Pour Carli Lloyd, la route qui mène aux sommets a été longue de semée d'embûches. Le 11 janvier 2016, l'Américaine est montée sur la scène du Palais des Congrès de Zurich pour recevoir le trophée de la Joueuse Mondiale de la FIFA, sept ans après avoir inscrit le but de la victoire en finale du Tournoi Olympique de Football Féminin à Pékin. Entretemps, elle s'est fendue d'un doublé victorieux en finale de Londres 2012 mais aussi et surtout d'un fabuleux triplé en finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™ face au Japon.

FIFA.com a rencontré la nouvelle capitaine des Stars and Stripes après son sacre mondial.

Carli, depuis le match contre le Japon, certains vous surnomment Captain America. Que vous inspire cette comparaison ?
À l'origine, ce surnom avait été attribué à notre capitaine, Christie Rampone. Je ne devais pas nécessairement porter le brassard pendant la Coupe du Monde, mais je me suis retrouvée en première ligne à plusieurs reprises car Abby Wambach et Christie n'étaient pas toujours sur le terrain. Quand elles étaient là, le brassard leur revenait de droit. Durant la finale, je me souviens très bien avoir passé le brassard à Abby. Lorsque Christie est entrée en jeu, Abby lui a transmis à son tour. Nous l'avons toutes porté à un moment ou à un autre. Aujourd'hui, j'ai été officiellement nommée capitaine des États-Unis avec Becky Sauerbrunn. Je n'aurais jamais cru que ça m'arriverait un jour. C'est un grand honneur. C'est aussi un défi que j'ai hâte de relever. Je trouve que Captain America, c'est un surnom sympa. J'espère être à la hauteur ! Pour le moment, je pense surtout à aider l'équipe, en essayant de servir d'exemple aux jeunes qui nous rejoignent.  

Vous avez remporté l'or olympique et la Coupe du Monde Féminine avec les États-Unis. Quel est votre prochain objectif ?
Le prochain rendez-vous aura lieu à Rio. Il faut que nous y soyons. Les qualifications s'annoncent difficiles. Nous ne sommes pas du genre à négliger cette étape. Nous avons prévu un long stage à Los Angeles pour nous préparer. Une fois notre billet en poche, nous espérons suivre le même chemin que celui qui nous avait menées à la victoire en Coupe du Monde. Nous avons déjà quelques belles affiches au programme, face à des adversaires de haut niveau. Maintenant, il faut se mettre au travail. Le temps passe vite.

Beaucoup s'attendent à voir les États-Unis remporter un troisième titre consécutif. Comment gérez-vous cette pression ?
La pression est toujours là. Elle ne nous a pas épargnées pendant la Coupe du Monde. Si nous nous qualifions pour Rio, elle sera certainement encore plus forte car aucune équipe n'a jamais réussi à remporter le Tournoi Olympique après avoir gagné la Coupe du Monde. C'est un beau défi. En tant que pays hôte, le Brésil a énormément investi dans le football féminin et dispute de nombreux matches. Les Brésiliennes passent beaucoup de temps ensemble. Elles seront certainement redoutables. De notre côté, nous savons que rien n'est jamais facile dans la vie.

Après vos exploits en 2008, 2012 et 2015, vous vous êtes fait une spécialité de marquer dans les grandes occasions. Comme l'expliquez-vous ?
Je crois qu'il y a un bouton en moi qui s'enclenche automatiquement dans les situations importantes. Quand on aborde le sixième ou le septième match d'un tournoi, les autres joueuses sont souvent fatiguées. Moi, je suis aussi fraîche qu'au premier jour. J'ai le sentiment de monter en régime à chaque sortie. C'est une question de préparation physique et mentale. Ça vient sans doute aussi de tous les obstacles que j'ai dû surmonter. En 2008, j'étais titulaire pour la première fois dans une grande compétition. En 2012, je m'étais retrouvée sur le banc et je ne savais pas si j'aurais l'occasion de faire mes preuves en finale. En 2015, j'ai connu des débuts difficiles et j'étais en manque de confiance. Qui sait à quoi Rio 2016 ressemblera ? Tout ce que je peux dire, c'est que ce sera sûrement une autre histoire. Il y aura sûrement d'autres difficultés, mais je sais que je ne baisserai jamais les bras, quoi qu'il arrive. Je veux aider mon équipe et plus nous gagnons, plus j'ai envie de gagner encore davantage. À Rio, nous viserons l'or olympique.

De grands joueurs ont porté le numéro 10. Ce maillot a-t-il une signification particulière à vos yeux ?
Plus jeune, je portais le numéro 10, que ce soit au lycée ou à l'université. Quand je suis arrivée en équipe nationale, il était attribué à Aly Wagner. J'ai dû attendre qu'elle prenne sa retraite internationale avant de le demander. Michelle Akers et Aly, deux joueuses incroyables, ont porté ce maillot. Je suis fière de leur succéder. Tout le monde considère le numéro 10 comme celui du meneur de jeu. Au bout du compte, ce n'est qu'un numéro, mais le 10 est mon numéro préféré.

Comment se passe votre collaboration avec Jill Ellis ?
Jill est géniale. Elle a réalisé un travail fantastique avec cette équipe. Elle a posé les bases, elle a réfléchi à ce qu'il fallait faire pour gagner, à la meilleure façon de réagir face à des changements nécessaires… Je crois qu'elle a déjà défini les grandes lignes pour 2016. Elle a intégré des jeunes, de nouveaux visages, et maintenant, elle fait tourner l'effectif. C'est une passionnée. Comme nous toutes, elle veut absolument se qualifier pour les Jeux Olympiques. Elle tient un rôle très important chez nous, en tant que meneuse et représentante de notre sport. Je suis fière de jouer pour elle.