Le football est un sport qui fait souvent la part belle à l’instinct. Le but de l’attaquant gallois Hal Robson-Kanu contre la Belgique, en quart de finale de l’UEFA EURO, en a été l’un des exemples les plus frappants de l’année 2016. Le score était de 1:1, à la 55ème minute, lorsque Robson-Kanu a réceptionné un centre d’Aaron Ramsey au point de penalty, dos face aux cages. Son contrôle du pied droit l’a d’abord éloigné du but, avant d’effectuer du gauche une feinte en passant le ballon derrière son pied d'appui, qui a à la fois éliminé Thomas Meunier, Marouane Fellaini et Jason Denayer.

L’espace ainsi libéré, il a ajusté Thibaut Courtois pour mettre le Pays de Galles sur la voie d’une qualification historique pour le dernier carré d’un tournoi international majeur. "J’étais dans la surface et j’essayais simplement de créer un peu d’espace pour pouvoir frapper", a-t-il confié après coup. "J’étais dos au but, ils pensaient que j’allais temporiser, mais j’ai pivoté à la Johann Cruyff avant d’envoyer le ballon dans les filets. Il fallait quelque chose comme cela pour venir à bout de cette équipe."

Ce geste d’instinct, débordant d’inspiration, lui a valu un véritable concert de louanges. Les téléspectateurs de la BBC l’ont désigné comme le plus beau but du tournoi. Un choix validé par les consultants de l’une des émissions phares de la chaîne britannique, "Match of the Day". Thierry Henry n’a, par exemple, pas hésité bien longtemps. "C’est simple selon moi : Robson-Kanu", a tranché l’ancien attaquant français. "Maîtrise, puissance, vision, sang-froid."

Les compliments d’Henry n’ont pas laissé indifférent un joueur qui évoluait dans les catégories jeunes d’Arsenal lorsque le canonnier était au sommet de sa gloire. Robson-Kanu n’a pas percé chez les Gunners. Il n’avait même pas de club en arrivant à l’EURO 2016, mais ses performances - et ce but spectaculaire en particulier - lui ont valu de nombreuses propositions. Il s’est finalement engagé avec une équipe de Premier League, West Bromwich Albion, où pas un jour, ou presque, ne passe sans qu’on ne lui rappelle son coup de génie dans le Stade Pierre Mauroy de Lille.

"J’ai grandi en essayant d’imiter les grands buts que j’avais pu voir à la télé, c’est donc un sentiment incroyable lorsque des parents ou des entraîneurs me disent que les enfants imitent le mien", savoure-t-il. "C’est incroyable d’avoir marqué un but comme celui-ci dans un tournoi aussi important."