de Terre des Hommes créée en 2006, Giriyuja milite pour la protection et la défense des droits des enfants en difficulté.

Comme un symbole de l’efficacité et de l’engagement de l’association, Wenceslas Nyabenda, aujourd'hui coordinateur technique de Giriyuja était lui-même un enfant de la rue qui a bénéficié des programmes d’aide de Terre des Hommes. "Il a été enfant des rues et a été accueilli en 1998 au centre de Terre des Hommes où il a bénéficié d'une formation", raconte Combes, diplômé de l’Université de Franche-Comté. "Il est devenu un grand frère du centre puis a été formé pour devenir assistant social, position qu'il a occupée jusqu'en 2006, Le projet ‘Enfants en Situation de Rue’ s'est transformé en l'ONG locale Giriyuja et Wenceslas y travaille depuis 2007".

On imagine donc sa satisfaction lorsque le centre Football For Hope de Kabondo ouvrira ses portes en décembre prochain. Une inauguration qui ne sera pas un aboutissement, mais seulement une première étape, puisque Terre des hommes et Giriyuja sont déjà à la recherche de financement pour développer le centre, en y intégrant notamment un projet de scolarisation, une cantine et un centre d’hébergement. "Pour ce qui est de l'impact à long terme, le centre devrait permettre de sortir des enfants de leur situation de rue en leur adressant des réponses adaptées aux différents problèmes rencontrés", espère Jérôme Combes en guise de conclusion.