La matinée du 17 août dernier en était une comme n'importe quelle autre… jusqu'à ce que sonne le téléphone portable de Deyna Castellanos.

"Je prenais le petit déjeuner avec le reste de l'équipe avant l'entraînement, en salle de physiothérapie. C'est là que j'ai reçu un tweet de FIFA.com m'annonçant ma nomination. Quand je l'ai lu, j'ai ressenti une telle émotion que j'ai hurlé de joie et j'ai commencé à courir dans tous les sens. Mes coéquipières me demandaient pourquoi je criais !"

À 18 ans, la Vénézuélienne venait de devenir la plus jeune dominée de l'histoire pour le prix The Best – Joueuse de la FIFA. Ensuite, elle a annoncé la nouvelle à son entraîneur des Florida State Seminoles, avant d'appeler chez elle. "Ma mère m'a dit qu'elle était la maman la plus fière du monde."

 

Une publication partagée par Deyna Castellanos (@deynacastellanos) le 17 août 2017 à 12:31 heure d'été du Pacifique

À partir de ce moment, un vent de folie s'est mis à souffler sur la jeune carrière de Deyna.

"La première semaine après ma nomination, quand les votes ont commencé, toutes mes coéquipières et le staff de l'équipe ont voté pour moi en me disant 'd'accord, on vote pour toi, mais on met Carli Lloyd en deuxième' car la majorité de mes coéquipières sont Américaines." Deyna ne peut s'empêcher d'éclater de rire.

"Chaque fois que je pensais que j'étais nominée aux côtés de joueuses comme Carli Lloyd, je ne pouvais m'empêcher de rire, mais un rire un peu nerveux, car je ne croyais pas que cela allait m'arriver aussi tôt. J'étais totalement hallucinée."

Pour comprendre, il faut revenir à l'année 2016, au cours de laquelle Deyna a éclaboussé de son talent la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA en Jordanie. FIFA.com lui avait demandé qui étaient ses favorites pour les The Best FIFA Football Awards™ :

Moins d'un an plus tard, l'attaquante vénézuélienne étonne de nouveau le monde… et se surprend elle-même. "Je n'avais encore jamais joué un Mondial U-20, ni une Coupe du Monde seniors, ni dans aucun championnat professionnel (ndr : les Seminoles évoluent dans le championnat universitaire des États-Unis), ni en Ligue des champions, rien de tout ça. Être parmi les 10 nominées était quelque chose d'incroyable. Pour moi, cela représentait une grande responsabilité car au-delà du rêve, le fait d'être en position de gagner ce prix m'a poussée à continuer à travailler et à fournir énormément d'efforts."

Le moins surpris dans l'affaire a peut-être été son "parrain" Juan Arango. Le meilleur joueur de l'histoire du Venezuela avait osé le pronostic quelques mois plus tôt. "Dans un avenir pas si lointain, elle sera la meilleure joueuse du monde, sans aucun doute. Pour moi, c'est la successeuse naturelle de Marta ou Carli Lloyd."

Qu'en pense Deyna ? "Marta a toujours été mon principal modèle et que l'on dise que je suis sa successeuse et que je peux faire la même chose qu'elle est vraiment génial. Juan était très heureux de ma nomination et comme il me dit toujours, "allez filleule, essayons d'aller encore plus haut".

Pour l'instant rien d'autre à faire que d'attendre le 22 septembre. C'est ce jour-là que Deyna saura si elle fait partie des trois finalistes du prix et si elle sera présente à la cérémonie du 23 octobre prochain à Londres. Elle espère que son téléphone sonnera une nouvelle fois avec une bonne nouvelle du fil, avouant au passage : "Si je me vois au gala ? Oui !! Peut-être pas cette fois-ci, mais dans quelques années", précise-t-elle avant de partir dans un grand éclat de rire.

Une carrière fulgurante :