Depuis sa révélation en 2003, Lemar est un habitué de la scène musicale anglaise. Le chanteur soul et pop assure actuellement la promotion de son nouvel album, mais son calendrier chargé ne l'empêche pas d'avoir d'autres préoccupations. Natif du nord de Londres, il suit avec intérêt le parcours de son club de cœur, Tottenham.

Né à quelques mètres de White Hart Lane, l'homme au disque de platine livre à FIFA.com ses impressions sur le retour au premier plan de l'un des géants du football anglais. Il évoque également ses souvenirs d'enfance de Paul Gascoigne et nous explique pourquoi Neymar pourrait bien mettre un terme à la domination de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sur le FIFA Ballon d'Or.

Lemar, quand avez-vous commencé à suivre Tottenham ?
J'ai grandi dans le quartier, à quelques mètres du stade. Je suis devenu supporter des Spurs un peu par défaut : tout le monde dans ma famille aimait Tottenham. Je ne me souviens même pas d'avoir choisi ! C'est donc tout naturellement que j'ai suivi le club. Quand il y avait un match à domicile, j'entendais tout ce qui se passait depuis la fenêtre de ma chambre.

Vous avez grandi à une époque où les stars se bousculaient dans les rangs des Spurs : Paul Gascoigne, Chris Waddle, Gary Lineker, Osvaldo Ardiles…
Ah Gazza… Pour moi, il reste l'un des meilleurs joueurs au monde. À ce jour, je le considère toujours comme l'un des plus grands footballeurs de l'histoire de Tottenham et de l'Angleterre. Un talent comme le sien n'avait pas son pareil. J'étais en tribune récemment pour regarder un match avec Ossie Ardiles. C'était la grande époque. Nous avions de grands joueurs. Mais pour être franc, nous ne sommes pas trop à plaindre en ce moment non plus !

Que pensez-vous du travail réalisé par Mauricio Pochettino actuellement ?
Je suis ravi ! Il n'y a rien à redire. L'équipe est jeune, elle a du potentiel et lentement mais sûrement, elle commence à trouver ses marques. Il nous manque un attaquant, alors je pense que nous allons davantage souffrir pendant la deuxième moitié de la saison, quand les jambes vont commencer à se faire lourdes. Les débuts ont été un peu poussifs, mais chaque victoire renforce la confiance et consolide les liens au sein du groupe. À une époque, nous changions trop souvent d'entraîneur. C'est une bonne chose de faire confiance aux jeunes, de leur permettre de progresser… et de les garder chez nous !

Quand Harry Kane a traversé une période difficile en début de saison, vous êtes-vous inquiété ou avez-vous toujours cru en lui ?
Je suis resté derrière lui. Certaines personnes se demandaient s'il avait vraiment du talent ou s'il avait simplement brillé le temps d'une saison. Moi, j'ai toujours cru qu'il allait retrouver son niveau. C'est à ça qu'on reconnaît un grand joueur ; il faut être capable de supporter toute cette pression. Un grand footballeur montre de quoi il est capable quand la pression est à son maximum. On l'a vu pendant les Championnats du monde d'athlétisme, quand Usain Bolt a couru contre Justin Gatlin. Gatlin était le plus rapide mais sous la pression, il a craqué.  

Que pouvez-vous raisonnablement attendre de cette saison et quel serait votre rêve ?
Le rêve, ce serait de finir à la première place ! Si possible, il faudrait qu'Arsenal finisse sixième ou quelque chose comme ça ! Mais franchement, la quatrième place, ce serait déjà bien. Il faudrait pour ça que nous enchaînions les bons résultats et que nous trouvions un attaquant supplémentaire. En l'absence d'une nouvelle recrue, je ne sais pas si nous pourrons aller au-delà de la cinquième place. J'espère vraiment que nous accrocherons la quatrième. Ce serait fabuleux, compte tenu du fait que nous avons souvent fini juste derrière.

Vous avez chanté devant des milliers de personnes dans de grands stades comme l'O2 Arena. Le mélange d'adrénaline et de stress que vous avez pu ressentir à cette occasion a-t-il quelque chose à voir avec ce que vivent les footballeurs ?
Je crois que c'est assez proche. Un attaquant ou un gardien de but qui arrête un penalty ne sont sans doute pas loin d'un artiste qui entre en scène. Je ne sais pas d'où ça vient, si c'est de l'amour, mais l'énergie de tous ces gens qui sont derrière vous est inexplicable. C'est pour ça que les buteurs aiment tellement marquer. Ce n'est qu'un but, mais l'euphorie qu'on partage avec ses supporters est absolument extraordinaire. Pour dire les choses de manière plus simple, les êtres humains aiment qu'on les aime.

D'après vous, qui va remporter le FIFA Ballon d'Or ?
Mon favori, c'est Lionel Messi. Pour moi, il est toujours le joueur de l'année. Il fait des choses incroyables d'une manière incroyable. Cette saison, il a été un peu blessé et il a connu quelques baisses de régimes. Cristiano Ronaldo va peut-être finir devant lui mais en ce qui me concerne, Messi reste le boss.

Pourrions-nous assister à la fin de la domination du duo Messi-Ronaldo ?
Je crois que Neymar sera favori l'année prochaine. Jusqu'à présent, Messi et Ronaldo étaient largement devant, mais Neymar a haussé le ton. Je ne sais pas s'il s'est retrouvé sur le devant de la scène à cause de l'absence de Messi. En tout cas, tout laisse à penser qu'il possède le même talent que Messi ou qu'il atteindra bientôt son niveau. Il y a un troisième candidat au titre et il ne va pas se contenter de faire une brève apparition. Il est là pour durer.